Affaire Benalla

24 juillet 2018 15:59; Act: 24.07.2018 21:58 Print

«Une dérive individuelle, pas une affaire d'État»

L'affaire Benalla est «une dérive individuelle» et non «une affaire d'État», a affirmé mardi à l'Assemblée nationale le Premier ministre Édouard Philippe.

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L'ancien chargé de mission de l'Élysée, Alexandre Benalla, a obtenu un passeport de service qu'il avait sollicité par «une note dactylographiée à en-tête du chef de cabinet» de l'Elysée non signée, a affirmé devant le Sénat le directeur de cabinet de la présidence de la République, Patrick Strzoda (photo). 16 janvier 2019 Alexandre Benalla a rendu ses passeports diplomatiques ce mercredi 9 janvier 2019. L'Elysée a sommé Alexandre Benalla de s'expliquer sur «d'éventuelles missions personnelles et privées» qu'il aurait menées pendant ses fonctions à l'Elysée. (27 décembre 2018) Le président français, Emmanuel Macron, voit se profiler un sujet embarrassant avec le voyage au Tchad d'un de ses anciens collaborateurs: Alexandre Benalla. L'homme refait parler de lui après avoir été à l'origine d'une retentissante affaire au début de l'été. (Mercredi 26 décembre 2018) C'est cette fois pour des violences commises en marge du défilé du 1er mai à Paris, au Jardin des Plantes, quelques heures avant l'épisode de la Contrescarpe, que l'ancien collaborateur de l'Elysée est mis en examen depuis le 29 novembre, a appris dimanche l'AFP de source proche du dossier. (Dimanche 16 décembre 2018) Le couple molesté par Benalla sera jugé pour violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique. (Mardi 2 octobre 2018) Alexandre Benalla a déclaré à la commission des lois du Sénat avoir «l'impression» d'être «instrumentalisé à des fins politiques». (Mercredi 19 septembre 2018) Alexandre Benalla jure de dire «toute la vérité et rien que la vérité». Avec plusieurs minutes de retard, Alexandre Benalla arrive à la salle Clémenceau, où les sénateurs l'attendent pour l'auditionner. La presse aussi. (Mercredi 19 septembre 2018) Alexandre Benalla est auditionné au Sénat. Ses fonctions à l'Elysée sont au coeur des auditions de la commission d'enquête sénatoriale qui tente de comprendre son rôle dans la sécurité d'Emmanuel Macron. (Mercredi 19 septembre 2018) Menacé de sanctions, l'ex-chargé de mission de l'Elysée va finalement répondre aux questions des sénateurs français. (Mardi 11 septembre 2018) A gauche, une vidéo qui montre Alexandre Benalla en pleine action contre un manifestant et à droite l'ex-collaborateur s'expliquait sur le plateau de TF1. L'ancien collaborateur de Macron souhaite être entendu par le Sénat. (30 juillet 2018) Perquisition du bureau de Benalla à l'Elysée. Ici on peut observer sur la photo Emmanuel Macron avec son ex-collaborateur. (25 juillet 2018) «Ça n'est pas la République des fusibles, la République de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps. S'ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu'ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français», a déclaré le chef de l'Etat français devant les députés de la majorité, ce 24 juillet 2018. Edouard Philippe à l'Assemblée nationale: «Une dérive individuelle de la part de ce chargé de mission ne fait pas une affaire d'Etat.» (Mardi 23 juillet 2018) Le patron des députés Les Républicains Christian Jacob a annoncé mardi que son groupe allait déposer une motion de censure. (Mardi 24 juillet 2018) Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a estimé que c'était aux services d'Emmanuel Macron, et non à lui, de tirer les conséquences de la vidéo polémique. (23 juillet 2018) Audrey Gadot, l'avocate d'Alexandre Benalla, arrive au Palais de Justice. (22 juillet 2018) Alexandre Benalla, habillé en policier, frappe un manifestant durant les manifestations du 1er mai à Paris. (1er mai 2018) Alexandre Benalla (à droite) moleste une femme en marge des manifestations du 1er mai. (1er mai 2018) Alexandre Benalla au milieu de manifestants. (1er mai 2018) Alexandre Benalla (à droite) frappe un manifestant lors des manifestations du 1er Mai. (1er mai 2018) Alexandre Benalla et Emmanuel Macron arrivent à l'école de primaire de Berd'huis, où le président est attendu pour une interview télévisée. (12 avril 2018) Alexandre Benalla et Emmanuel Macron devant l'usine Whirlpool, avant l'élection présidentielle. (26 avril 2017) Alexandre Benalla assure la sécurité du candidat d'En Marche! lors de la campagne présidentielle. (13 décembre 2016) Alexandre Benalla et Emmanuel Macron se baladent à vélo lors des vacances présidentielles. (17 juin 2017)

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Une faute?

A l'occasion de questions au gouvernement largement centrées sur l'ancien collaborateur du chef de l'Etat filmé en train de malmener deux personnes en marge des violentes manifestations du 1er Mai, le Premier ministre a multiplié les interventions pour faire descendre la pression qui s'était accumulée sur l'Elysée au fil des auditions parlementaires de la veille.

«Une dérive individuelle de la part de ce chargé de mission ne fait pas une affaire d'Etat. Les copinages malsains évoquées hier par le préfet de police ne font pas une affaire d'Etat», a-t-il déclaré en écho aux propos du préfet de police de Paris Michel Delpuech.

«Je conçois que l'on puisse poser des questions sur l'éventuelle proportionnalité de la décision prise, mais la célérité de la décision n'est pas contestable», a-t-il dit en référence à la suspension de deux semaines prononcée par l'Elysée du 4 au 19 mai à l'encontre d'Alexandre Benalla, sanction qu'il a jugée «proportionnée».

«Rien n'a été masqué, rien n'a été omis», a-t-il ajouté au fil de réponses destinées à enrayer les critiques de l'opposition et enterrer l'idée d'un dysfonctionnement structurel engageant la légitimité de l'Etat.

Confiance envers les procédures

Le Premier ministre a dit devant les députés sa confiance envers les procédures engagées, et notamment envers les commissions des lois de l'Assemblée et du Sénat qui se sont saisies du dossier. En écho aux propos du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, qui a estimé lundi que l'Assemblée tournait au «tribunal politique», Edouard Philippe a cependant évoqué une «confusion».

«L'Assemblée nationale n'est pas un tribunal, les députés ne sont ni procureurs ni juges, et lorsque, rarement mais parfois, je les entends vociférer, je me dis qu'il est bon pour la justice que cette confusion ne s'installe pas», a-t-il dit.

Il a démenti en outre que le report à la rentrée de l'examen de la révision constitutionnelle soit un renoncement et assuré que les engagements d'Emmanuel Macron seraient tenus.

«Les mesures qui s'imposent pour éviter que de tels dysfonctionnements puissent se reproduire» seront prises dès la publication des conclusions de la police des polices, l'IGPN, attendues d'ici la fin de semaine selon le président de l'Assemblée nationale François de Rugy, a annoncé Edouard Philippe, précisant qu'il en rendrait compte aux députés.

En réponse au premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, il a dressé un parallèle avec l'affaire Cahuzac, dans laquelle l'ancien ministre du Budget de François Hollande a été mis en examen pour fraude fiscale et estimé que les délais de sanction avaient été bien plus courts pour Alexandre Benalla.

«Sang-froid et solidarité»

Le Premier ministre avait appelé dans la matinée les députés de La République en marche au sang-froid et à la solidarité face à une opposition qui souhaiterait avec cette affaire nuire à Emmanuel Macron, au gouvernement et à la majorité.

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a de nouveau réclamé mardi l'audition d'Emmanuel Macron par la commission des Lois, une éventualité rejetée comme n'ayant «aucun sens» dans la matinée sur France 2 par François de Rugy.

Le chef de groupe des Républicains (LR) à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, a annoncé le dépôt prochain d'une motion de censure contre le gouvernement, motion symbolique puisqu'elle n'a aucune chance d'être adoptée par la chambre, où le parti présidentiel est majoritaire.

80% des Français heurtés

Huit Français sur dix se déclarent heurtés par les révélations sur Alexandre Benalla, selon un sondage Elabe pour BFM TV publié mardi. Près d'une personne interrogée sur deux (49%) se dit «tout à fait» choquée et 31% se disent «plutôt» choquées. A 75%, les sondés estiment par ailleurs qu'Emmanuel Macron, silencieux depuis le début de l'affaire, devrait s'exprimer sur le sujet et ne plus s'en tenir à des commentaires en petit comité.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Lolo le 24.07.2018 17:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Oui mais

    Oui cest une dérive individuelle mais qui relève du pénal et qui a été couverte par le cabinet du Président qui était clairement au courant vu quil a magouillé une pseudo sanction

  • MarianneQuiPleure le 24.07.2018 17:10 Report dénoncer ce commentaire

    louche louche

    Le parlement français doit prendre les devants et censurer leur président si la loi leur permet. Il faudra aussi expliquer pourquoi ce modeste collaborateur a bénéficié de telles largesses, de tels avantages en logement, véhicule, salaire etc. alors qu'il n'est pas si important que ça ?

  • Patrick Albert le 24.07.2018 17:58 Report dénoncer ce commentaire

    C'est triste pour la France

    Il s'agit d'une dérive individuelle de Macron.

Les derniers commentaires

  • freeze le 25.07.2018 11:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    honte

    belle brochette de bras cassés dans ce gouvernement !!!

  • Jean L le 24.07.2018 22:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la minorité qui miaule

    A quand la parole à la majorité .... rien de nouveau de la part de l opposition que de faire feu sans même attendre les conclusions des enquêtes ?

  • Bernadette le 24.07.2018 22:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    tous rancunièrs

    très interpellant de constater que ceux qui brandissent la morale ne respectent pas la séparation des pouvoirs : les Députés déboutés aux dernières élections prennent leur revanche .....sans même respecter l en quête de la Justice.

  • Lucie le 24.07.2018 22:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ça cache quoi cette agitation

    tant de cris et pendant ce temps on nous cache quoi ? car faut pas exagérer il y a bien pire violence en France et personne ne bouge .....

  • marti le 24.07.2018 22:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    tous les jaloux sont unis

    allez on vire Macron et après c est qui à la Présidence ? un de ceux qui hurle à la haine ? qui se substitue à la Justice ? qui donne des leçons ?