Proche-Orient

09 mai 2012 06:32; Act: 09.05.2012 07:49 Print

Abbas prêt à discuter de paix avec Netanyahu

Le président de l'Autorité palestinienne est prêt à s'engager sur un accord de paix au cas où le Premier ministre israélien propose «quoi que ce soit de prometteur ou de positif». Mais il exige avant tout la fin de la colonisation.

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Dans une interview accordée à Reuters peu après l'annonce d'un accord de grande coalition entre le Likoud de M. Netanyahu et le parti centriste Kadima, le président de l'Autorité palestinienne a souligné que son interlocuteur israélien devait comprendre que la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie occupée réduisait à néant les espoirs de paix et devait cesser.

Mahmoud Abbas avait adressé en avril une lettre au Premier ministre israélien interprétée par beaucoup comme un ultimatum, fixant des paramètres pour une reprise des discussions. M. Netanyahu devrait y répondre cette semaine.

Offensive diplomatique à l'ONU

Mardi il a dit ne pas avoir l'intention de laisser les Palestiniens prendre les armes contre les Israéliens. Mais il est disposé à reprendre son offensive diplomatique unilatérale pour obtenir la reconnaissance par la communauté internationale d'un Etat palestinien auprès des Nations unies en cas d'absence d'avancée.

«S'il y avait quoi que ce soit de prometteur ou de positif, nous nous engagerons naturellement», affirme-t-il en prédisant de possibles nouvelles suggestions américaines en la matière.

«Si rien ne se passe, nous irons à ce moment-là devant les Nations unies pour obtenir un statut de non-membre», ajoute-t-il en faisant référence à un possible vote au niveau de l'Assemblée générale de l'Onu.

En 2011, les efforts déployés par les Palestiniens pour obtenir une adhésion pleine et entière à l'ONU par l'intermédiaire du Conseil de sécurité s'étaient heurtés à l'opposition des Etats-Unis.

Processus de paix bloqué

M. Abbas a réitéré son préalable d'une suspension de toutes les constructions de colonies avant toute reprise du dialogue avec les Israéliens. «Je ne reviendrai pas à la table de négociation sans un gel des activités de colonisation», a-t-il dit en pesant soigneusement chaque mot. «Les implantations tuent l'espoir».

Reconnaissant que le processus de paix était actuellement «bloqué», le président palestinien a estimé que les Israéliens ne pouvaient pas faire traîner les choses éternellement.

«Ils sont en train de perdre du temps. Mais la situation n'est pas satisfaisante pour eux et personne ne sait ce qu'il adviendra demain. La paix est essentielle pour l'avenir d'Israël», conclut-il.

(ats)