Côte d'Ivoire

12 mars 2011 18:39; Act: 12.03.2011 22:15 Print

«Offensive» des forces pro-Gbagbo

Les forces soutenant Laurent Gbagbo se sont attaquées aux «terroristes» d'Abidjan, en Côte d'Ivoire.

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La violence a encore grimpé en Côte d'Ivoire. (Photo: Keystone)

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Les forces fidèles au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo poursuivaient samedi soir une offensive appuyée par des hélicoptères et blindés dans le quartier d'Abobo, fief de son rival Alassane Ouattara et nid d'insurgés en plein Abidjan. Alassane Ouattara poursuivait la tournée de ses alliés dans la région.

Le camp Ouattara a dénoncé des «tueries aveugles» de «civils innocents», qualifiant l'opération, la première d'envergure depuis le début de la crise post-électorale fin novembre, d'»offensive du désespoir» du pouvoir.

Deux jours après un sommet de l'Union africaine (UA) à Addis Abeba, le blocage politique né de la présidentielle du 28 novembre restait total. Si l'UA a reconnu comme président élu M. Ouattara, le camp Gbagbo a catégoriquement rejeté cette position.

Appel par Gbagbo

M. Gbagbo a appelé samedi soir dans un communiqué lu à la télévision «toute la population à rester calme».

L'offensive a été lancée samedi matin dans le quartier pro- Ouattara d'Abobo (nord d'Abidjan) où des insurgés ont pris ces dernières semaines le contrôle de larges zones.

A Abidjan, dans le quartier pro-Ouattara d'Abobo (nord) où des insurgés baptisés «commando invisible» ont pris ces dernières semaines le contrôle de larges zones, les Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales à M. Gbagbo ont lancé samedi «une grande offensive pour débarrasser Abobo des terroristes», selon une source à l'état-major. «Ça passe ou ça casse», a-t-elle indiqué à l'AFP.

Selon cette source, «deux hélicoptères Puma, des lance-roquettes RPG ainsi que des blindés» sont utilisés par les FDS.

Suggestion évoquée

Selon une source au QG de l'armée, quelques 600 militaires des FDS ont participé à l'assaut.

Quartier le plus peuplé d'Abidjan, ville dans la ville avec quelque 1,5 million d'habitants, Abobo est devenu l'épicentre de la crise, qui a fait près de 400 morts dans le pays selon l'ONU.

Aux environs de 12h00 (13h00 en Suisse), des tirs d'arme lourde, interrompus un moment vers 14h00, ont été entendus dans Abobo et depuis le nord du quartier voisin de Cocody, un des centres du pouvoir qui abrite notamment la résidence de M. Gbagbo, selon des habitants. Les combats se poursuivaient samedi soir en différents secteurs.

Le porte-parole du cabinet Gbagbo, Ahoua Don Mello, avait lui admis qu'Abobo, placé vendredi sous couvre-feu nocturne avec le quartier voisin d'Anyama, était «truffé de rebelles».

Membre de l'ONU blessé

Par ailleurs, un Ghanéen de la mission de l'ONU a été blessé samedi à Abidjan lors de l'attaque d'un véhicule civil de l'ONUCI, incendié à Cocody, a dit la force onusienne. Des témoins ont identifié les agresseurs comme des «jeunes patriotes» pro-Gbagbo.

Pendant ce temps, M. Ouattara enchaînait les rencontres avec ses alliés régionaux.

Lors d'un entretien vendredi soir à Abuja, il a remercié de son soutien le président nigérian Goodluck Jonathan, actuel président du Conseil de paix et de sécurité de l'UA ainsi que de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), une instance qui avait menacé fin décembre de recourir à la force pour déloger M. Gbagbo.

Discussion évoquée

Alassane Ouattara, dont c'est la première sortie officielle depuis le début de la crise, devait se rendre samedi au Burkina Faso puis au Sénégal et s'entretenir avec les présidents Blaise Compaoré et Abdoulaye Wade, selon sa délégation.

Il devait ensuite regagner Abidjan malgré l'interdiction de survol faite par le camp Gbagbo aux aéronefs de la mission onusienne ONUCI et de la force française Licorne, a jugé le secrétaire d'Etat nigérian aux Affaires étrangères, Salamatu Suleiman.

M. Ouattara «est totalement et entièrement libre de revenir à Abidjan», a assuré le porte-parole du gouvernement Gbagbo.

(ats/afp)