États-Unis - Chine

22 novembre 2019 15:37; Act: 22.11.2019 16:41 Print

«Sans moi, Hong Kong aurait péri en 14 minutes»

En pleine guerre commerciale entre Pékin et Washington, Donald Trump s'est posé comme le sauveur des manifestants hongkongais.

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Trump a aussi estimé que les États-Unis et la Chine étaient proches d'un accord commercial, malgré les menaces de Pékin. (Photo: Keystone/Photo d'archive)

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Donald Trump a assuré vendredi que l'armée chinoise n'était pas intervenue pour réprimer les manifestations prodémocratie dans le territoire semi-autonome de Hong Kong uniquement parce qu'il l'avait demandé à son homologue chinois.

«Sans moi, Hong Kong aurait été anéanti en 14 minutes. Il [Xi Jinping] a un million de soldats en position à l'extérieur de Hong Kong, ils n'y vont pas uniquement parce que je le lui ai demandé», a déclaré le président américain sur la chaîne Fox News.

Le locataire de la Maison-Blanche a assuré avoir mis dans la balance l'accord entre Pékin et Washington, toujours en négociation pour mettre fin à la guerre commerciale enclenchée par M. Trump. «Vous feriez une grave erreur. Cela aura un effet terriblement négatif sur l'accord commercial», a poursuivi le dirigeant républicain, citant une conversation qu'il dit avoir eue avec le président chinois.

Accord commercial en vue?

Trump a en outre estimé vendredi que les États-Unis et la Chine étaient en mesure de conclure un accord commercial prochainement malgré des signaux contraires ces dernières semaines et des déclarations menaçantes de son homologue chinois, Xi Jinping.

«Nous avons potentiellement un accord [dans un avenir] très proche», a déclaré le président américain lors d'un entretien avec les journalistes de l'émission matinale Fox & Friends. Le dirigeant chinois «veut le faire [signer un accord] bien plus que je ne le souhaite. Je ne suis pas anxieux à ce sujet», a-t-il affirmé. «Nous avons une très bonne chance de nouer un accord», a-t-il insisté alors que les deux parties peinent à finaliser un accord préliminaire annoncé en octobre.

Pékin menace

«Nous ne voulons pas déclencher une guerre commerciale mais nous n'en avons pas peur», a prévenu plus tôt depuis Pékin le président chinois. «Nous répliquerons si nécessaire», a-t-il mis en garde alors que les États-Unis menacent d'imposer de nouvelles sanctions commerciales aux produits chinois le 15 décembre si un accord préliminaire n'est pas trouvé d'ici là.

Donald Trump a déroulé son argumentaire habituel, soulignant que les États-Unis récupéraient «des centaines de milliards de dollars» par le biais des droits de douane supplémentaires imposés à une myriade de produits chinois importés. Il a en outre martelé: «Nous devons obtenir un bien meilleur accord.»

Chinois et Américains ont convenu le mois dernier d'aboutir à un accord préliminaire aux termes duquel Washington renoncerait à de nouvelles sanctions tandis que Pékin achèterait massivement des produits agricoles à l'oncle Sam.

Au-delà d'un éventuel accord, Washington exige de la Chine des réformes structurelles: que Pékin s'engage à ne plus subventionner ses entreprises publiques, ouvre ses marchés publics aux entreprises étrangères et cesse d'obliger ces dernières à accorder des transferts de technologies.

Fini les «humiliations»

Sans évoquer directement ces exigences, Xi Jinping a laissé entendre que son régime ne se laisserait rien imposer. Il a promis que le pays poursuivrait sa politique de «réforme et d'ouverture», mais qu'il le ferait avec prudence.

La Chine «est un grand pays, elle est comme un paquebot», a-t-il observé. «Si un paquebot comme la Chine chavire, on ne pourra pas le remettre à flot.»

Dans le processus d'ouverture économique de la Chine, «la condition préalable est que la souveraineté financière de notre pays soit garantie», a-t-il lancé, avant de mettre en garde contre un retour aux «humiliations» de l'époque des concessions étrangères. «Ce que nous voulons, c'est rétablir notre rôle et notre place dans le monde et ne pas revivre l'humiliation de l'ère semi-coloniale», a-t-il martelé. «Cette époque ne reviendra pas.»

Risque de guerre

Outre la guerre commerciale, les deux pays sont aux prises avec une guerre technologique, Washington ayant placé sur liste noire le géant chinois des télécoms, Huawei, soupçonné d'espionnage potentiel. «Un rideau de fer technologique» risque «d'affecter l'avenir de l'humanité», a estimé Xi Jinping.

Artisan du rapprochement de son pays avec la Chine dans les années 1970, Henry Kissinger a dit jeudi redouter que la guerre commerciale puisse déboucher sur une guerre tout court. «La Première guerre mondiale a éclaté à la suite d'une crise relativement mineure», a-t-il rappelé.

(nxp/afp)