Californie

05 juin 2019 01:29; Act: 05.06.2019 01:31 Print

A LA, le nombre de SDF a bondi de 12% en 2018

Plus de 59'000 personnes sont sans-abri à Los Angeles, selon des chiffres en forte hausse publiés mardi.

storybild

Dans le quartier de Skid Row, à Los Angeles, l'artiste britannique Chemical X dévoile son nouveau projet. (30 mai 2019) (Photo: AFP)

Une faute?

Le nombre de sans domicile fixe a bondi de 12% l'an dernier dans le comté de Los Angeles (Californie), avec plus de 59'000 personnes en moyenne contraintes chaque nuit de dormir dans des hébergements d'urgence, des véhicules ou dans la rue, selon des chiffres officiels publiés mardi.

Même si plusieurs dizaines de milliers de personnes ont pu être relogées en 2018, les importants moyens déployés par le comté de Los Angeles, le plus peuplé de Californie, ne suffisent pas à endiguer le phénomène, alimenté par la précarisation et l'explosion des loyers.

«Nous avons la plus importante population de sans-abris du pays», a déploré Peter Lynn, directeur de l'agence pour les SDF de Los Angeles, en présentant son évaluation annuelle. Le comté est également dans le peloton de tête aux Etats-Unis pour les sans domicile fixe (qui peuvent avoir un abri mais pas de logement pérenne), seulement dépassé dans cette catégorie par New York, a-t-il souligné.

«Le marché immobilier le plus inabordable des USA»

Selon M. Lynn, c'est dans la ville de Los Angeles elle-même (environ 4 millions d'habitants) que la hausse a été la plus marquée, avec plus de 36'000 individus recensés comme SDF, une augmentation de 16% sur un an. «Nous avons le marché immobilier le plus inabordable des Etats-Unis, qui nous pose un problème unique en son genre», a insisté Peter Lynn, relevant que 700'000 foyers de Los Angeles consacraient plus de la moitié de leurs revenus à leur loyer. «Ca représente plus de deux millions d'Angelins (...) qui sont sur la corde raide», a-t-il dit.

La pression financière à Los Angeles est telle qu'une personne y gagnant le revenu minimum de 13,25 dollars par heure devrait travailler 80 heures chaque semaine pour pouvoir louer un deux pièces, selon l'expert.

Malgré les milliards de dollars d'argent public investis, la Californie, cinquième économie mondiale à elle seule (devant la France), ne parvient pas à résoudre le problème. «Les résultats de ce rapport nous rappellent la triste vérité: les loyers qui s'envolent dans tout l'Etat, l'administration fédérale qui réduit ses investissements dans les logements sociaux, à quoi s'ajoute l'épidémie de troubles mentaux non pris en charge, tout cela pousse les gens vers la rue plus rapidement que nous ne pouvons les en sortir», a réagi dans un communiqué le maire démocrate de Los Angeles, Eric Garcetti.

(nxp/afp)