Mozambique

05 avril 2019 22:19; Act: 05.04.2019 22:19 Print

Après le cyclone, la traque des aides détournées

Les autorités mozambicaines enquêtent sur des allégations de détournement de l'assistance humanitaire reçue après les intempéries.

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La justice mozambicaine a annoncé vendredi avoir ouvert une série d'enquêtes sur des accusations de détournement de l'aide humanitaire distribuée aux victimes du passage meurtrier du cyclone Idai le mois dernier dans le centre du pays.

«Nous recevons de nombreuses plaintes sur des détournements de l'aide. Nous enquêtons sur chacune d'entre elles avant de lancer des poursuites», a déclaré le porte-parole du bureau du procureur pour la province de Sofala (centre), Joaquim Tomo. «Ces détournements nous inquiètent. C'est un crime», a ajouté devant la presse M. Tomo.

Le parquet mozambicain a déjà ordonné l'arrestation de trois personnes accusées d'avoir dérobé des sacs de riz, de farine, de haricots ou de soja, a indiqué le porte-parole. «De nombreuses autres affaires vont suivre», a-t-il ajouté. Le cyclone Idai a frappé de plein fouet le port de Beira et son demi-million d'habitants le 14 mars.

Ses pluies diluviennes et ses vents violents ont causé des destructions et des inondations massives qui ont fait, selon le dernier bilan, près de 600 morts et des centaines de milliers de sinistrés dans le seul Mozambique.

Agences onusiennes et ONG du monde entier ont accouru pour leur venir en aide. L'ONU a lancé un appel aux dons de 251 millions d'euros pour financer l'assistance d'urgence des trois prochains mois.

Le directeur de l'Institut mozambicain de gestion des situations d'urgence (INGC), Augusto Maita, a démenti vendredi toute implication de ses personnels dans les détournements d'aide, à la suite de mises en cause insistantes dans la presse.

«Nous distribuons de la nourriture»

«Aucun de nos salariés n'a pour l'heure été inculpé», s'est réjoui M. Maita auprès de l'AFP, évoquant plutôt le cas de «volontaires qui travaillent avec l'Institut». «Le danger de cette vague de désinformation, c'est qu'elle peut remettre en cause la confiance de ceux qui ont besoin d'aide dans les institutions du gouvernement», s'est-il inquiété, appelant la population à dénoncer toute infraction.

«Tout ce qui est donné l'est aux personnes qui en ont besoin», a pour sa part souligné le coordinateur de l'ONU sur place, Sebastian Stampa. «Nous distribuons de la nourriture à plus de 500.000 personnes alors, bien sûr, dans certains cas elle est récupérée par ceux qui n'en ont pas besoin», a-t-il concédé.

Outre la distribution d'aide d'urgence, ONU et ONG ont entamé dans les zones sinistrées une campagne de vaccination de près de 900.000 personnes pour y enrayer la propagation du choléra. Un quart d'entre elles avaient été vaccinées vendredi.

Selon un nouveau bilan diffusé vendredi, les autorités sanitaires ont recensé dans la région de Beira 2.424 cas de la maladie, qui se sont soldés par la mort de 5 patients. Le choléra se transmet par le biais d'eaux insalubres et provoque de graves diarrhées.

(nxp/afp)