Indonésie

02 juillet 2018 07:42; Act: 02.07.2018 10:12 Print

Amnesty accuse les forces de l'ordre de crimes

Dans un rapport publié lundi, l'ONG tient les forces de sécurité pour responsables du massacre d'au moins 95 civils depuis 2010 dans la province de Papouasie (est).

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Selon Amnesty, 56 décès s'expliquent par l'usage excessif de la force par l'armée ou la police. (Photo: AFP)

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Des militants politiques et des participants à des manifestations pacifiques contre le gouvernement figurent parmi les victimes de ces exécutions, de même que des habitants prenant part à des rassemblements non politiques dans cette région la plus à l'est de l'Indonésie. Pas une seule affaire n'a fait l'objet d'une enquête pénale indépendante, déplore l'ONG.

«La Papouasie est le trou noir de l'Indonésie en matière de droits de l'homme. C'est une région où les forces de sécurité ont été autorisées depuis des années à tuer des hommes, femmes et enfants, sans perspective de devoir être tenu pour responsables» de leurs actes, affirme l'ONG. «Cette culture de l'impunité au sein des forces de sécurité doit changer et les responsables des morts du passé doivent répondre de leurs actes.»

Aucun porte-parole du gouvernement indonésien n'a pu être contacté dans l'immédiat pour réagir à ce rapport intitulé «Ne perdez pas votre temps, laissez-les simplement mourir: homicides en toute impunité en Papouasie». Ce dernier a été réalisé sur une période de deux ans. Ses auteurs ont interrogé des familles de victimes, témoins, groupes de défense des droits de l'homme, militants politiques et organisations ecclésiastiques.

Rébellion armée

De nombreux Papous, peuple ancestral de Papouasie occidentale, réclament l'indépendance, comme la Papouasie Nouvelle-Guinée. L'autre moitié de cette grande île l'a obtenue en 1975 après avoir été une colonie australienne. Le Mouvement de la Papouasie libre (OPM) mène une rébellion armée depuis le rattachement controversé de cette région riche en ressources naturelles à l'Indonésie en 1963, après le retrait du colonisateur néerlandais.

Amnesty observe que 39 décès sont liés à des activités politiques pacifiques incluant des rassemblements au cours desquels le drapeau papou de l'indépendance - interdit - a été exhibé. Les 56 autres décès s'expliquent par l'usage excessif de la force par l'armée ou la police, lors d'événements n'ayant aucun lien avec l'indépendance, selon l'ONG.

(nxp/afp)