Belgique

22 décembre 2008 18:38; Act: 22.12.2008 20:49 Print

Albert II accepte la démission du Premier ministre

Le roi des Belges Albert II a officiellement accepté lundi la démission du gouvernement présentée vendredi par le Premier ministre Yves Leterme. Il n'a pour l'instant pas désigné de successeur.

Une faute?

«Le roi a accepté la démission du gouvernement et l'a chargé de l'expédition des affaires courantes», a annoncé un communiqué d'une ligne diffusé en début de soirée par le palais royal.

Yves Leterme, un chrétien-démocrate de 48 ans, a remis au roi sa démission vendredi après avoir été accusé d'avoir tenté d'influencer la justice dans la délicate affaire Fortis. Depuis, le roi consulte la classe politique pour lui trouver un successeur.

Le programme du successeur d'Yves Leterme s'annonce très chargé. Le gouvernement doit encore défendre au Parlement un plan de relance de l'économie, menacée de récession au quatrième trimestre. Il lui faut aussi trouver des accords sur les salaires et une issue à la saga Fortis, premier employeur du secteur privé belge.

Dehaene favori

Le nom de Jean-Luc Dehaene, Premier ministre de 1992 à 1999, était celui qui revenait le plus lundi parmi les personnalités susceptibles de diriger un gouvernement intérimaire jusqu'à juin 2009, date à laquelle pourraient coïncider des élections législatives avec les élections régionales et européennes.

«Il y a de grandes chances que ce soit Dehaene», selon Carl Devos, politologue à l'université de Gand. «Il a l'expérience, il a été Premier ministre et il serait un gestionnaire de crise efficace.»

M. Dehaene, 68 ans, qui s'était pratiquement retiré de la vie politique nationale depuis près de 10 ans, a refusé de commenter son éventuel retour aux affaires.

Trop à gauche?

Mais si M. Dehaene figure parmi les candidats les plus probables, les libéraux flamands émettent des réserves, jugeant son ancrage trop à gauche.

D'autres successeurs possibles sont le président de la Chambre des représentants, Herman Van Rompuy, l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt, et deux outsiders, le ministre des Finances Didier Reynders et la chef des démocrates-chrétiens flamands, Marianne Thyssen.

Cinq partis forment la coalition au pouvoir - les libéraux et démocrates-chrétiens du nord et du sud du pays auxquels se sont alliés les socialistes francophones.

Crises à répétition

La Belgique enchaîne les crises politiques depuis les élections législatives du 10 juin 2007, dont Yves Leterme, un démocrate- chrétien flamand, est apparu comme le grand vainqueur.

Après six mois de crise, le roi Albert II avait renommé en décembre et pour trois mois le libéral flamand Verhofstadt, M. Leterme n'ayant pas réussi à former une équipe.

Yves Leterme avait fini par prendre la tête du gouvernement en mars 2008 mais il avait à nouveau présenté sa démission quatre mois plus tard, en juillet, après s'être trouvé dans l'incapacité d'obtenir un accord entre les formations néerlandophones réclamant des pouvoirs accrus pour les Flandres et les francophones qui redoutent un éclatement du pays. Albert II avait alors refusé son départ.

(ats)