Droits de l'homme

17 juillet 2018 11:31; Act: 18.07.2018 06:42 Print

Affaires Politkovskaïa et Pussy Riot: Moscou condamné

La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné la Russie dans l'affaire de la journaliste assassinée en 2006 et celle du groupe de rock qui avait défié Poutine en 2012.

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Anna Politkovskaïa avait été abattue par balles, le 7 octobre 2006, dans le hall de son immeuble à Moscou. (Photo: Keystone)

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La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné mardi la Russie pour n'avoir pas mené une enquête effective sur l'assassinat en octobre 2006 d'Anna Politkovskaïa, une journaliste connue pour ses enquêtes sur les violations des droits de l'Homme en Tchétchénie et ses critiques contre Vladimir Poutine.

La cour impute à Moscou une violation du « droit à la vie », au regard des défaillances de l'enquête qui est officiellement toujours en cours.

Six personnes ayant participé à l'exécution ont été condamnées à de lourdes peines de prison par la justice russe, sans que les commanditaires ne soient jamais identifiés.

«Aucun effort»

«Dans un homicide de ce type, on ne peut toutefois pas considérer que l'enquête a été appropriée si aucun effort n'a été fait pour identifier le commanditaire du meurtre», affirme la juridiction du Conseil de l'Europe.

Les juges de Strasbourg soulignent que les autorités russes ont élaboré une « théorie principale » impliquant un homme d'affaires résidant à Londres et aujourd'hui décédé sans qu'aucune pièce n'ait jamais été présentée pour étayer cette hypothèse.

L'Etat aurait dû examiner les allégations de la famille de la victime selon lesquelles des agents du FSB - les services secrets russes - ou des représentants de l'administration tchétchène avaient été impliqués dans l'organisation du meurtre, ajoutent-ils.

Les autorités russes devront verser 20'000 euros à la mère, à la soeur et aux enfants de la journaliste assassinée au titre du préjudice moral. L'arrêt, rendu à la majorité de cinq juges contre deux, est susceptible d'appel.

La journaliste, âgée de 48 ans, avait été abattue par balles, le 7 octobre 2006, dans le hall de son immeuble à Moscou.

Pussy Riot

La CEDH juge également que la Russie a commis de «multiples violations» en condamnant à des peines d'emprisonnement trois membres du groupe punk Pussy Riot, qui avait tenté d'interpréter des chansons anti-Poutine dans la cathédrale de Moscou en février 2012.

Les requérantes ont subi des traitements dégradants durant leur procès, a jugé la CEDH, épinglant aussi Moscou pour violation de la liberté d'expression. Les trois membres avaient été condamnés en août 2012 à deux ans de camp, notamment pour «hooliganisme motivé par la haine religieuse». Les trois requérantes obtiennent un total de 32'000 euros en réparation de leur préjudice moral.

(nxp/ats)