Procès de Mehdi Nemmouche

15 février 2019 12:56; Act: 15.02.2019 13:13 Print

«Pour nous, il a sali notre nom de famille»

La grand-mère du principal accusé de l'attentat du musée juif de Bruxelles a des mots très durs à l'encontre de Mehdi Nemmouche, n'hésitant pas à dire qu'elle le renie.

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La justice belge a rejeté mercredi le pourvoi en cassation formé par le Français Nacer Bendrer, condamné en mars au côté de Mehdi Nemmouche pour l'attentat du Musée juif à Bruxelles. (18 septembre 2019) Mehdi Nemmouche a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour la tuerie du Musée juif de Bruxelles, assortie d'«une mise à disposition» à la justice pour une durée de 15 ans. (Mardi 12 mars 2019) Lundi matin, la parole reviendra d'abord au parquet fédéral, qui rappellera que Mehdi Nemmouche et son co-accusé Nacer Bendrer encourent tous deux la prison à vie. (Lundi 11 mars 2019) Mehdi Nemmouche a été reconnu coupable du quadruple assassinat commis le 24 mai 2014 au musée juif de Bruxelles. L'homme a réaffirmé son innocence, assurant avoir été «piégé». (Jeudi 7 mars 2019) La défense du djihadiste français donne jeudi sa version des faits, qualifiée de «complotiste» par l'accusation. (28 février 2019) L'audience a été suspendue quelques heures ce lundi. Le temps que soit entendu par la police un juré ayant violé l'interdiction de communiquer avec des personnes extérieures. (18 février 2019) Les ex-otages qui accusent Mehdi Nemmouche d'avoir été leur geôlier se rendent à son procès à Bruxelles jeudi. (7 février 2019) L'accusation a pointé du doigt le comportement détaché et décontracté de Mehdi Nemmouche lors de son arrestation, six jours après la tuerie au Musée juif de Bruxelles en 2014. (Vendredi 1 février 2019) Mehdi Nemmouche a évoqué ce jeudi un «pseudo-attentat». (31 janvier 2019) Mehdi Nemmouche arrive ce jeudi 10 janvier 2019 à la cour d'assises de Bruxelles. «Nemmouche, Mehdi, 33 ans, sans profession»: le principal accusé, jugé avec un complice, a décliné son identité en se présentant dans le box en pull bleu marine lors de son procès à Bruxelles. (Lundi 7 janvier 2019) Mehdi Nemmouche s'est rendu à une audience préliminaire devant la cour d'assises de Bruxelles. (Jeudi 20 décembre 2018) Mehdi Nemmouche sera défendu à Bruxelles par l'avocat belge Sebastien Courtoy. (Jeudi 20 décembre 2018) Selon des médias belges, il portait sur son torse une caméra embarquée. (26 mai 2014) La police fédérale belge a publié des photos du tireur... (25 mai 2014) ... qui cache soigneusement son visage. (25 mai 2014) La police a diffusé une vidéo montrant le suspect. (25 mai 2014) Pour le moment, la police n'a aucun piste concernant le suspect. (24 mai 2014) La fusillade a fait quatre morts. (25 mai 2014) Police et experts scientifiques ont bouclé les rues proches du Musée Juif après la fusillade qui a fait quatre morts samedi après-midi à Bruxelles. (24 mai 2014) La fusillade a fait quatre morts. (25 mai 2014) Les témoignages de sympathies s'accumulent devant l'entrée du musée. (25 mai 2014) Les témoignages de sympathies s'accumulent devant l'entrée du musée. (25 mai 2014)

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«Il a sali notre nom de famille, je le renie»: la grand-mère de Mehdi Nemmouche a eu devant les enquêteurs des mots cinglants à l'égard de son petit-fils, accusé des quatre assassinats du musée juif de Bruxelles en 2014, selon des procès-verbaux lus vendredi au procès.

Cette septuagénaire d'origine algérienne, qui a en partie élevé l'accusé, était absente au procès, où elle aurait dû témoigner à la barre. Elle a produit un certificat médical la déclarant inapte pour ce déplacement.

Dès l'audience préliminaire du 20 décembre Mehdi Nemmouche s'était vivement opposé à sa venue. Ses avocats avaient demandé le respect de son «intimité», refusant «un procès de l'émotion».

En conséquence, la présidente de la cour d'assises a lu les procès-verbaux des deux auditions de Tassadit Reski en juin 2014 et en mars 2016, au cours de l'instruction. Lors du premier interrogatoire, peu après l'arrestation de Nemmouche le 30 mai 2014 à Marseille en possession des armes utilisées lors de la tuerie, la grand-mère assure qu'elle a «pleuré pour les victimes» en apprenant les faits.

«C'est un déshonneur, c'est une honte pour moi, je le renie», ajoute-t-elle à propos de son petit-fils.

Enfance difficile

A ce moment là, l'accusé dans le box baisse la tête. Les jurés écoutent attentivement la lecture.

Mme Reski, qui vit à Tourcoing (nord de la France), décrit aux enquêteurs l'enfance difficile de Mehdi, né sans père déclaré et placé à trois mois dans une famille d'accueil car sa mère s'est «complètement désintéressée» de lui.

A 16 ans il revient vivre chez sa grand-mère et les «bêtises» commencent à s'enchaîner.

La police débarque à la maison après son implication à 18 ans dans un «car-jacking». Son oncle maternel est excédé.

«Pour nous, il a sali notre nom de famille», poursuit la grand-mère devant les enquêteurs en 2016.

Le djihadiste, français est alors incarcéré à la prison de Bruges en Belgique et exprime le souhait de ne plus être visité par ses tantes et sa grand-mère, «soi-disant pour ne pas nous faire plus de mal».

Mais «j'ai toujours pitié de lui et je lui envoie de l'argent», fait valoir Mme Reski. Et d'ajouter: «Sa tête est polluée, je ne peux pardonner à ceux qui ont pollué la tête de Mehdi et je ne lui pardonne pas non plus ce qu'il a fait».

Mehdi Nemmouche, 33 ans, délinquant multirécidiviste radicalisé en prison et passé par la Syrie, est accusé d'avoir tué, le 24 mai 2014 au musée juif, un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site.

Il est jugé avec Nacer Bendrer, un délinquant marseillais accusé de lui avoir fourni les armes et qui encourt comme lui la réclusion à perpétuité.

(nxp/afp)