Attentat en Afghanistan

17 septembre 2019 11:25; Act: 18.09.2019 12:51 Print

Un meeting du président Ghani vire au carnage

Un attentat-suicide à proximité immédiate d'une réunion de campagne électorale tenue par l'actuel chef du gouvernement, a fait des dizaines de morts.

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Les restes de la moto du kamikaze. (Photo: Keystone)

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Au moins 48 personnes ont été tuées mardi en Afghanistan lors de deux attentats suicides, l'un contre un meeting électoral du président Ashraf Ghani et l'autre à Kaboul, tous deux revendiqués par les talibans qui considèrent le scrutin présidentiel prévu le 28 septembre comme illégitime.

La première attaque, menée par un kamikaze à moto, s'est produite en fin de matinée à Charikar, une localité de la province de Parwan à une heure de route au nord de la capitale, a indiqué Nasrat Rahimi, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

L'explosion, qui est survenue près du premier barrage donnant accès au meeting électoral, a fait «26 tués et 42 blessés», a-t-il dit. Parmi les victimes figurent «des femmes et des enfants», a précisé le directeur de l'hôpital de Parwan, Abdul Qasim Sangin. Le président Ghani en revanche n'a pas été blessé.

Un autre attentat suicide est survenu un peu plus d'une heure plus tard dans le centre de Kaboul. Selon des photos de services de sécurité privée, il s'est produit près d'un centre de recrutement de l'armée. «Vingt-deux personnes, dont six membres des forces de sécurité, sont mortes et 38 ont été blessées dans cet attentat terroriste», oeuvre d'un kamikaze, a dit le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Là encore, «des femmes et des enfants» font partie des victimes.

Les talibans revendiquent

Les talibans ont revendiqué les deux attaques, rappelant avoir sommé la population de ne pas participer aux réunions électorales en vue de la présidentielle du 28 septembre. Un «moudjahidine de (la province de) Paktika a mené une attaque suicide contre l'administration du personnel du ministère de la Défense à Kaboul [...] en tuant des dizaines et en blessant des dizaines» de personnes, ont-ils indiqué dans un communiqué.

Ils ont aussi revendiqué l'attentat à Parwan, déclarant que «l'attaque visait une réunion faisant la promotion des élections fantoches». «Nous avions déjà prévenu les gens de ne pas participer aux réunions électorales, et s'ils y subissent des pertes c'est sous leur responsabilité», ont-ils ajouté.

L'attentat de Parwan est le plus meurtrier à viser directement la campagne électorale depuis son lancement le 28 juillet. Une attaque, ayant fait 20 morts, avait visé ce jour-là les bureaux de l'Afghanistan green trend (AGT), un mouvement politique fondé par Amrullah Saleh, présent sur la liste d'Ashraf Ghani en position de premier vice-président.

Un regain de violence attendu

Sur une photo prise par un journaliste local à Parwan, on voit les restes d'une moto calcinée, sur laquelle se trouve un corps recouvert d'une couverture, contre une voiture de police gravement endommagée. Des pompiers nettoient le sol alentour avec une lance d'incendie.

Selon une porte-parole du gouverneur de la province, Wahida Shahkar, «l'explosion est survenue pendant que Ashraf Ghani s'adressait à ses partisans. Il est sain et sauf.» Elle a ajouté que personne dans son équipe n'avait été atteint.

Les talibans ont annoncé au début de la campagne électorale qu'ils feraient tout pour perturber le scrutin. Ils ne reconnaissent aucune légitimité aux autorités afghanes, avec lesquelles ils ont toujours refusé le dialogue. De nombreux observateurs s'attendaient à un regain de violence de leur part après la récente rupture par le président américain Donald Trump des négociations avec le mouvement taliban sur un retrait progressif des forces américaines.

Condamnation américaine

La décision de Washington est intervenue après l'attentat du 5 septembre à Kaboul, lui aussi revendiqué par les talibans, qui avait fait douze morts dont un soldat américain. Alors que le gouvernement américain s'était montré discret dans ses condamnations de précédentes attaques pendant qu'il négociait avec les insurgés, le secrétaire d'État Mike Pompeo a accusé mardi les talibans de «démontrer leur mépris flagrant pour le peuple et les institutions» de leur pays.

«Pour que les Afghans puissent vraiment se réconcilier, les talibans doivent commencer par prouver un attachement sincère à la paix plutôt que de continuer sur la voie de la violence et de la destruction», a-t-il insisté dans un communiqué.

(nxp/ats/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Espoir le 17.09.2019 11:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Au nom de quoi?

    Quand cette sauvagerie entre êtres humains va cesser!

  • TAGADA le 17.09.2019 12:31 Report dénoncer ce commentaire

    Métier risqué !

    On comprend pourquoi l'ancien roi n'avait plus voulu du trône. L'homme des soviétiques, le président Najibullah avait plutôt mal fini, l'actuel président est il vu comme l'homme des américains ?

  • A. Thé le 17.09.2019 19:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je n'ai rien dire

    Sur ces deux attentats. Par contre je suis profondément choqué et indigné de votre article sur le charisme d'Abdeslam. Sur ce visage haineux et stupide je retrouve les mêmes signes que sur celui de Charles Manson. Ouvrez donc les commentaires sur cet article.

Les derniers commentaires

  • Jacko le 17.09.2019 21:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Faiblesse

    Quand on a fait la guerre toute sa vie, contre les russes, les américains, et autres, qu'est-ce qu'on peut faire d'autre? Il n'y a rien d'autre à faire en Afghanistan dans les montagnes... alors ça sera la guerre... Aveu de faiblesse morale et manque d'éducation.

    • Rami le 17.09.2019 23:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jacko

      C'est drôle vous citez que des barbares qui viennent les agresser dans leur propre pays mais ce sont les afghans les brutes. Le peuple afghan est un peuple fier, jamais il a été défait. Pour reprendre une séquence du film Rambo. Une prière d'un ennemi a dit: Puisse Dieu nous protéger du venin du cobra, des crocs du tigre et de la vengeance de l'afghan. Tu sais ce que ça veut dire ? Rambo : Qu'il faut pas vous emmerder ? Oui c'est ça !!!

  • Geneviève Tabouis le 17.09.2019 21:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et dire

    que ce sont les USA qui ont mis les Talibans au pouvoir, tout cela parce qu'ils execrent le communisme. Sans eux l Afghanistan serait resté un etat paisible.

  • A. Thé le 17.09.2019 19:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je n'ai rien dire

    Sur ces deux attentats. Par contre je suis profondément choqué et indigné de votre article sur le charisme d'Abdeslam. Sur ce visage haineux et stupide je retrouve les mêmes signes que sur celui de Charles Manson. Ouvrez donc les commentaires sur cet article.

  • Circo Loco le 17.09.2019 18:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aucun accord...

    ...n'est possible avec les talibans ils veulent un accord en tuant des centaines de gens. Trump lui veut foutre le camp donc les conséquences de son départ il s'en fout complètement.

  • Ghz le 17.09.2019 18:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Atrocités

    Une honte pour l humanité ces Afghans. Rien de bon à attendre de ces gens là. L histoire l a montré et le démontrera encore. Seule exception : le commandant Massoud

    • Ahmad le 18.09.2019 14:33 Report dénoncer ce commentaire

      Pauvre peuple

      Commentaire hyper constructif bravo! Ce pays ne connaît que la guerre depuis 1979 et vous n'avez rien de mieux à faire qu'insulter ce pauvre peuple.... quant au commandant Massoud, vous oubliez peut être qu'une grande partie de la destruction de Kaboul est son oeuvre lors de son combat contre Hekmatyar et qu'il n'est de loin pas le seul résistant ....