Russie

05 février 2019 23:45; Act: 05.02.2019 23:47 Print

2 ans pour développer de nouveaux missiles

Après la suspension du traité INF, la Russie se donne deux ans pour développer de nouveaux missiles terrestres.

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Image d'archive de Vladimir Poutine. (Photo: AFP)

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La Russie s'est donné mardi deux ans pour développer de nouveaux missiles terrestres à la suite de la suspension par Washington et Moscou du traité de désarmement nucléaire INF. Les deux pays ont désormais les mains libres pour développer des missiles terrestres d'une portée de 500 à 5500 km.

La signature de ce traité à la fin de la guerre froide, en 1987, avait mis un terme à la crise des euromissiles déclenchée par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

Plus récemment, le président russe Vladimir Poutine avait menacé, si les Américains se retiraient, d'adapter des engins de portée intermédiaire jusqu'alors déployés en mer ou dans les airs, comme le permet le traité INF, pour qu'ils puissent être tirés à partir du sol.

Sans tarder, le ministre russe de la défense, Sergueï Choïgou, a détaillé mardi ses intentions: ce sera le système Kalibr, utilisé pour la première fois en opération par la Russie à l'automne 2015, qui sera ainsi adapté en variante terrestre avec pour horizon 2019-2020.

«Fait ses preuves en Syrie»

«Au cours de la même période, nous devrons créer un système de missiles terrestre de longue portée», a ajouté M. Choïgou, se félicitant que le Kalibr ait «fait ses preuves en Syrie».

Moscou avait pour la première fois lancé le 7 octobre 2015 une salve de 26 de ces missiles d'un croiseur situé en mer Caspienne pour frapper des positions des rebelles syriens situées à 1500 de kilomètres de là. Jusqu'alors connu au seul stade de prototype, cet équivalent des Tomahawk américains dispose ainsi d'un rayon d'action susceptible de couvrir toute l'Europe.

«Nous sommes à deux doigts d'une nouvelle course aux armements», a estimé Konstantin Makienko, expert au centre d'analyses pour les stratégies et les technologies à Moscou, soulignant que la conversion des Kalibr en missiles terrestres serait rapide.

Selon M. Choïgou, les Etats-Unis travaillent eux-mêmes «activement à la création d'un missile terrestre d'une portée supérieure à 500 km», raison pour laquelle «le président russe a donné l'ordre de prendre des mesures réciproques».

(nxp/ats)