Diplomatie

12 juin 2019 17:49; Act: 13.06.2019 06:56 Print

A Téhéran, Shinzo Abe veut atténuer la tension

En visite à Téhéran pour la première fois, le premier ministre japonais Shinzo Abe souhaite «contribuer à la paix au Moyen-Orient».

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Shinzo Abe est le premier chef de gouvernement nippon à se rendre en Iran depuis la révolution de 1979. (Photo: Keystone)

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Le Premier ministre japonais Shinzo Abe est à Téhéran mercredi pour une visite inédite d'un peu plus de 24h. Il compte l'utiliser pour tenter de faire baisser la tension entre la République islamique et les Etats-Unis.

Shinzo Abe a été reçu avec les honneurs par le président iranien Hassan Rohani au palais présentiel de Saad Abad, dans le Nord de la ville, où les deux hommes ont commencé une réunion de travail, selon un journaliste de l'AFP.

Premier chef de gouvernement nippon à se rendre en Iran depuis la révolution de 1979 ayant renversé le chah, Shinzo Abe doit rencontrer jeudi matin le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Le Japon est un allié clef de Washington, ennemi juré de la République islamique, et entretient traditionnellement de bonnes relations avec l'Iran.

«Paix et stabilité»

«Alors que l'heure est à l'inquiétude au vu des tensions croissantes au Moyen-Orient [...] le Japon espère faire de son mieux pour la paix et la stabilité de la région», avait déclaré Shinzo Abe avant de quitter Tokyo, disant aussi vouloir «un échange de vues franc» avec ses interlocuteurs.

Selon une source au ministère des Affaires étrangères japonais, le voyage de Shinzo Abe est destiné d'abord à «plaider pour une baisse des tensions» entre l'Iran et les Etats-Unis, ensuite «à consolider l'amitié» irano-japonaise, et enfin à «montrer» la volonté du Japon «à contribuer à la paix au Moyen-Orient».

Cette visite intervient alors que l'Iran et les Etats-Unis sont pris dans un bras de fer. Le président américain Donald Trump a retiré unilatéralement en mai 2018 son pays de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, ce qui a entraîné le rétablissement de dures sanctions économiques contre l'Iran.

Washington a également déployé d'importants moyens militaires dans le Golfe et fait pression sur des alliés tels que le Japon pour qu'ils cessent d'acheter du pétrole iranien.

Echange Trump-Abe

Selon le porte-parole du gouvernement japonais, Shinzo Abe a eu M. Trump au téléphone mardi avec qui il a discuté entre autres choses de «la situation en Iran». Plusieurs officiels japonais ont néanmoins précisé que Shinzo Abe ne se rendait pas à Téhéran muni d'une liste de demandes ou porteur d'un message de Washington.

Shinzo Abe ne vient pas en Iran pour «assurer une médiation entre l'Iran et les Etats-Unis», a insisté mardi devant la presse un responsable japonais : «le but premier de la visite est de faire baisser les tensions».

Du côté iranien, M. Rohani a indiqué mercredi que l'Iran présenterait à Shinzo Abe le message selon lequel «le principal coupable est l'Amérique», et «cela ne fait aucun doute pour tous les Iraniens».

Aura favorable

Aux yeux de Téhéran, le Japon bénéficie d'une aura favorable en tant que pays ayant réussi à se moderniser sans renoncer à ses traditions et en conservant une forte identité culturelle.

«Il nous semble très important qu'au niveau le plus haut nous appelions l'Iran, en tant que puissance régionale, à faire baisser la tension, à se conformer à l'accord nucléaire et à jouer un rôle constructif dans la stabilité de la région», avait déclaré récemment le porte-parole du gouvernement japonais Yoshihide Suga.

Habit de samuraï

En Iran, certains commentateurs jugent possible que Shinzo Abe se charge de véhiculer des messages entre Téhéran et Washington. «La visite de Shinzo Abe intervient juste après celle de M. Trump au Japon et les Américains ont donc intérêt à utiliser ce canal», a déclaré Ebrahim Rahimpour, ancien ministre adjoint des Affaires étrangères, au quotidien iranien Shargh.

Sous le titre «Un samuraï à Téhéran», le journal réformateur Sazangégui publie mercredi sur toute sa une un dessin de Shinzo Abe en habit traditionnel de samuraï armé du bouclier du superhéros Captain America.

Intérêts japonais

Shinzo Abe utilisera aussi ce voyage pour faire valoir les intérêts de son pays. Avant le retour des sanctions américaines, le Japon importait environ 5% de son brut d'Iran et souffrirait d'une hausse du cours du pétrole.

Le voyage offre par ailleurs à Shinzo Abe une occasion rare de jouer un rôle important sur la scène internationale, après plusieurs déceptions japonaises dans ce domaine. Shinzo Abe a été précédé à Téhéran par son ministre des Affaires étrangères, Taro Kono, qui a rencontré son homologue iranien à la mi-journée.

(nxp/ats)

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  • Peace Now le 12.06.2019 20:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    Enfin un geste en contrepoids du lobby sioniste américain en plein délire paranoïaque.

  • faut pas rêver le 12.06.2019 21:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    on caresse dans le sens du poul

    le monde des bisounours !

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