Malaisie

03 avril 2019 11:21; Act: 04.04.2019 07:00 Print

1MDB: l'ex-1er ministre plaide non coupable

Najib Razak, ancien premier ministre malaisien, rejette toute responsabilité dans l'affaire du détournement du fonds d'investissement 1MDB.

storybild

L'arrivée de l'ex-dirigeant au tribunal. (Photo: AFP)

Une faute?

L'ex-premier ministre malaisien Najib Razak a plaidé non coupable de toutes les accusations contre lui à l'ouverture de son procès mercredi dans l'affaire du pillage du fonds d'investissement 1MDB. Plusieurs pays enquêtent sur cette affaire, dont la Suisse.

Najib Razak et des complices sont accusés d'avoir utilisé pour des achats fastueux, allant de l'immobilier à des oeuvres d'art en passant par un yacht, l'argent qu'on leur reproche d'avoir détourné du fonds 1MDB, initialement créé pour permettre le développement de l'économie malaisienne.

Ce vaste scandale a largement contribué à la défaite électorale de la coalition emmenée par cet homme politique en mai 2018. Cette dernière, qui dirigeait la Malaisie depuis six décennies, a perdu le pouvoir au profit de Mahathir Mohamad, l'ancien protecteur de Najib Razak, qui a profité de la colère des électeurs face à cette affaire.

Enquêtes relancées

Dans les mois qui ont suivi, les enquêtes classées sans suite contre Najib Razak ont été relancées et les accusations de corruption ont commencé à pleuvoir sur l'ex-dirigeant et ses alliés.

A son arrivée au tribunal mercredi, celui qui a été Premier ministre de Malaisie pendant près d'une décennie paraissait calme. Il a plaidé non coupable des sept chefs d'accusation à son encontre liés à la corruption et au blanchiment d'argent.

Ce premier procès se penche sur le détournement présumé de 42 millions de ringgits (10,3 millions de dollars) de SRC International, une entité du fonds 1MDB.

Il s'agit d'une petite fraction seulement des grosses sommes qui ont disparu du fonds 1MDB. Selon les éléments de plusieurs enquêtes, des centaines de millions de dollars ont atterri sur les comptes de Najib Razak. Mais il a constamment nié toute malversation.

Cerveau toujours en fuite

Alors que plusieurs personnalités impliquées dans cette affaire ont été appréhendées et mises en examen par la justice malaisienne, le cerveau présumé du «pillage» du fonds 1MDB, Jho Low, un financier à l'image de playboy, est toujours en fuite.

L'actuel Premier ministre, qui a fait son retour en politique à 93 ans, s'est engagé à amener devant la justice Najib Razak, dont il a jadis été le mentor, pour rendre à la Malaisie les fonds volés à 1MDB.

Goldman Sachs

Le procès de Najib Razak ne devrait être que le premier d'une longue série de procédures judiciaires, alors que la justice enquête sur le «pillage» du fonds souverain malaisien dans plusieurs autres pays, aux Etats-Unis, en Suisse ou en France.

Le département américain de la Justice estime que 4,5 milliards de dollars au total ont été détournés du fonds. La Malaisie poursuit aussi la Goldman Sachs dans cette affaire, estimant que cette banque américaine et certains de ses anciens employés ont participé au détournement de fonds de 1MDB, notamment en organisant une émission obligataire douteuse.

Enquête en Suisse

En Suisse, les investigations concernent quelque 10 millions de dollars, a rappelé mercredi le Ministère public de la Confédération (MPC). Sur cette somme, 6 apparaissent avoir été utilisés en violation de la loi pénale helvétique.

Six personnes sont sous enquête et deux banques sont suspectées d'être mêlées à l'affaire. Quatre cent millions de francs ont en outre été gelés dans le cadre de la procédure.

Les autorités malaisiennes ont parallèlement annoncé mercredi qu'elles allaient vendre pour 126 millions de dollars à une société locale un yacht acquis pour 250 millions avec des fonds issus de 1MDB et devenu le symbole des dépenses sans limites révélées par le scandale.

(nxp/ats)