Aquarius

14 juin 2018 10:17; Act: 15.06.2018 09:09 Print

Macron affirme qu'il n'a pas voulu offenser l'Italie

En pleine crise au sujet de l'accueil d'un bateau de migrants, le président du Conseil italien Giuseppe Conte est attendu à Paris vendredi.

Voir le diaporama en grand »
L'organisation Médecins sans frontières a lancé un appel aux gouvernements du monde pour que le navire humanitaire Aquarius obtienne un pavillon après la décision du Panama de lui retirer son immatriculation. (Jeudi 27 septembre 2018) Les 58 migrants secourus par l'Aquarius débarqueront à Malte, a annoncé le gouvernement maltais, avant d'être répartis dans d'autres pays européens. (Mardi 25 septembre 2018) Le gouvernement portugais a annoncé s'être mis d'accord avec la France et l'Espagne pour accueillir dix des 58 migrants qui se trouvent à bord de l'Aquarius. (Mardi 25 septembre 2018) Le navire Aquarius, qui transporte 58 migrants secourus à son bord, a demandé aux autorités françaises l'autorisation de débarquer à Marseille. (Lundi 24 septembre 2018) SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) ont vivement dénoncé dimanche «la pression» exercée par le gouvernement italien sur le Panama pour qu'il retire son pavillon à l'Aquarius. Ce navire humanitaire a été affrété par les deux ONG. (Dimanche 23 septembre 2018) L'Aquarius a reçu ce mardi 14 août le feu vert pour accoster à Malte. L'Aquarius faisait route dimanche vers l'Europe. Il n'a pas reçu confirmation d'un lieu sûr où accoster. (12 août 2018) L'Aquarius a secouru vendredi 141 personnes au large des côtes libyennes lors de sa première mission de reprise. (10 août 2018- Après un mois d'escale à Marseille, l'équipage du navire Aquarius a repris la mer mercredi après-midi pour poursuivre ses missions de sauvetage de migrants. (Mercredi 1er août 2019) L'ONG SOS Méditerranée a condamné mardi l'utilisation à des fins publicitaires d'une photo des migrants secourus par l'Aquarius par la marque de vêtements italienne Benetton. (Mardi 19 juin 2018) Les gardes-côtes libyens ont secourus 117 migrants en Méditerranée lundi. Au cours du sauvetage, trois femmes et deux enfants se sont noyés en tentant de monter dans le bateau. (Lundi 18 juin 2018) Angela Merkel juge positivement l'idée de gérer les demandes d'asile en Europe à partir de pays extérieurs comme la Libye. (Lundi 18 juin 2018) Les migrants sont fatigués de leur odyssée d'une semaine en Méditerranée, mais plein d'espoir. (Dimanche 17 juin 2018) Les 630 migrants de l'Aquarius ont débarqué dimanche dans le port de Valence, après une semaine d'errance en mer. (Dimanche 17 juin 2018) Le port de Valence, en Espagne, se prépare à accueillir l'Aquarius, ce dimanche. (Dimanche 17 juin 2018) Le navire humanitaire Aquarius affrété par les organisations SOS Méditerranée et MSF se rapproche de l'Espagne. (Samedi 16 juin 2018) Les gardes-côtes espagnols ont secourus près de 700 migrants en mer vendredi. Quatre migrants ont été retrouvés morts lors des opérations. (Vendredi 15 juin 2018) À Paris avec Emmanuel Macron, Giuseppe Conte a annoncé vouloir «créer des centres européens dans les pays de départ» afin de réguler l'arrivée des migrants. (Vendredi 15 juin 2018) Actuellement entre la Corse et la Sardaigne et en route vers l'Espagne, l'Aquarius a été ravitaillé en mer par les garde-côtes italiens. (Jeudi 14 juin 2018) Le navire humanitaire Aquarius et les deux navires italiens qui l'accompagnent se trouve désormais près des côtes de la Sardaigne. Les conditions météo sont mauvaises. (14 juin 2018) Le président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni a proposé d'accueillir l'Aquarius. (12 juin 2018) Pour rejoindre le port de Valence en Espagne, le bateau devra naviguer quatre jours. (12 juin 2018) Le ministre italien de l'Intérieur a crié victoire lundi après que l'Espagne eut annoncé son intention d'accueillir le navire. Il averti les autres navires des ONG qu'ils risquaient de connaître la même situation. (11 juin 2018) L'Aquarius est autorisé à gagner le port de Valence. «Il est de notre devoir de contribuer à éviter une catastrophe humanitaire.» (11 juin 2018) L'Espagne accepte de recevoir l'Aquarius. (11 juin 2018) Une crise diplomatique s'installe en Europe. Emmanuel Macron dénonce «la part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien» dans la gestion de l'Aquarius. (12 juin 2018) La Commission européenne appelle à un «règlement rapide» de la situation de l'Aquarius. (11 juin 2018) Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini refuse que l'Aquarius accoste dans un port de la Péninsule. Il a demandé à Malte de l'accueillir, qui refuse également. (Dimanche 10 juin 2018) Plusieurs centaines d'entre eux ont été repêchés par la marine italienne avant d'être transférés sur le navire de l'ONG, précise SOS Méditerranée. (Dimanche 10 juin 2018) Plusieurs centaines d'entre eux ont été repêchés par la marine italienne avant d'être transférés sur le navire de l'ONG, précise SOS Méditerranée. (Dimanche 10 juin 2018) L'ONG SOS Méditerranée annonce que 629 migrants, dont 123 mineurs non accompagnés, 11 autres enfants et sept femmes enceintes ont été recueillis au large de la Libye. Ils se trouvent désormais à bord de l'Aquarius. (Dimanche 10 juin 2018)

Sur ce sujet
Une faute?

Le président français Emmanuel Macron reçoit vendredi le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte pour tenter de clore une semaine de fortes tensions entre Paris et Rome provoquées par la crise migratoire qui frappe l'Europe en général et l'Italie en particulier.

Ces derniers jours ont été ponctués d'éclats de voix entre les deux pays, traditionnels alliés et membres fondateurs de l'Union européenne, à cause de l'errance de l'Aquarius, navire chargé de plus de 600 migrants clandestins que l'Italie et Malte ont refusé de laisser accoster.

M. Macron avait mis le feu aux poudres mardi en critiquant durement Rome, évoquant «la part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien», une alliance entre une formation populiste, le Mouvement Cinq Etoiles, et un parti d'extrême droite, la Ligue, récemment portée au pouvoir par les électeurs.

Souffleté, le gouvernement italien avait agité la menace d'une absence de M. Conte à la rencontre de Paris, deuxième sortie internationale du tout nouveau chef de gouvernement. Finalement, les deux hommes se sont parlé par téléphone dans la nuit de mercredi à jeudi, puis les deux exécutifs ont publié chacun de leur côté un communiqué identique confirmant la tenue de la réunion.

Il y était dit que M. Macron déclarait n'avoir «tenu aucun propos visant à offenser l'Italie et le peuple italien», manière de jouer l'apaisement sans s'excuser, permettant à chacun de sauver la face. Le dirigeant italien arrivera au palais présidentiel de l'Elysée vers 11h30 GMT pour un déjeuner avant une conférence de presse conjointe avec M. Macron vers 12h45 GMT.

L'UE divisée

Malgré la volonté d'apaisement, la racine de la crise franco-italienne est profonde, du fait de la déferlante migratoire sur l'Europe. L'ambassadeur de France à Rome a ainsi été convoqué deux fois en moins de deux mois au ministère italien des Affaires étrangères, et toujours à cause de la situation migratoire. Une fois cette semaine après la sortie de M. Macron, et une fois le 30 mars après le contrôle d'un migrant par des douaniers français en territoire italien, jugé inadmissible par les autorités à Rome.

De plus en plus de pays se braquent face à l'inconséquence de la gestion européenne de cette crise, et particulièrement l'Italie, un des points d'entrée des migrants. «Nous devons maintenant travailler à la réforme des règles de Dublin», a déclaré jeudi à Rome M. Conte. Ces règles imposent au pays européen ayant enregistré pour la première fois la demande d'asile d'un migrant de l'examiner jusqu'au bout, faisant peser sur les pays d'entrée du sud de l'Europe la majeure partie de la pression migratoire.

D'autant que l'UE est profondément divisée face à cette crise, certains pays refusant toute idée de quotas obligatoires de migrants, d'autres voulant s'organiser pour s'attaquer frontalement au problème, et tous ou presque faisant face à une montée de l'hostilité des électeurs face aux arrivées massives et à la cacophonie européenne.

Le président du Parlement européen, l'Italien Antonio Tajani, a récemment estimé que de la gestion des flux migratoires dépendait la «survie» de l'UE, tandis que la chancelière allemande Angela Merkel estime que c'est un «test décisif pour l'avenir» de l'Europe. MM. Macron et Conte pourraient aussi évoquer la situation à la frontière, à Vintimille, où se massent les migrants voulant gagner la France, et que les autorités françaises repoussent vers l'Italie.

La crise migratoire est tellement prégnante qu'elle va sans doute reléguer au second plan les autres sujets prévus lors de cette rencontre: les relations bilatérales prévues dans le traité du Quirinal, et les projets de réformes de la zone euro qui seront abordés lors du Conseil européen des 28 et 29 juin. Pendant ce temps, l'Aquarius continue sa traversée vers les côtes de l'Espagne, où le gouvernement socialiste estime que son «coup d'éclat» doit servir à faire «bouger» les autres pays européens, selon le ministre des Affaires étrangères Josep Borrell.

Mardi soir, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'est entretenu avec M. Borrell, proposant à l'Espagne d'accueillir en France une partie des migrants «répondant aux critères du droit d'asile» après leur débarquement à Valence.

(nxp/afp)