Crise migratoire

10 février 2016 19:08; Act: 10.02.2016 20:01 Print

Athènes et Rome doivent se préparer

L'Union européenne a prié les deux pays d'accélérer leurs préparatifs avant l'été, anticipant une nouvelle vague d'arrivée de migrants en provenance de Libye.

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Pros de 800'000 migrants ont transité l'année dernière en Grèce. (Photo: DR/Photo d'illustration)

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Dans un rapport d'évaluation des progrès effectués par Rome et Athènes, l'Union relève qu'en Italie, seuls deux des six centres d'accueil et d'enregistrement prévus sont opérationnels alors que les plans de deux autres n'ont même pas été achevés.

Quant à la Grèce, elle doit améliorer certains domaines comme «les capacités et les conditions d'accueil, l'accès à la procédure de demande d'asile, (la possibilité de faire) appel, et l'aide juridique». La Commission note cependant qu'Athènes a amélioré ses capacités d'enregistrement et ses infrastructures pour loger et transférer les migrants.

Colère grecque

Dans ce pays qui se débat pour sortir d'une crise économique majeure et par lequel plus de 800'000 migrants ont transité l'année dernière, un seul des cinq centres d'enregistrement - appelés «hot spots» - est prêt. Deux centres de relocalisation sur le continent compléteront le dispositif. La Grèce n'en compte qu'un pour l'instant, sur l'île de Lesbos.

Athènes a promis lundi que les cinq hot spots prévus seraient bien ouverts au 15 février sur les îles grecques les plus proches de la Turquie. Mais les habitants ne l'entendent pas toujours de cette oreille. Ainsi, un millier de manifestants se sont rassemblés mercredi à Kos contre l'ouverture d'un de ces centres qui «va porter un nouveau coup au tourisme», selon le maire de l'île Yorgos Kyritsis.

De son côté, le premier ministre grec, Alexis Tsipras a fustigé la confusion qui s'est installée au sein de l'Union sur la question des migrants. Il a dit s'attendre à ce que l'Union européenne tienne aussi ses propres engagements alors qu'il promettait à nouveau que la Grèce serait prête dès la semaine prochaine.

Relocalisations rarissimes malgré les promesses

Bruxelles aussi a rappelé aux 28 Etats membres leurs obligations en matière de répartition des réfugiés.

Selon le dernier recensement de la Commission, seuls 218 candidats ont été «relocalisés» depuis la Grèce et 279 depuis l'Italie alors que l'été dernier, les 28 s'étaient mis d'accord sur l'accueil de 160'000 personnes arrivées en Grèce et en Italie. Or, seuls 15 Etats membres se sont proposés, soit un peu plus de 2000 places rendues disponibles, regrette Bruxelles.

«J'ai écrit une lettre (...) avec un message clair et fort pour rappeler (aux différents ministres de l'Intérieur, ndlr) qu'ils sont liés par les décisions sur la répartition des réfugiés, qui doivent être appliquées immédiatement face à l'urgence de la situation», a souligné Dimitris Avramopoulos, commissaire européen chargé de la Migration.

Le commissaire européen a également souligné ses attentes envers Ankara. «Si la Turquie ne s'engage pas (...), il sera très difficile de gérer la situation. La Turquie, si elle le veut vraiment, peut faire son travail sur le terrain: combattre les passeurs et endiguer les flux», a également estimé M. Avramopoulos.

Trois mois pour agir

Dès vendredi, jour où la décision des représentants devrait être adoptée par les gouvernements européens, la Grèce aura trois mois pour appliquer la deuxième série de recommandations de l'UE. En mai expirent en effet les dérogations accordées au traité de création de l'espace Schengen.

Suite à cela, les Etats qui en sont membres pourraient réinstaurer le contrôle des frontières jusqu'à deux ans comme le prévoit une disposition exceptionnelle du traité de Schengen. Certains, dont l'Allemagne, ont déjà pris cette mesure en réponse à l'afflux massif de migrants en provenance de Grèce.

(nxp/ats)