France

06 décembre 2018 16:26; Act: 06.12.2018 16:26 Print

«Toi t'inquiète, tu vas voir ce que je vais te faire»

En sortant du tribunal mercredi, Jawad Bendaoud a menacé une victime du 13-Novembre qui venait de témoigner. La jeune femme a porté plainte.

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Une jeune femme victime d'une explosion survenue au Stade de France le 13 novembre 2015 a eu une altercation avec Jawad Bendaoud, mercredi en marge de son procès, rapporte le Huffington Post. Sarah, qui témoignait à la barre ce jour-là, est sortie quelques minutes avant la fin de l'audience. Elle prenait l'air avec son avocate lorsque, selon ses dires, elle s'est retrouvée confrontée au «logeur des terroristes». Agressif, Bendaoud la montre du doigt et lui lance: «Toi t'inquiète, je vais te retrouver, si je suis condamné tu vas voir ce que je vais te faire. Tu habites à Saint-Denis, passe rue du Corbillon (ndlr: l'adresse de Bendaoud), tu vas voir ce que je vais te faire.»

Sarah ne s'est pas laissé démonter et a rétorqué à l'homme de 32 ans: «Tu ne me fais pas peur, je n'ai rien à perdre, ce que j'ai vécu il y a trois ans c'était bien pire que ça. Tu veux que je te montre les traces sur mon corps?» Des policiers sont intervenus pour mettre un terme à cet échange tendu, mais le mal était fait: Sarah a eu très peur. «S'il avait eu une arme, il n'aurait pas hésité», affirme-t-elle. Choquée, la jeune femme a pu discuter quelques instants avec une psychologue mandatée pendant le procès par les associations de victimes.

«J'ai pensé que les jihadistes venaient me chercher»

Selon son avocate, le témoignage que Sarah a livré mercredi lors du procès en appel est capital, car «il fait le lien entre les victimes des attentats et celles de l'assaut de Saint-Denis». Le vendredi 13 novembre 2015, la Française terminait son service à la brasserie située en face du stade de France quand l'explosion d'un kamikaze l'a «projetée». La jeune femme, qui en garde une longue cicatrice sur le front, a vécu un deuxième traumatisme cinq jours plus tard. Le 18 novembre, elle a été réveillée en pleine nuit par l'assaut lancé sur l'appartement de Bendaoud, que squattaient les terroristes. Sarah n'oubliera jamais la peur ressentie à ce moment-là: «J'ai pensé que les jihadistes venaient me chercher», a-t-elle témoigné.

Aujourd'hui, la victime ne comprend pas que Bendaoud soit autorisé à sortir seul du tribunal. «Le minimum serait de le faire raccompagner par des policiers», s'indigne-t-elle. La jeune femme a porté plainte contre le «logeur des terroristes» pour menaces et «attend de voir ce que va décider la justice». Après sa relaxe en première instance en février, Bendaoud est rejugé pour avoir logé deux jihadistes du 13-Novembre, dont l'un des cerveaux présumés des attaques. L'audience reprendra vendredi après-midi avec les questions de l'avocate générale.

(joc)