Affaire Bettencourt

06 décembre 2010 13:43; Act: 06.12.2010 17:11 Print

Accord trouvé entre la mère et la fille

La fille de Liliane Bettencourt a décidé d'abandonner toutes ses poursuites judiciaires dans un dossier qui a débordé du cadre familial et éclaboussé un ex-ministre français.

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L'héritière de la fortune L'Oréal Liliane Bettencourt et sa fille Françoise Bettencourt-Meyers ont annoncé lundi leur réconciliation. Ceci met un terme à trois ans d'un conflit familial qui a pris des allures de scandale politico- financier depuis l'été.

Les deux femmes «se sont rapprochées» et abandonnent toutes les procédures judiciaires «qui ont perturbé leur vie familiale» depuis 2007, peut-on lire dans un communiqué commun. Un dénouement qui est le résultat de trois semaines de tractations secrètes.

En parallèle, Françoise Bettencourt-Meyers et le photographe François-Marie Banier ont signé un accord qui met fin à leurs différends judiciaires. La fille de Liliane Bettencourt accusait M. Banier d'abus de faiblesse envers sa mère.

Grâce à ces accords, Liliane Bettencourt, «sera libre de toute entrave», s'est félicité l'avocat de Françoise Bettencourt-Meyers, Me Olivier Metzner. François-Marie Banier ainsi que le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre «disparaissent de son entourage», a-t- il expliqué sur France 2.

Selon l'avocat de Liliane Bettencourt, Pascal Wilhelm, la mère et la fille devaient se rencontrer lundi pour sceller cette réconciliation. A la suite de cet accord, les poursuites pour abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt et la demande de mise sous tutelle vont s'éteindre.

Dénouement surprenant

Rien ne laissait présager une telle issue. Depuis 2007, Françoise Meyers-Bettencourt poursuivait en justice le photographe mondain François-Marie Banier qu'elle accusait d'avoir abusé de la faiblesse de sa mère âgée de 88 ans. M. Banier avait obtenu de la richissime héritière près d'un milliard d'euros de dons en assurances-vie et en tableaux dans les années 1990 et 2000.

Mme Bettencourt-Meyers a aussi demandé à trois reprises la mise sous tutelle de sa mère, la femme la plus riche de France, qu'elle estimait diminuée au point de dilapider sa fortune (estimée à 17 milliards d'euros). Mi-novembre encore, une demande de mise sous tutelle de la milliardaire avait été jugée recevable par la juge des tutelles de Courbevoie.

Une mise sous tutelle de Liliane Bettencourt lui aurait fait perdre son siège d'administratrice de L'Oréal et la présidence de la holding qui contrôle les parts familiales dans le groupe. L'autre grand actionnaire du groupe est le suisse Nestlé.

L'avenir s'éclaircit pour L'Oréal

Les dispositions de l'accord sont «personnelles et confidentielles» mais les deux femmes citent l'avenir du groupe de cosmétiques L'Oréal qui peut ainsi «poursuivre sa merveilleuse épopée», selon les mots de Françoise Bettencourt-Meyers. Dans un message aux salariés, le directeur général du groupe Jean-Paul Agon se dit «très heureux» de cette réconciliation.

Selon Pascal Wilhelm, Liliane Bettencourt restera présidente de la holding Tethys, qui représente la famille Bettencourt dans L'Oréal. L'époux de Françoise Bettencourt-Meyers, Jean-Pierre Meyers, en devient le directeur général et leurs deux fils entrent dans le conseil de surveillance. Patrice de Maistre cessera d'être gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt le 31 décembre.

L'annonce surprise de la réconciliation entre la fille et la mère a été précédée par l'abandon des poursuites engagées entre Françoise Bettencourt-Meyers, François-Marie Banier et Fabrice Goguel. Ce dernier est l'auteur présumé d'un montage financier ayant permis de dissimuler au fisc l'achat d'une île dans les Seychelles.

Pas fini pour Eric Woerth

La fin du conflit familial ne signifie pas pour autant la fin du volet politique qui fait toujours l'objet d'une enquête judiciaire. Des soupçons de trafic d'influence et de financement illicite de parti politique pèsent sur l'ex-ministre du Travail Eric Woerth, appelé à être prochainement réentendu.

Ce dernier, trésorier de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007, est soupçonné d'avoir obtenu de l'argent de la famille Bettencourt. La justice enquête pour vérifier s'il existe un lien entre ce financement et l'octroi à Patrice de Maistre de la Légion d'honneur.

(afp)