Colis piégé à Lyon

25 mai 2019 08:44; Act: 25.05.2019 12:47 Print

Collomb s'est rendu au chevet des victimes

Le maire de Lyon, arrivé d'un voyage à l'étranger, a fait part de sa profonde émotion au lendemain du colis piégé. Le suspect est toujours recherché.

Une faute?

Une vaste chasse à l'homme a été lancée samedi en France pour retrouver un homme soupçonné d'être l'auteur de l'attaque au colis piégé qui a fait 13 blessés légers vendredi à Lyon, troisième ville de France, les autorités se refusant encore à confirmer la piste terroriste.

Le maire de Lyon et ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, de retour samedi matin d'un voyage au Japon, a fait part à l'AFP de sa «profonde émotion» et de sa «surprise», au lendemain de l'attaque au colis piégé qui a fait 13 blessés légers.

«Nous avons un dispositif de vidéoprotection qui est assez étendu, donc on a vu la personne arriver et repartir sur son vélo, peut-être aurons-nous un certain nombre de témoins qui pourront faire avancer l'enquête», a ajouté le maire de Lyon et ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, joint au téléphone par l'AFP.

La ville de Lyon, avec son demi-million d'habitants, est une des plus peuplées de France derrière Paris et Marseille.

Chargée du dossier, la section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert «une enquête de flagrance des chefs de tentative d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et d'association de malfaiteurs terroriste criminelle». Toutefois la ministre de la Justice Nicole Belloubet a tenu à souligner vendredi soir qu'il était «trop tôt» pour évoquer «un acte terroriste».

«Au vu des résultats, on pourra effectivement qualifier cette enquête», a-t-elle précisé. Le procureur de Paris, Rémy Heitz, arrivé vendredi soir à Lyon, devait y tenir une conférence de presse à 12h.

L'individu recherché est suspecté d'avoir déposé un sac ou colis explosif contenant des vis, clous ou boulons devant une boulangerie d'une artère piétonne commerçante dans le coeur de Lyon.

D'après un dernier bilan, 13 personnes, dont une enfant de dix ans, ont été légèrement blessées, «atteintes aux membres inférieurs», a indiqué Gérard Collomb, précisant qu'une d'entre elles, «un peu plus grièvement blessée», devait être opérée samedi.

Le maire du 2e arrondissement Denis Broliquier a révélé dans la presse locale que «la charge était trop faible pour tuer». Une source administrative a confirmé à l'AFP que le colis contenait une «charge explosive relativement faible» et avait été «déclenché à distance».

Lyon choquée

Sur place samedi matin, le périmètre de sécurité était levé et quelques passants circulant librement se montraient intrigués par les nombreux journalistes postés devant la façade de la boulangerie ciblée par l'explosion.

La façade, dont le volet métallique demeurait fermé, et ses abords ne portaient aucun stigmate de l'explosion, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans une première réaction vendredi, Emmanuel Macron a évoqué «une attaque», mais dans un tweet envoyé dans la soirée le chef de l'Etat s'est montré plus prudent, déplorant simplement «la violence qui s'est abattue» sur les Lyonnais, avant d'adresser ses «pensées» aux blessés.

Les faits se sont produits au moment où la France élit dimanche ses députés au Parlement européen. Le pays a connu une vague d'attentats djihadistes sans précédent depuis 2015 qui a fait au total 251 morts.

Le dernier attentat djihadiste enregistré dans le pays a eu lieu le 11 décembre 2018 à Strasbourg (nord-est), faisant cinq morts et dix blessés.

Chérif Chekatt, 29 ans, avait alors fait irruption arme en main dans le centre historique de la capitale alsacienne, à la frontière allemande, connue pour son marché de Noël. Il avait finalement été abattu par une patrouille de police après deux jours de traque.

Quant aux attaques au colis piégé, la dernière avait eu lieu en décembre 2007, lorsqu'une explosion dans un cabinet d'avocats - dont les raisons sont à ce jour restées inexpliquées - avait fait un mort et un blessé.

Depuis la fusillade de Strasbourg, le plan Vigipirate est resté au niveau «Sécurité renforcée - Risque attentat» sur tout le territoire, signe d'une menace terroriste persistante aux yeux des autorités.

(nxp/afp)