Etats-Unis

07 janvier 2016 21:44; Act: 07.01.2016 21:46 Print

30 ans de prison pour le meurtrier d'un graffeur français

La justice américaine a reconnu coupable le meurtrier du tagueur Bilal Berreni, alias Zoo Project assassiné en 2013.

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Une des fresques de Bilal Berreni.

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Le graffeur français s'était fait connaître en 2011 pour avoir peint en Tunisie les martyrs de la révolution.

Le corps du jeune artiste, décédé à 23 ans, avait été découvert en juillet 2013 à Detroit, dans le Michigan. Il a fallu près d'un an aux enquêteurs américains pour l'identifier. Selon l'enquête, Bilal Berreni a été tué par balle par un groupe de jeunes hommes qui cherchaient à détrousser quelqu'un pour éponger des pertes dans un jeu de dés.

Agé de 21 ans, l'homme condamné était le dernier membre d'un groupe de trois hommes et d'un adolescent impliqués dans le meurtre. Il est considéré comme celui ayant probablement atteint d'une balle à la tête l'artiste français après l'avoir aperçu près d'un terrain de basket-ball.

Le jeune meurtrier a été condamné à une peine minimale de 30 ans de prison, mais pouvant atteindre jusqu'à 60 ans, pour homicide, ont indiqué jeudi à l'AFP les bureaux du procureur. Ses complices adultes avaient déjà été condamnés chacun à plus de 20 ans de prison. L'adolescent devrait connaître sa sentence plus tard en janvier, selon la presse locale.

Le petit groupe avait volé son portefeuille à Bilal Berreni et lui avait dérobé 300 dollars (un peu moins de 300 francs) cachés dans ses chaussures. Selon le procureur, le meurtrier avait ensuite utilisé cette somme pour s'acheter du cannabis et des sacs de chips.

Fresques engagées

«Cela me rend malade qu'un jeune artiste talentueux qui faisait le tour du monde pour suivre son rêve ait été tué ici, ce qui renforce de surcroît les préjugés d'un grand nombre sur notre ville de Detroit» avait déclaré la procureure du comté local de Wayne, Kym Worthy, à l'ouverture du procès.

Bilal Berreni s'était fait remarquer à Paris dès l'adolescence en peignant d'immenses fresques engagées en noir et blanc sur les murs du XXe arrondissement. En mars 2011, le jeune homme s'était rendu en Tunisie, au plus fort de la révolution, pour peindre les portraits des victimes des forces de l'ordre, en grandeur nature.

(nxp/ats)