Métro parisien

08 février 2011 22:36; Act: 09.02.2011 06:57 Print

Ados torturées et poussées à voler

Le chef d'une bande de voleuses à la tire a été arrêté samedi. Viols et sévices étaient courants pour forcer les jeunes filles à chaparder.

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Un Bosniaque de 40 ans, soupçonné d'être l'une des têtes du réseau «Hamidovic», qui forçait des jeunes filles à voler principalement dans le métro parisien et démantelé en partie en novembre, a été interpellé et incarcéré, a annoncé mardi la préfecture de police de Paris (PP).

L'homme a été interpellé samedi en région parisienne pendant qu'il était en train de frapper à coups de pied une jeune Bosniaque enceinte de 13 ans, avec quatre autres jeunes filles âgées de 12 à 14 ans autour de lui, a précisé la préfecture de police.

Au moment de son interpellation, l'homme avait 10.000 euros en liquide sur lui, a ajouté la PP. Selon les témoignages des cinq filles, l'homme les obligeait à voler et récupérait l'argent pour payer l'avocat du chef de clan incarcéré en novembre, Fehmi Hamidovic, qui a donné son nom au réseau.

Selon elles, il avait décidé de les frapper parce qu'il avait trouvé insuffisante la somme de 14.000 euros récoltées en une semaine.

Fin novembre 2010, la police avait annoncé avoir démantelé, après trois ans d'enquête, ce réseau aux méthodes brutales qui n'hésitait pas à violer ou torturer des enfants, des jeunes filles en majorité, afin de les obliger à voler, essentiellement dans le métro parisien.

Les chefs du réseau recrutaient des jeunes filles originaires de Bosnie-Herzégovine qui étaient ensuite «formées» en France et devaient répondre à «un contrat d'objectif» se montant à «300 euros par jour et par fille».

Dix-neuf personnes avaient été interpellées dans le sud de la France et en Italie, d'autres également - dont le nombre n'a pas été précisé -, par la suite, à Marseille (sud-est), à la mi-décembre 2010, selon la source policière.

Mais malgré cela, depuis novembre, plus de cent jeunes filles se réclamant du nom «Hamidovic» ont été interpellées à Paris, faisant craindre que les chefs de ce réseau n'aient été remplacés.

Le démantèlement partiel du réseau, présumé responsable de 75% des vols à la tire dans le métro, n'a donc «apparemment pas freiné ses ardeurs», avait expliqué une source policière.

(afp)