Géopolitique

24 février 2019 00:55; Act: 24.02.2019 00:55 Print

Au Cachemire, l'Inde montre ses muscles

L'Inde a renforcé sa présence militaire au Cachemire, où a eu lieu un attentat-suicide il y a dix jours, mettant en garde le Pakistan.

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Des forces de sécurité patrouillent à Karan Nagar. (Photo: AFP)

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Les autorités indiennes ont arrêté des dizaines de dirigeants musulmans et envoyé des milliers de paramilitaires en renfort samedi dans le Cachemire indien. Le Premier ministre Narendra Modi a renouvelé ses mises en garde au Pakistan concernant un attentat-suicide attribué à des insurgés basés dans ce pays.

Des habitants du Cachemire indien ont fait état samedi d'un renforcement des activités militaires dans la région. Quelque 10'000 paramilitaires ont commencé à arriver samedi dans le Cachemire, le lendemain d'une décision de New Delhi d'y envoyer des renforts.

Les tensions se sont aggravées entre les deux pays après un attentat-suicide à la voiture piégée au Cachemire indien qui a coûté la vie à 41 paramilitaires indiens le 14 février. L'attaque a été revendiquée par le groupe islamiste Jaish-e-Mohammed (JeM), établi au Pakistan.

«Colère» indienne

L'Inde accuse le Pakistan de soutenir en sous-main les infiltrations de militants islamistes et la rébellion armée, ce qu'Islamabad a toujours démenti. L'attentat du 14 février a suscité une vague de colère en Inde et des appels demandant à M. Modi d'ordonner des représailles.

Samedi, le Premier ministre indien a souligné que le pays était «en colère» après l'attentat. «Nous n'allons pas rester assis tranquillement (...) Nous savons comment écraser le terrorisme», a-t-il dit. «Nous avons donné à l'armée toute liberté» d'agir, a-t-il ajouté lors d'un rassemblement dans l'Etat du Rajasthan.

Arrestations «massives»

Par ailleurs, des chefs du Jamaat-e-Islami, l'organisation religieuse la plus importante de la région, et de la Conférence Hurriyat, une coalition de partis politiques locaux qui soutiennent les revendications des musulmans du Cachemire, ont été arrêtés.

«La police et d'autres agences ont lancé des opérations d'arrestations massives et mené des incursions dans de nombreuses maisons dans la vallée, arrêtant des dizaines de dirigeants» de ces organisations, a indiqué le Jamaat dans un communiqué. Il a précisé que parmi les personnes arrêtées figurait Abdul Hamid Fayaz, une des principales figures du mouvement .

Les commerces étaient fermés samedi dans le Cachemire, certains pour protester contre les arrestations, d'autres de crainte d'un conflit entre l'Inde et le Pakistan. Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a prévenu l'Inde que son pays riposterait s'il était attaqué. Vendredi, le président américain Donald Trump a qualifié de «très dangereuse» l'escalade des tensions entre l'Inde et le Pakistan.

(nxp/ats)