Attentats du Bardo et de Sousse

09 février 2019 05:31; Act: 09.02.2019 06:19 Print

7 accusés écopent de la prison à vie

En Tunisie, dans les procès des attentats du Bardo et de Sousse, la justice n'a condamné à mort aucun des 27 accusés.

Voir le diaporama en grand »
La justice tunisienne a condamné sept accusés à la prison à vie dans les procès des attentats du Bardo et de Sousse en 2015. (Samedi 9 février 2019) L'auteur de l'attentat, un étudiant de 23 ans, avait travaillé dans le tourisme en tant qu'animateur. (Dimanche 5 juillet 2015) Les corps des cinq dernières victimes britanniques de l'attentat du 26 juin sont arrivés en Grande-Bretagne. (Samedi 4 juillet). Après un air de clairon, une plaque «In Memoriam» a été plantée au-dessus des fleurs déposées depuis une semaine sur le site du drame. (Vendredi 3 juillet 2015) La cérémonie commémorative, organisée par l'ambassade britannique en Tunisie, a rassemblée notamment l'ambassadeur britannique et M. Essid et des ministres tunisiens. (vendredi 3 juillet 2015) La cérémonie a rassemblé de nombreux touristes et a été encadrée par un important dispositif policier. (Vendredi 3 juillet 2015) La minute de silence a également été observée au Royaume-Uni. L'Union Jack était en berne sur le palais de Buckingham. (Vendredi 3 juillet 2015) David Cameron a marqué ce moment de recueillement dans sa circonscription de Witney, au nord ouest de Londres. Au 10 Dowing Street, le drapeaux britannique était en berne. (Vendredi 3 juillet 2015) La minute de silence a également été respectée à Wimbledon. (Vendredi 3 juillet 2015) La minute de silence a également été respectée à Wimbledon. (Vendredi 3 juillet 2015) A la station londonienne de King's Cross, les usagers des transports se sont eux aussi arrêtés une minute. (Vendredi 3 juillet 2015) La Tunisie est le principal fournisseur de djihadistes avec quelque 3000 ressortissants dans des zones de conflit. (Vendredi 3 juillet 2015) Le ministre chargé de la société civile Kamel Jendoubi annonce ce jeudi 2 juillet 2015 8 arrestations en lien direct avec l'attentat de Sousse qui fait 38 morts le 26 juin 2015. (jeudi 2 juillet 2015) La ministre tunisienne du tourisme, Selma Elloumi Rekik, a chiffré l'impact économique possible de cet attentat sanglant: 470 millions de francs au minimum. (Mardi 30 juin 2015) Le ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli (2e à droite) s'est déplacé immédiatement sur les lieux de l'attentat. Il a annoncé des arrestations en lien avec le terrible attentat ce 29 juin 2015. (Lundi 29 juin 2015) De nombreux hommages ont été rendus aux victimes de l'attaque de Sousse. (Lundi 29 juin 2015) Après le terrible attentat du 26 juin, Tunis a annoncé l'embauche de 1000 policiers supplémentaires et également le fait que sa police touristique sera désormais armée. Des touristes à l'aéroport d'Enfidha. (Dimanche 28 juin 2015) Des touristes rendent hommage aux victimes sur la plage.(Dimanche 28 juin 2015) Des fleurs et des cartes à la mémoire des victimes. (Dimanche 28 juin 2015) Des touristes interrompent leurs vacances. Ils embarquent pour quitter la Tunisie. (Samedi 27 juin 2015) (Samedi 27 juin 2015) La plupart des victimes sont britanniques. (Samedi 27 juin 2015) Une attaque contre un hôtel de Sousse a fait vendredi 28 morts. La police a abattu l'un des assaillants. (Vendredi 26 juin 2015) Les secours viennent en aide aux touristes blessés sur la plage de l'hôtel attaqué à Sousse. (Vendredi 26 juin 2015) Les secours viennent en aide aux touristes blessés sur la plage de l'hôtel attaqué à Sousse. (Vendredi 26 juin 2015) Un attentat a été commis à Sousse par un étudiant tunisien qui n'était pas connu par le services de sécurité. (Vendredi 26 juin 2015) Les forces de sécurité ont été envoyées à Sousse après l'attentat pour sécuriser la région. (Vendredi 26 juin 2015) La région de Sousse, à 140 km au sud de Tunis, est prisée de par les touristes étrangers, comme le démontre cette photo prise en 2013.

Une faute?

La justice tunisienne a condamné samedi sept accusés à la prison à vie dans les procès des attentats du Bardo et de Sousse en 2015, après une dizaine d'audiences réparties sur un an et demi, apportant des réponses incomplètes sur les responsabilités.

D'autres accusés ont été condamnés à des peines allant de 16 ans à 6 mois de prison, 27 accusés ont bénéficié d'un acquittement et aucune condamnation à mort n'a été prononcée, a indiqué le porte-parole du Parquet Sofiène Sliti. Le parquet a décidé de faire appel, a-t-il ajouté.

Pour le procès de l'attaque contre le musée du Bardo, trois accusés ont été condamnés à la prison à vie pour «homicide volontaire», «participation dans un homicide volontaire», et «agression visant le changement de l'aspect civil de l'Etat». Dans ce même procès, des peines d'emprisonnement allant de 16 ans à un an ont été prononcées et une dizaine d'accusés ont bénéficié d'un non-lieu, selon la même source.

Au total 25 accusés ont été poursuivis dans le cadre de l'attentat contre le musée du Bardo, 22 en détention et trois en liberté. L'attaque avait fait 22 morts le 18 mars 201: un agent de sécurité tunisien et 21 touristes parmi lesquels, quatre Français, quatre Italiens, trois Japonaises et deux Espagnols.

Dans l'affaire de l'attaque contre un hôtel à Sousse, quatre accusés ont été condamnés à la prison à vie pour également «homicide volontaire» ,«participation dans un homicide volontaire» et «agression visant le changement de l'aspect civil de l'Etat».

Cinq accusés ont été condamnés à des peines variant entre 6 ans et six mois et 17 accusés ont été acquités, a précisé M. Sliti. Au total 26 personnes ont été poursuivies dans cette affaire, 18 en détention et 8 en état de liberté, selon la même source. Les deux procès sont suivis avec une grande attention dans plusieurs pays européens dont étaient originaires de nombreuses victimes.

Liens entre les deux attentats

Les dépositions des accusés lues lors des audiences ont mis en évidence d'importants liens entre les deux attentats, tous deux revendiqués par le groupe djihadiste, Etat islamique (EI). Certains accusés désignent un même homme, Chamseddine Sandi, comme le cerveau des attentats. Poursuivi, selon des avocats, dans les deux affaires comme d'autres accusés, ce suspect aurait été abattu en 2016 dans un raid américain en Libye, selon des médias tunisiens.

Lors de l'attentat contre le musée du Bardo, le premier en Tunisie à être revendiqué par l'EI, les deux assaillants avaient également blessé 43 personnes, avant d'être abattus par les forces de sécurité. Les investigations ont montré la présence d'amphétamines dans le corps de l'un des tireurs: Yassine Laabidi né en 1990. Le deuxième assaillant, Jaber Khachnaoui, né en 1994, s'était rendu en Syrie en décembre 2014 en passant par la Libye.

Dans cette affaire, un des accusés, Mahmoud Kechouri, a affirmé avoir préparé des plans et gardé des téléphones à la demande de Chamseddine Sandi, un ami. Il a également dit avoir préparé des cartes du musée, en détaillant notamment les cibles envisagées. Cet ouvrier de 33 ans a justifié son aide «comme un devoir pour participer à l'émergence du califat» autoproclamé par l'EI en 2014, selon ses dépositions lues à l'audience. Mais rares sont les dépositions à avoir apporté un réel éclairage sur les faits.

«Reconnus comme victimes»

Nombre d'accusés ont été uniquement poursuivis pour avoir été en contact via une application de messagerie avec d'autres suspects en fuite. «On sait qu'il y a un organisateur central et deux tireurs, mais la motivation intime des accusés ne semble pas intéresser le tribunal, et les débats sur les faits sont restés très courts», déplorait récemment un des avocats des victimes françaises, Gérard Chemla.

L'audience de vendredi, la dernière en première instance, a été retransmise en direct dans une salle d'audience à Paris et en Belgique. Les trois précédentes avaient été retransmises en direct à Paris en présence de parties civiles françaises. «Le procès leur aura permis, en organisant la visioconférence et en laissant la parole à des avocats choisis par les victimes, d'avoir enfin été reconnus comme victimes par l'Etat tunisien», a souligné Me Chemla.

L'attentat de Sousse, où 30 Britanniques avaient été tués, fait aussi l'objet d'une procédure devant la Cour royale de justice de Londres, visant à reconstituer les faits avérés. Le 26 juin 2015, Seifeddine Rezgui, un étudiant, avait abattu des touristes sur la plage avant de pénétrer dans un hôtel où il a continué à faire feu à coups de grenade et de kalachnikov. Il avait fini par être abattu. Les accusés dans les deux procès ont été jugés en vertu d'une loi antiterroriste adoptée à l'été 2015.

(nxp/afp)