France

15 avril 2019 16:22; Act: 15.04.2019 17:48 Print

Alain Soral condamné pour avoir nié la Shoah

La justice française a sanctionné, lundi, le polémiste franco-suisse qui a contesté l'existence de la Shoah.

storybild

Alain Soral, de son vrai nom Alain Bonnet, 60 ans, n'était pas présent à la lecture du délibéré du tribunal correctionnel de Paris. (Photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné lundi l'essayiste d'extrême droite Alain Soral à un an de prison ferme pour contestation de l'existence de la Shoah. Cette peine a été assortie d'un mandat d'arrêt.

Partie civile, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a salué dans un communiqué «la fermeté de cette décision qui doit aussi son caractère exceptionnel au mandat d'arrêt». Elle a demandé «sans délais à tous les hébergeurs de contenus de fermer les comptes d'Alain Soral ainsi que ceux d'Egalité et Réconciliation», son site internet.

Soral, de son vrai nom Alain Bonnet, 60 ans, a été condamné pour avoir publié sur son site des conclusions litigieuses de son avocat dans une autre affaire. Il n'était pas présent à la lecture du délibéré. Son conseil Damien Viguier a, lui, été condamné à 5000 euros d'amende pour complicité, en raison du contenu de ces conclusions. Tous deux «ont fait appel», selon un texte de Damien Viguier publié sur le site Egalité et réconciliation.

Au-delà des réquisitions

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet s'agissant de Soral, déjà condamné à plusieurs reprises, notamment pour provocation à la haine raciale. Lors de l'audience, le 5 mars, l'accusation avait demandé six mois ferme contre lui, et 15'000 euros d'amende contre son avocat.

Tous deux devront verser un euro symbolique de dommages et intérêts à quatre associations antiracistes parties civiles, ainsi que 1500 euros au titre des frais de justice, solidairement, à chacune d'entre elles.

En 2016, le site d'Alain Soral, Egalité et Réconciliation, avait publié un dessin représentant sur une Une titrée «Chutzpah Hebdo» le visage de Charlie Chaplin devant l'étoile de David, avec dans une bulle la question «Shoah où t'es?» Une référence à une Une polémique de «Charlie Hebdo» après les attentats de Bruxelles, «Papa où t'es?» Pour cette publication jugée négationniste, Alain Soral a été définitivement condamné à 10'000 euros d'amende, avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement.

«Propagande de guerre»

En novembre 2017, le même site avait publié les conclusions de son avocat Damien Viguier dans cette affaire, qui évoquaient notamment une chaussure et une perruque représentées sur le dessin condamné, «Chutzpah Hebdo».

«Chaussure et cheveux font référence aux lieux de mémoire organisés comme des lieux de pèlerinage. On y met en scène des amoncellements de ces objets, afin de frapper les imaginations», avait-il notamment écrit. «La coupe des cheveux se pratique dans tous les lieux de concentration et s'explique par l'hygiène», écrivait-il encore, citant ensuite le négationniste Robert Faurisson.

S'agissant de deux autres détails du dessin, «savon et abat-jour», l'avocat a prétendu que les savons faits à partir de graisse humaine par les nazis ou les abat-jour en peau humaine n'étaient que «propagande de guerre». La Licra et l'Union des étudiants juifs de France avaient signalé ces propos au parquet.

(nxp/ats)