Parti de la Birmane Suu Kyi

08 février 2011 08:28; Act: 08.02.2011 08:43 Print

Appel à une discussion avec l'Occident

La Ligue nationale pour la démocratie réclame une politique internationale cohérente au sujet des sanctions économiques contre la junte au pouvoir.

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Aung San Suu Kyi lors d'un meeting, mardi 8 février 2011. (Photo: epa)

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Le parti de la célèbre opposante birmane Aung San Suu Kyi a réclamé mardi dans un communiqué l'ouverture d'une discussion avec les pays occidentaux sur les sanctions économiques contre la junte et sur les conditions nécessaires pour les «modifier».

En réponse à plusieurs appels en faveur de la levée des sanctions ces dernières semaines, la Ligue nationale pour la démocratie (LND, dissoute) réclame une politique internationale dans ce domaine «coordonnée avec sagesse et appliquée avec cohérence».

«La LND appelle à une discussion avec les Etats-Unis, l'Union européenne, le Canada et l'Australie en vue de l'obtention d'un accord sur quand, comment et dans quelles circonstances les sanctions pourraient être modifiées», indique le communiqué.

Le parti, interdit depuis qu'il a boycotté les dernières élections législatives, a affirmé par ailleurs que la libération des prisonniers politiques constituait une «exigence essentielle» en préalable à la levée des sanctions.

Inefficaces

Le mois dernier, deux partis d'opposition birmans, plusieurs formations représentant des minorités ethniques ainsi que l'Association des nations d'Asie du sud-est (Asean), dont la Birmanie fait partie, avaient réclamé la fin des sanctions. Ils insistaient notamment sur les entraves au développement causées par leur volet économique.

«Les preuves disponibles indiquent que les conditions économiques à l'intérieur du pays n'ont pas été notablement touchées par les sanctions», estime à cet égard la LND. Washington interdit depuis plus de dix ans l'importation de produits birmans et l'exportation vers la Birmanie de services financiers américains.

L'UE a pour sa part banni les importations de bois, métaux, minerais et pierres précieuses et tout nouvel investissement dans des entreprises birmanes de ces secteurs. De nombreux experts jugent les sanctions inefficaces et soulignent que les militaires au pouvoir dans le pays n'ont jamais modifié leur politique sous la pression occidentale.

Washington, de son côté, avait décidé fin 2009 de les maintenir tout en entreprenant un dialogue avec la junte au pouvoir. Mais l'administration Obama a depuis plusieurs fois exprimé sa déception sur les résultats de ce dialogue.

(ats)