Syrie

23 décembre 2011 18:00; Act: 23.12.2011 18:17 Print

Attentats sanglants à Damas

Au moins 40 personnes ont été tuées et 150 blessées vendredi dans deux attentats suicide à la voiture piégée à Damas au lendemain de l'arrivée de la mission arabe préparant la venue d'observateurs. Les autorités attribuent l'attaque à Al-Qaïda.

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Ces attaques sont les plus meurtrières depuis le début du mouvement populaire contre le régime du président Bachar al Assad, violemment réprimé par les autorités depuis neuf mois.

Elles ont eu lieu à quelques minutes d'intervalle dans le quartier de Kafar Soussé, dans l'ouest de la capitale. Elles ont visé la Direction de la sûreté générale, le plus important service de renseignement civil, ainsi qu'un bâtiment de la sécurité militaire.


Al-Qaïda en ligne de mire


Les premiers éléments, selon la télévision d'Etat, désigneraient la piste Al-Qaïda. Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, le Liban avait prévenu Damas cette semaine de l'infiltration d'éléments d'Al-Qaïda en territoire syrien.

«Le terrorisme a voulu que le premier jour des observateurs à Damas soit une journée tragique mais le peuple syrien fera face à la machine à tuer soutenue par les Européens, les Américains et certaines parties arabes», a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Meqdad sur le lieu de l'un des attentats.

«C'est le premier cadeau du terrorisme et d'Al-Qaïda mais nous allons faciliter au maximum la mission de la Ligue arabe», a-t-il insisté.

Le Conseil national syrien (CNS), qui réunit les opposants au président Assad, a mis en garde contre une manipulation du régime. «Nous soupçonnons le régime d'avoir organisé (les attentats) lui- même», a dit Basma Qadamni, porte-parole du CNS.

La mission se poursuit

M. Meqdad était accompagné sur les lieux du drame de Samir Seif al-Yazal, un adjoint du secrétaire général de la Ligue arabe, arrivé jeudi à Damas pour diriger la mission de préparation avant la venue d'observateurs arabes. «Nous allons continuer notre travail», a assuré M. Yazal, tout en présentant ses condoléances aux proches des victimes.

Il a précisé que la mission avait commencé vendredi ses entretiens avec les autorités, et qu'elle devait rencontrer samedi le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem. Un premier groupe de 30 à 50 observateurs arabes doit arriver dimanche pour suivre l'application d'un plan de sortie de crise après plus de neuf mois d'une révolte violemment réprimée.

A Washington, le département d'Etat a condamné ces attentants. «Rien ne peut justifier le terrorisme d'aucune sorte et nous condamnons ces actes», dit Mark Toner, porte-parole du département d'Etat américain, dans un communiqué. Les attentats commis à Damas ne doivent pas remettre en cause la mission des observateurs arabes, a-t-il poursuivi.

Le mouvement chiite libanais Hezbollah, allié du régime de Bachar al-Assad, a accusé pour sa part les Etats-Unis d'être derrière les attentats. Le président libanais Michel Sleimane a lui téléphoné à son homologue syrien pour dénoncer «les attaques terroristes».

Et la répression continue

La répression de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad se poursuivait par ailleurs, avec onze civils tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

A l'ONU, les tensions entre les puissances occidentales et la Russie se sont accentuées, les Occidentaux accusant Moscou de tenter de «détourner l'attention» de Damas en demandant une enquête sur l'action de l'OTAN en Libye.

Les pays occidentaux continuent toutefois de renforcer leurs sanctions à l'encontre de la Syrie, comme le Canada qui a annoncé vendredi une nouvelle série de mesures en raison de la répression sanglante de l'opposition.

Quant aux sanctions appliquées par la Suisse, elles ont permis le gel de 50 millions de francs (contre 45 millions au début décembre), a indiqué vendredi le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). Cela correspond aux «avoirs syriens bloqués en Suisse depuis l'établissement des sanctions en mai 2011», a indiqué une porte- parole du SECO, Marie Avet.

(ats)