Irak

26 décembre 2011 08:41; Act: 26.12.2011 12:12 Print

5 morts dans un attentat contre un ministère

Cinq personnes ont été tuées lundi matin dans un attentat suicide contre le ministère de l'Intérieur dans le centre de Bagdad. Au moins 27 autres ont été blessées.

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Cette nouvelle attaque meurtrière intervient dans un contexte de crise politique aiguë entre chiites et sunnites.

L'attentat s'est produit vers 07h30 locales (05h30 suisses) dans le quartier de Bab al-Charji, selon une source médicale. Deux établissements hospitaliers ont indiqué avoir reçu les corps de cinq personnes et soigné 13 blessés.

Le kamikaze présumé s'est fait exploser lors de l'ouverture par les gardes de la porte principale du ministère pour laisser entrer les employés chargés de la maintenance électrique des locaux, selon un responsable du ministère, qui a requis l'anonymat.

L'Irak est secoué depuis quelques jours par des attentats. Jeudi, au moins 60 personnes ont été tuées dans une série d'attentats à Bagdad. Dimanche, six membres des forces de sécurité ont été abattus dans des attaques dans les provinces majoritairement sunnites de Salaheddine et al-Anbar, selon des sources hospitalières et sécuritaires.


Institutions paralysées


Ces événements se produisent sur fond de crise politique aiguë entre chiites, majoritaires dans le pays, et sunnites. Le conflit paralyse les institutions et menace le fragile équilibre entre les deux communautés.

Quelques jours seulement après le départ des derniers soldats américains stationnés en Irak, un mandat d'arrêt a été lancé à l'encontre du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi. Il est accusé d'avoir soutenu et financé des actions terroristes menées par ses gardes du corps.

M. Hachémi a rejeté toutes les charges. Il a reconnu que certains de ses anciens gardes du corps avaient pu mener des attentats, mais fermement démenti y avoir été mêlé. Il s'est exprimé dans plusieurs médias ces derniers jours pour dénoncer le Premier ministre, le chiite Nouri al-Maliki.

Réfugié dans la région autonome du Kurdistan irakien et hébergé dans une résidence du président du pays, le Kurde Jalal Talabani, M. Hachémi a déclaré dimanche dans un entretien à l'AFP qu'il ne faisait pas assez confiance à la justice de son pays pour rentrer à Bagdad.


Exil?

A la question de savoir s'il envisageait de rentrer à Bagdad pour y être jugé, M. Hachémi a répondu: «Bien sûr que non», évoquant le manque de sécurité dans la capitale et la politisation du système judiciaire. Il a aussi évoqué un éventuel exil.

Ce mandat d'arrêt lancé il y a près d'une semaine contre le vice- président sunnite a encore accru la crise entre le Premier ministre chiite et le groupe parlementaire Iraqiya, soutenu par les sunnites et dont M. Hachémi fait partie.

Deuxième groupe parlementaire, Iraqiya a décidé de boycotter le Parlement et le gouvernement pour dénoncer l'autoritarisme de M. Maliki. Ce dernier a réagi en menaçant de remplacer les neuf ministres d'Iraqiya et en réclamant le limogeage de son adjoint sunnite, Saleh Motlak, qui l'a qualifié de dictateur «pire que Saddam Hussein».

(ats/afp)