Violences en Irak

06 juin 2011 17:46; Act: 06.06.2011 19:10 Print

25 morts dont cinq militaires américains

Lundi fut la journée la plus meurtrière en Irak en deux ans pour l'armée des Etats-Unis, à sept mois de la date prévue de son retrait du pays.

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Un soldat irakien contrôle un véhicule à Bagdad lundi 6 juin, après deux attentats meurtriers à travers le pays. (Photo: Keystone)

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Ces violences posent de nouveau la question de la capacité des forces irakiennes à assurer la sécurité, alors que Washington exhorte Bagdad à se décider au plus vite sur une éventuelle demande de prolongation de la présence américaine en Irak, qui est dans sa neuvième année.

«Cinq militaires américains ont été tués lundi dans le centre de l'Irak», a annoncé l'armée dans un bref communiqué.

Sollicité par l'AFP, le capitaine Dan Churchill, porte-parole de l'armée, s'est refusé à toute précision supplémentaire.

Roquettes tirées contre une base militaire

Un responsable du ministère irakien de l'Intérieur avait initialement affirmé sous couvert de l'anonymat que cinq roquettes avaient été tirées à l'aube contre l'immense base américaine de Camp Victory, en périphérie ouest de la capitale.

Mais il a indiqué par la suite que seules trois roquettes avaient été tirées, contre une base de l'est de Bagdad où se trouvaient des militaires américains, sans dire s'il s'agissait d'une base américaine ou irakienne.

Ces décès portent à 4'459 le nombre de militaires américains morts en Irak depuis l'invasion du pays en 2003, selon un bilan se fondant sur le site internet icasualties.org.

Il s'agit de la journée la plus meurtrière pour l'armée américaine en Irak depuis le 11 mai 2009, quand cinq militaires américains avaient été tués dans une fusillade à Camp Liberty, base voisine de Victory. Un sergent de l'armée américaine avait ensuite été inculpé pour ces meurtres.

Le centre de Tikrit, ex-fief de Saddam Hussein à 160 km de Bagdad, a par ailleurs été lundi le théâtre d'une nouvelle attaque, la seconde d'envergure depuis vendredi.

Un kamikaze a fait exploser son véhicule vers 09h30 (6h30 GMT), au moment où un détachement de l'armée venait remplacer une force de police à l'entrée principale d'un complexe de palais de l'ancien régime et où se trouvent les directions locales de nombreux services de sécurité.

L'explosion a fait 12 morts, dont neuf militaires et trois civils, et 20 blessés, ont indiqué sous couvert de l'anonymat un capitaine de l'armée et un capitaine de la police.

C'est dans ce même complexe théoriquement très sécurisé que se trouve la mosquée visée vendredi midi par un attentat qui a fait 19 morts et 72 blessés.

Tikrit, épicentre des attaques

Tikrit a été ces derniers mois le théâtre de nombreuses attaques, dont celle du 29 mars contre le conseil provincial de Salaheddine et qui avait fait 58 morts.

Plusieurs autres attentats ont par ailleurs fait au moins huit morts à Bagdad et Ramadi, à 100 km à l'ouest de la capitale, selon plusieurs sources de sécurité.

A Ramadi, des bombes ont explosé contre la maison d'un commandant de la police locale vers 03h00 (minuit GMT), tuant quatre membres de sa famille et en blessant deux autres, selon un responsable de la police.

Les violences en Irak sont aujourd'hui sans commune mesure avec le niveau qu'elles avaient atteint lors des heurts confessionnels de 2006 et 2007, mais les attentats y sont encore quotidiens.

L'armée américaine compte toujours environ 45.000 militaires déployés en Irak qui se concentrent essentiellement sur des missions de formation et de conseil auprès des forces irakiennes et devront être partis d'ici la fin de l'année, conformément à un accord bilatéral entre Bagdad et Washington.

Depuis la fin de la mission de combat américaine le 31 août 2010, 41 militaires américains ont péri en Irak, selon le site icasualties.org

(afp)