Syrie

14 mai 2012 14:06; Act: 14.05.2012 14:22 Print

23 soldats tués et nouvelles sanctions de l'UE

Des militaires syriens ont péri lundi dans des combats avec des rebelles hostiles au régime du président Bachar al-Assad contre lequel les Européens ont pris un nouveau train de sanctions.

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Les affrontements ont éclaté à Rastane, dans la province de Homs (centre), ville qui échappe au contrôle du régime depuis des mois et où sont retranchés de nombreux insurgés. Un déserteur a également été tué.

Des dizaines de militaires ont été blessés et trois blindés détruits dans ces échanges de tirs, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dimanche soir, l'armée a lancé un assaut contre Rastane à coup de bombardements intensifs, avec «jusqu'à quatre tirs de roquette par minute». Un enfant y a été tué par une roquette et des dizaines de civils blessés quelques heures avant que n'éclatent ces violents combats à l'aube, selon l'OSDH.

Ailleurs dans le pays, à Deir Ezzor (est), un adolescent a été abattu par les forces gouvernementales qui ont également arrêté 15 personnes, selon l'OSDH qui fait également état d'un assaut sur le quartier de Qaboun à Damas.

Tandis que la Syrie s'enfonce dans le chaos, avec à nouveau 45 morts dans des violences dimanche, les affrontements confessionnels entre sunnites hostiles au régime et alaouites partisans du président Bachar al-Assad ont également gagné le Liban voisin.

Depuis samedi soir, cinq Libanais ont été tués dans ces violences à Tripoli, la principale ville du nord de ce petit pays longtemps sous tutelle politique et militaire de la Syrie voisine.

Les échanges de tirs, notamment au lance-roquettes, empêchaient toujours lundi l'armée de se déployer dans les quartiers en proie à ces troubles, fréquents à Tripoli.

Embargo pétrolier et sur les armes

Paris a condamné ces violences et appelé les Libanais à ne pas importer le conflit syrien.

A Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont adopté leur 15e train de sanctions contre Damas, gelant les avoirs de deux entreprises et de trois personnes considérées comme des sources de financement du régime.

Désormais, 126 personnes et 41 sociétés sont visées par ces sanctions qui ciblent notamment la Banque centrale. Un embargo pétrolier et un embargo sur les armes et le matériel pouvant servir à la répression ont également été mis en place.

La communauté internationale, qui multiplie les mesures de rétorsion et qui a dépêché deux tiers des observateurs internationaux censés surveiller une trêve décrétée il y a un mois mais jamais appliquée sur le terrain, n'est pas parvenue à faire cesser les violences.

Les combats n'ont pas perdu en intensité en dépit des engagements du régime et de la rébellion à respecter le plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan.

Outre le cessez-le-feu, ce plan prévoit l'ouverture d'un dialogue politique, un accès humanitaire dans tout le pays et la libération de prisonniers.

Actuellement,189 observateurs de l'ONU se trouvent en Syrie pour surveiller l'application de ce plan, que certaines composantes de l'opposition considèrent déjà comme un échec.

La Russie a estimé, comme son allié syrien, qu'Al-Qaïda et les groupes associés à cette organisation étaient «derrière les attentats» commis récemment en Syrie.

Pour Mathieu Guidère, spécialiste du monde arabe et musulman, «Al-Qaïda n'est pas en Syrie. Mais il existe aujourd'hui quelques groupuscules de jihadistes qui optent pour le mode d'action» du réseau extrémiste.

Le 10 mai, un double attentat a fait 55 morts à Damas. Un groupuscule inconnu avant la révolte, le Front Al-Nosra, l'a revendiqué ainsi que d'autres attentats.

Mais, estime Salman Shaikh, directeur du centre Brookings à Doha, le «degré de sophistication» des attentats montre que ce groupuscule obscur a reçu l'aide de «forces professionnelles». Les renseignements syriens ont souvent été accusés de manipuler des jihadistes.

(afp)