Pakistan

17 décembre 2014 20:44; Act: 17.12.2014 21:16 Print

Au coeur du carnage taliban, un silence de mort

Des livres, des cahiers et des crayons jonchaient mercredi le sol baignant dans le sang de la centaine d'élèves morts dans l'école de Peshawar attaquée mardi par un commando taliban.

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13.08 Un tribunal militaire antiterroriste pakistanais a condamné à la peine capitale six hommes impliqués dans le raid des talibans contre une école de Peshawar, qui avait fait plus de 150 morts en décembre. 13.02 Un commando taliban a attaqué vendredi une mosquée chiite de Peshawar et fait au moins 16 morts et 67 blessés lors de la grande prière hebdomadaire, nouvelle attaque sanglante contre cette minorité religieuse régulièrement visée au Pakistan. 12.02 L'armée pakistanaise a annoncé jeudi avoir arrêté douze personnes appartenant à un groupe taliban qui serait impliqué dans l'attaque meurtrière contre une école de Peshawar en décembre. L'attentat avait fait 153 morts, dont une majorité d'enfants. 12.01 Les écoles pakistanaises ont rouvert leurs portes lundi pour la première fois depuis le raid d'un commando taliban contre un établissement scolaire de Peshawar. Cette attaque était la plus meurtrière de l'histoire du pays avec 150 tués. 25.12 Les responsables politiques du Pakistan ont décidé mercredi d'instaurer des tribunaux militaires pour les affaires de terrorisme, a annoncé le Premier ministre Nawaz Sharif. 23.12 Amnesty International a qualifié de «très préoccupante» et de «forte régression» la décision du Pakistan d'exécuter 500 prisonniers, accusés de terrorisme. Malik Ishaq (photo), chef d'un des groupes islamistes sectaires les plus violents du pays, devrait lui sortir de prison jeudi. 21.12 La branche d'Al-Qaïda en Asie du Sud a déclaré dimanche avoir «le coeur brisé» par le massacre de 149 personnes, majoritairement des écoliers, par des talibans à Peshawar. 18.12 Les rescapés de l'attaque des talibans dans une école de Peshawar ont promis jeudi de «venger» la mort de leurs proches, notamment en retournant en classe le plus tôt possible. Eman, qui a survécu à la tuerie en se cachant sous une table, fait la fierté de son papa. 17.12 Le plancher de l'auditorium de cet établissement scolaire de Peshawar, grande ville poussiéreuse du Nord-Ouest du Pakistan, est encore recouvert de flaques de sang séché, au lendemain de l'attaque des talibans. Des livres, des cravates, des pull-overs et des cahiers de notes sont abandonnés à jamais sur le sol, les écoliers ne viendront pas les récupérer. La veille, ils étaient pourtant là, bien vivants, pour suivre une formation les préparant à un avenir qu'ils imaginaient plein de promesses. Mais un commando islamiste du TTP, le même groupe qui avait tenté d'assassiner la jeune Malala il y a deux ans, a fait irruption, déguisé en paramilitaires. Les talibans, dont le nom signifie pourtant étudiants en religion, n'ont pas posé de questions et ont semé la mort en criblant de balles écoliers et professeurs horrifiés. Un commando taliban a attaqué mardi une école pour enfants de soldats de Peshawar, principale ville du nord-ouest du Pakistan, provoquant un carnage qui a fait au moins 140 morts dont une centaine d'élèves. L'assaut a été revendiqué par le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), principal groupe rebelle islamiste du pays, qui a indiqué vouloir ainsi venger l'offensive militaire, baptisée Zarb-e-Azb, en cours contre lui dans la région. Cette attaque est l'une des plus sanglantes perpétrées par le TTP, proche d'Al-Qaïda et qui combat le gouvernement depuis 2007, et l'une des plus fortes symboliquement car visant des enfants de ses ennemis soldats et officiers.

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Ils ne reviendront plus jamais en classe, ne riront plus jamais dans la cour de récréation et ne pleureront plus jamais après un examen. Dans l'école publique de l'armée pakistanaise, les cris se sont tus et les rêves des écoliers se sont évanouis pour faire place à un silence de mort qui n'est interrompu que par le bruit des bottes des soldats pakistanais, au lendemain de l'attaque la plus meurtrière de l'histoire du Pakistan, fatale à 148 personnes.

Abandonnés à jamais

Le plancher de l'auditorium de cet établissement scolaire de Peshawar, grande ville poussiéreuse du Nord-Ouest du Pakistan, est encore recouvert de flaques de sang séché. Des livres, des cravates, des pull-overs et des cahiers de notes sont abandonnés à jamais sur le sol, les écoliers ne viendront pas les récupérer.

La veille, ils étaient pourtant là, bien vivants, pour suivre une formation les préparant à un avenir qu'ils imaginaient plein de promesses. Mais un commando islamiste du TTP, le même groupe qui avait tenté d'assassiner la jeune Malala il y a deux ans, a fait irruption, déguisé en paramilitaires.

Les talibans, dont le nom signifie pourtant étudiants en religion, n'ont pas posé de questions et ont semé la mort en criblant de balles écoliers et professeurs horrifiés.

Morte carbonisée

A l'approche du commando, la directrice de l'école s'est enfermée dans les toilettes pensant échapper à un funeste destin, mais les talibans ont ouvert une conduite de ventilation pour y lancer une grenade. Elle a été retrouvée, morte, carbonisée, sur une chaise, selon l'armée.

D'autres doivent leur survie en ayant fait semblant d'être morts, en se faisant passer pour des cadavres, comme les jeunes Shahrukh Khan ou Ahmad Faraz. «Mon corps tremblait, j'ai vu la mort de si près, je n'oublierai jamais ces grosses bottes noires (des talibans), comme si c'était la mort elle-même qui me traquait», confie Shahrukh, blessé par balle aux jambes.

Piétiné par ses camarades

Lorsque les talibans sont enfin partis, «il y avait un silence presque total» dans la classe, raconte Ahmad. «Je me suis précipité hors de la classe avec d'autres écoliers blessés.... une course folle a alors commencé vers la sortie (de l'école), je saignais, je suis tombé et j'ai été piétiné par mes camarades».

Dans cet établissement scolaire moderne, fréquenté par des enfants de militaires mais aussi de civils, âgés de 10 à 20 ans, les murs sont aujourd'hui maculés de sang, criblés d'impacts de balle.

Les bureaux de la direction ont quant à eux été complètement ravagés. C'est là, que le commando de six talibans a trouvé la mort dans son dernier combat contre les forces spéciales.

Les yeux rivés sur l'armée

Une pièce est désormais ensevelie sous un chaos de verre brisé, de cartouches de fusil, d'ordinateurs éventrés. Plus loin, deux pieds nus gisent sur le sol. Dans un coin, des médailles et des trophées s'entassent pour rappeler les exploits et les mérites des élèves.

Et des photos d'écoliers ornent un grand tableau en bois portant l'inscription : «nous aimons nos braves soldats». Dans un Pakistan en deuil, ce sont les yeux de la nation tout entière qui sont aujourd'hui rivés sur l'armée pour qu'une telle tragédie ne se reproduise plus jamais.

(ats)