Egypte

16 décembre 2011 10:49; Act: 16.12.2011 22:45 Print

Affrontements entre armée et manifestants

Des manifestants et les forces de sécurité s'affrontaient depuis jeudi soir près de la place Tahrir au Caire.

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18.12 En tentant de réprimer les manifestations, les forces de l'ordre égyptiennes se livrent à des exactions. Dans une vidéo on voit une femme voilée se faire tabasser et dévêtir. Ici un policier saute à pieds joints sur un manifestant déjà au sol. 17.12: Les affrontements entre forces de l'ordre et manifestants vendredi dans le centre du Caire ont fait huit morts et 299 blessés Les accrochages ont repris samedi dans la matinée. 07.12 Kamal el-Ganzouri, nouveau premier ministre et son gouvernement ont prêté serment mercredi. 28.11 Les Egyptiens de rendent en masse aux urnes pour les premières élections libres depuis 1958. 25.11 Kamal el-Ganzouri, (au centre), qui a été de 1996 à 1999 Premier ministre sous Hosni Moubarak (à sa droite), à été nommé nouveau Premier ministre par l'armée au pouvoir. 25.11 L'opposant égyptien Mohamed ElBaradei a rejoint les manifestants sur la place Tahrir. 24.11 L'armée égyptienne a présenté ses excuses pour les morts de ces derniers jours. 23.11 Des milliers de personnes se sont à nouveau réunies mercredi matin sur la place Tahrir. 22.11 Le gouvernement égyptien a donné sa démission collective lundi soir. L'armée est restée sourde à la voix du peuple et a refusé cette démission. Un nouvelle manifestation est prévue mardi. Les frères musulmans ont décidé de la boycotter. Les affrontements se sont intensifié au Caire, dimanche autour de la place Tahrir, symbole de la révolution du début de l'année. Trois personnes sont mortes asphyxiées dimanche. Samedi déjà deux autres manifestants avaient péri.

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Des heurts vendredi au Caire entre des manifestants et la police militaire ont fait deux morts et 222 blessés, a annoncé le ministre égyptien de la santé. Ce sont les pires violences dans la capitale égyptienne depuis le début des élections législatives fin novembre.

Les affrontements ont éclaté après la dispersion dans la nuit de jeudi à vendredi d'un «sit-in» organisé par des militants pro- démocratie.

Les rues autour du Parlement ont été le théâtre de heurts très violents, après le premier tour de la deuxième phase des élections législatives organisé mercredi et jeudi dans neuf provinces. En début d'après-midi, des soldats ont chargé les 10'000 contestataires présents sur place.

«Même si le 'sit-in' était illégal, était-il nécessaire de le disperser avec une pareille brutalité et une telle barbarie ?» s'est interrogé Mohamed ElBaradeï, l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), sur Facebook.

Ziad el Elaimy, homme politique libéral du Bloc égyptien qui brigue un siège au Parlement dans une circonscription du Caire, a dit avoir été frappé par les forces de sécurité lors de son arrivée sur les lieux des affrontements.

Voitures en feu

Environ 300 personnes s'étaient rassemblées après la diffusion via Internet d'images présentées comme celles d'un activiste arrêté et battu par les forces de l'ordre. «La rumeur court qu'ils l'ont battu et qu'il a dû être hospitalisé», a dit un médecin s'occupant des manifestants blessés. «C'est ce qui a conduit des gens à sortir manifester», a-t-il ajouté.

Des affrontements ont eu lieu dans la matinée et les abords du siège du gouvernement et du Parlement étaient jonchés de débris. Des soldats et des hommes en civil jetaient des projectiles du toit des édifices publics sur les manifestants, qui ripostaient avec des pierres. Des voitures étaient en feu et un bâtiment public a été en partie incendié.

Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, qui assume l'intérim de la présidence, a demandé que les blessés soient évacués vers des hôpitaux militaires, rapporte la télévision d'Etat. De source militaire, on précise que 32 gardes du Parlement ont été blessés après avoir tenté de refouler les manifestants qui cherchaient à pénétrer dans l'édifice.

L'activiste au centre de la rumeur, Abboudi Ibrahim, a été arrêté alors qu'il quittait le «sit-in» organisé devant le siège du gouvernement. Ce «sit-in» existe depuis les journées de violences de la fin novembre qui ont fait plusieurs dizaines de morts et assombri le début des élections législatives.

Une vidéo circulant sur Facebook montre un jeune homme, identifié comme étant Abboudi Ibrahim, le visage portant les traces de coups violents.

Le FJP en tête

Selon l'agence officielle de presse Mena, des appels à se rassembler de nouveau sur la place Tahrir, symbole de la révolution de l'hiver dernier contre Hosni Moubarak, courent parmi les cercles militants. Les contestataires auraient bloqué une artère menant à la place Tahrir, selon Mena.

La participation lors de la deuxième phase des élections législatives semble élevée. Les Egyptiens ont voté dans les provinces de Suez et d'Ismaïlia, dans l'Est, d'Assouan et de Sohag, dans le Sud, et celles du delta du Nil, dans le Nord, ainsi que dans le quartier de Guizeh, au Caire.

Selon la presse d'Etat, les premiers résultats montrent que le parti des Frères musulmans, Liberté et justice (FJP), est en tête, suivi par les salafistes d'Al Nour et les libéraux du Bloc égyptien.

Le Conseil suprême des Forces armées (CSFA), au pouvoir depuis le renversement d'Hosni Moubarak le 11 février et qui assurera la transition jusqu'à l'élection présidentielle de la mi-2012, pourrait voir son autorité contestée par le nouveau parlement.

(ap)