Grèce

14 mai 2012 17:44; Act: 14.05.2012 20:34 Print

Athènes dans l'impasse politique

La Grèce se dirigeait lundi, sauf compromis de dernière minute, vers de nouvelles élections, suspendue à une ultime réunion des dirigeants des partis pour tenter de former une coalition.

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Alexis Tsipras, chef de file de la Gauche radicale, a refusé de participer à des nouvelles tractations. (Photo: Keystone)

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Alexis Tsipras, chef de file de la Gauche radicale, a refusé de participer à des nouvelles tractations avec trois autres partis. Après un week-end de rencontres tous azimuts entre les dirigeants de tous les partis entrés au parlement lors des législatives du 6 mai et le président de la République Carolos Papoulias, ce dernier va de nouveau s'efforcer d'arracher «un consensus national» avant la décision de convoquer de nouvelles élections, qui selon la Constitution, devraient alors avoir lieu dans un mois.

M. Papoulias comptait réunir autour de la table lundi soir Antonis Samaras, dirigeant de la Nouvelle-Démocratie (droite), arrivé en tête du scrutin le 6 mai mais sans majorité, Evangélos Vénizélos (socialiste, Pasok) arrivé troisième et Fotis Kouvelis, chef du petit parti Gauche démocratique (Dimar), dernier du scrutin avec 6,1% des voix.

Les trois dirigeants, dont les partis regroupés ont la majorité des sièges au parlement grec, soit 168 sur 300, sont «en principe» d'accord pour la formation d'un gouvernement «oecuménique». Mais Fotis Kouvelis conditionne la participation de son parti à celle de Syriza, qui lui refuse toujours cette coalition.

Ce qui fait qu'«aucun gouvernement d'unité ne peut voir le jour», a anticipé M. Kouvelis sur la télévision privée Antenna. «Un gouvernement sans le Syriza n'aura pas le soutien nécessaire du peuple», souligne M. Kouvelis, ancien cadre du Syriza qui s'en est écarté en 2010 pour former Dimar, plus européen.

Pourparlers élargis

Lundi, le Syriza, qui pourrait selon les sondages devenir le premier parti du pays en cas de nouvelles élections, a réaffirmé qu'il ne se rendrait pas chez le président de la République et réclamé la publication des minutes des entretiens entre le président et les chefs de parti dimanche pour que le «peuple grec soit informé des intentions et des positions des partis».

Alexis Tsipras, qui a rejeté l'invitation présidentielle, a également exigé l'ouverture de pourparlers élargis à toutes les formations politiques, hormis l'Aube dorée d'extrême droite.

Cette rencontre intervient alors que l'incertitude en Grèce, et la situation en Espagne, seront une nouvelle fois à l'ordre du jour dans l'après-midi de la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.

Berlin tonne

Lundi, le premier avertissement est arrivé de Berlin, première économie européenne, qui prône la discipline budgétaire. Athènes doit respecter son engagement de poursuivre la rigueur et les partis grecs doivent s'efforcer «d'unir leurs forces pour constituer une majorité pérenne, un gouvernement pérenne», a déclaré le porte- parole de la chancelière allemande Angela Merkel, Steffen Seibert.

La Commission a cherché à tempérer ce climat lourd. «Nous espérons que la Grèce restera dans l'euro (...) mais il est évidemment important que le pays respecte les engagements qu'il a pris», a insisté une porte-parole, Pia Ahrenkilde.

Reflétant ces inquiétudes, les bourses européennes ont rouvert à la baisse lundi à la suite d'une semaine difficile, au cours de laquelle les dirigeants européens ont de nouveau agité le spectre de la sortie du pays de l'euro.

Elle réclame à la place des pourparlers réunissant l'ensemble des forces politiques du pays, sauf le parti Aube dorée (Chryssi Avyi) d'extrême droite qui a fait son entrée au Parlement avec près de 7% des voix et 21 députés.

(ats)