France

18 février 2019 16:00; Act: 18.02.2019 16:11 Print

Affaire Benalla: rapport du Sénat présenté mercredi

Dysfonctionnements, mensonges... Les conclusions de la commission du Sénat sur les frasques de l'ex-conseiller du président Macron sont très attendues.

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L'ex-chargé de mission de l'Elysée est inculpé pour des violences sur des manifestants à Paris. (Photo: AFP)

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Au terme de près de sept mois de travaux, la commission du Sénat chargée d'enquêter sur l'affaire Benalla, du nom d'un ex-conseilller d'Emmanuel Macron, présentera mercredi ses conclusions sur les dysfonctionnements de la présidence française.

Très attendu, ce rapport d'enquête sera présenté à la presse à 11 heures (10H00 GMT) par deux co-rapporteurs, tous deux d'opposition, le socialiste Jean-Pierre Sueur et la Républicaine (droite), Muriel Jourda, a précisé la commission des Lois lundi dans un communiqué.

Dysfonctionnements au plus haut des services de l'Etat, mensonges... «Ce ne sera pas un robinet d'eau tiède», prédit un fin connaisseur de l'institution. Alexandre Benalla, ex-chargé de mission de l'Elysée, est inculpé pour des violences sur des manifestants à Paris, le 1er mai, alors qu'il n'était pas en service ni autorisé à intervenir.

S'est ajoutée en janvier une inculpation pour utilisation abusive de passeports diplomatiques après son licenciement. Et depuis, le parquet financier a ouvert une enquête sur un contrat signé avec un sulfureux oligarque russe.

C'est en parallèle de ces développements judiciaires, à chaque fois déclenchés par des révélations de presse, que la commission des Lois a conduit ses investigations.

Mensonge sous serment

Veillant à ne pas interférer avec la justice, elle revendique un strict respect de son cahier des charges, comme l'a maintes fois martelé son président, Philippe Bas : «Pour nous l'essentiel c'est d'abord de faire la vérité sur le fonctionnement de l'Etat dans cette affaire».

La commission a également prévu de faire «des recommandations» pour que les «défaillances dans le fonctionnement de l'État» qui ont pu apparaître «ne se reproduisent pas».

Les personnes auditionnées l'ayant été sous serment, la commission d'enquête peut signaler à la justice ses soupçons de faux témoignages. Plusieurs sénateurs l'ont d'ailleurs appelée à le faire à l'issue des dernières auditions, estimant qu'Alexandre Benalla lui avait menti lors de son audition.

Au total, la commission d'enquête sénatoriale a procédé à plus de 30 auditions dont celles de deux ministres de l'Intérieur: Gérard Collomb en juillet, puis son successeur Christophe Castaner en janvier; du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian ainsi que du chef de cabinet d'Emmanuel Macron, François-Xavier Lauch, ou encore du secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler.

«Il y a eu des dysfonctionnements et il faut les régler», affirmait en janvier le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, en confiant «un sentiment d'amertume».

(nxp/afp)