«Le grand successeur»

19 décembre 2011 06:25; Act: 19.12.2011 11:39 Print

«Suivez fidèlement Kim Jong-un»

Kim Jong-un, le fils du dirigeant nord-coréen, a été désigné pour prendre sa succession. Il a été formé dans des institutions suisses.

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La Corée du Nord a très officiellement décrit Kim Jong-un, plus jeune fils du dirigeant Kim Jong-il, comme le «grand successeur» de son père après sa mort survenue samedi et annoncée lundi par les médias d'Etat du régime stalinien.

«A l'avant-garde de la révolution coréenne se trouve à présent Kim Jong-un, grand successeur de la cause révolutionnaire du Juché et chef remarquable de notre parti, de notre armée et de notre peuple», a rapporté l'agence officielle nord-coréenne.

Le Juché désigne l'idéologie développée par le fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-sung, père de Kim Jong-il et grand-père de Kim Jong-un, mélange de communisme et d'autosuffisance.

Enigmatique numéro

A moins de 30 ans, l'énigmatique Kim Jong-un, plus jeune fils de Kim Jong-il, accède à la tête de l'unique dynastie communiste du monde, dotée de l'arme nucléaire. Il n'a rien laissé transparaître de sa personnalité, ni de ses intentions.

Lundi, celui dont nul ne connaissait le visage d'adulte il y a un peu plus d'un an a été désigné pour prendre la succession de son père, quelques minutes après l'annonce du décès de ce dernier.

«Tous les membres du Parti (des travailleurs), les militaires et le public devraient suivre fidèlement l'autorité du camarade Kim Jong-un et protéger et renforcer le front uni du parti, de l'armée et du public», a exhorté l'agence officielle de Corée du Nord.

Mais le reste du monde ne sait que peu de chose du benjamin des fils Kim. Ce n'est qu'en septembre 2010 que, pour la première fois, Pyongyang avait publié des clichés récents du jeune homme, pris aux côtés de son père en compagnie d'autres dignitaires.

Formé en Suisse

La seule photo connue auparavant datait de plus de dix ans. Et celle-ci annonçait, selon les analystes, l'accélération du processus de succession dynastique, quelques jours après que Kim Jong-un eut accédé à de hautes fonctions au sein du Parti des travailleurs de Corée. Un peu plus tôt, malgré son très jeune âge, il avait été nommé général quatre étoiles.

Selon les services de renseignement sud-coréens, le jeune homme, qui serait né de la troisième épouse de Kim Jong-il, une danseuse d'origine japonaise décédée d'un cancer, a été formé dans des institutions suisses. Il y est devenu un grand amateur de basketball.

Dans un régime où le culte de la personnalité a été porté à son paroxysme, l'appareil de propagande avait déjà préparé son avènement et il était désigné dès l'an passé sous le titre de «jeune capitaine» ou «jeune général».

Portrait craché du père

Kenji Fujimoto, chef cuisinier japonais longtemps au service de Kim Jong-il à Pyongyang, l'a décrit comme «fait du même bois que son père, son portrait craché, en ce qui concerne le visage, la corpulence et la personnalité». Autant d'éléments qui lui auraient valu la préférence de son père, aux dépens de ses deux autres frères, l'aîné Kim Jong-nam et le deuxième fils Kim Jong-chul.

Kim Jong-un n'était pas cité initialement par les analystes comme le mieux placé dans l'ordre de succession, son frère aîné faisant longtemps figure de favori.

Mais celui-ci aurait perdu les faveurs paternelles depuis son expulsion du Japon où il avait tenté de pénétrer, muni d'un faux passeport, en 2001. Même s'il a ensuite été nommé à un poste clé au sein du Parti des travailleurs, la formation unique qui préside d'une main de fer aux destinées du pays.

«Jong-un est connu comme ayant le potentiel pour devenir un leader fort, intransigeant. Il a la personnalité pour assumer des responsabilités», avait estimé l'an passé Cheong Seong-chang, spécialiste de la Corée du Nord au centre de réflexion Sejong de Séoul.

Rare apparition

Selon certaines sources, Kim Jong-il avait obtenu le soutien de Pékin sur la désignation de son fils, ainsi que des garanties sur la survie du régime pendant une éventuelle phase de succession. Depuis l'été 2009, les rapports officiels étaient transmis de père en fils.

«Résultat, depuis l'été 2010, Kim Jong-un a une influence sur les affaires d'Etat comparable à celle de son père, à l'exception de la politique étrangère», avait relevé Cheong Seong-chang. En septembre dernier, il avait fait une apparition publique aux côtés de son père à l'occasion d'un défilé militaire marquant le 63e anniversaire du régime communiste, selon les médias officiels.

La télévision nord-coréenne avait montré les deux hommes en train d’applaudir depuis la tribune d'honneur au passage des unités motorisées, sur la vaste place qui porte le nom du fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-sung, défunt père de Kim Jong-il et grand-père du nouveau leader.

(ats)