France

04 juillet 2018 13:59; Act: 04.07.2018 13:59 Print

Évasion de Redoine Faïd: le pilote d'hélicoptère témoigne

par L.S. - Pris en otage par le commando qui a fait évader Redoine Faïd, dimanche dernier, Stéphane Buy a vécu un vrai cauchemar qu'il a raconté pour la première fois ce matin sur RTL.

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Le pilote d'hélicoptère Stéphane Buy a été pris en otage dimanche dernier par le commando chargé de faire évader Redoine Faïd. (Photo: Capture écran RTL)

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C'est dimanche matin dernier, à 9 h 30, que le destin de Stéphane Buy a basculé, en quelques instants. Ce pilote chevronné d'hélicoptère - qui a témoigné pour la première fois sur RTL - venait d'accueillir deux hommes pour un baptême, quand ces derniers se sont soudainement montrés violents et menaçants, exigeant du pilote qu'il utilise une Alouette II (un appareil de collection de surcroît) afin de les véhiculer.

Agés d'environ 20 ans et 50 ans, les agresseurs expliquent à Stéphane Buy que, s'il ne collabore pas, sa famille «sera en danger». Le pilote s'exécute et tout ce petit monde décolle en direction du sud-est.

Menacé avec un revolver sur chaque tempe, frappé à coups de crosse, Stéphane Buy suit les ordres des bandits qui lui expliquent «aller chercher un ami à la prison de Réau». Quelques kilomètres plus loin, il pose sa machine dans un terrain vague où un nouveau commando prend place à bord. Le pilote est contraint de laisser sa tête baissée, sur le manche de contrôle de l'hélicoptère: «J'entends d'autres individus entrer dans la machine et charger des sacs, mais je ne sais pas car je ne vois pas. Je devine au bruit de ce qui se passe à l'arrière.»

C'est alors que le malheureux voit son appareil avoir un ennui technique: la turbine ne se met pas en route, mettant les malfrats cagoulés en colère. Ils croient que le pilote simule une panne! Frappé, Stéphane Buy répare l'hélicoptère puis prend la route de la prison, toujours menacé par des armes à feu.

Après avoir volé à basse altitude, le malheureux est contraint de poser son engin dans la cour d'honneur - la seule non protégée - de la prison de Réau. Après dix minutes interminables, le commando revient avec Redouane Faïd qui s'installe, silencieux, à bord de l'hélicoptère. «Je ne savais pas à qui j'avais affaire», explique Stéphane Buy qui redécolle rapidement.

Son Alouette II sera finalement abandonnée et incendiée par les criminels, non loin du Bourget. «Ils m'ont indiqué une allée près d'une station essence...» Libéré, Stéphane Buy avoue être toujours sous le choc.

(nxp)