Séisme en Birmanie

25 mars 2011 06:50; Act: 25.03.2011 18:22 Print

Au moins 75 morts, plus de cent blessés

Le séisme de magnitude 6,8 qui a frappé l'Est de la Birmanie jeudi soir a fait au moins 75 morts et une centaine de blessés.

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Au moins 75 personnes ont été tuées et plus de 110 blessées par un violent séisme qui a frappé jeudi l'est de la Birmanie et semé la panique dans toute la péninsule indochinoise. L'ampleur des destructions pourrait n'apparaître avec précision que d'ici plusieurs jours.

La secousse de magnitude 6,8 est survenue en plein «triangle d'or», aux confins de la Birmanie, de la Thaïlande et du Laos, une zone montagneuse déjà difficile d'accès d'habitude et au coeur d'un actif commerce transfrontalier.

La secousse, qui s'est produite à une profondeur d'une dizaine de kilomètres, a été ressentie dans une très vaste zone, jusqu'à Hanoï, à l'extrême est de la péninsule, et dans la petite ville montagneuse de Dien Bien Phu, à 350 kilomètres de l'épicentre.

Bangkok, la capitale birmane Naypyidaw, située à plusieurs centaines de kilomètres plus au sud, Mandalay ainsi que Vientiane et des villes du Nord du Laos ont elles aussi tremblé. En Chine enfin, le séisme a provoqué des fissures dans des bâtiments, les craintes de réplique poussant de nombreux habitants à passer la nuit dehors.

Dizaines de victimes

Le bilan provisoire est monté à 74 morts et 111 blessés dans cinq communes distinctes, rien qu'en Birmanie, selon les estimations officielles. Chris Herink, directeur en Birmanie de l'ONG World Vision, a pour sa part état d'évaluations «non officielles» à 140 victimes. «La tendance est clairement inquiétante», a-t-il confié.

Quelque 400 habitations ont été emportées dans la zone de l'épicentre. Le séisme a aussi rasé des monastères bouddhiques et des bâtiments publics et concentré les dégâts entre les villes de Tachilek et Kengtung. En Thaïlande, la police a fait état d'un décès. Etrangement, ni la Thaïlande ni le Laos voisins n'ont souffert de dégâts majeurs.

Peu à peu les secours tentaient de s'organiser. «L'armée, la police et les autorités locales veulent chercher des blessés dans les zones affectées mais les routes sont toujours coupées», a indiqué une source birmane.

Zone isolée

L'ampleur de la catastrophe sera longue à déterminer, même si la junte semblait ne pas tenter de dissimuler le bilan. «L'isolement pourrait avoir limité l'impact du séisme mais il complique aussi la collecte d'information», a relevé Ben Phillips, de l'organisation Save the Children à Bangkok. «Ca pourrait prendre des jours».

World Vision, qui dispose d'une trentaine d'employés dans la région, a confirmé que «les zones rurales (étaient) sources d'inquiétude». L'ONG s'occupe de 7000 enfants soutenus par des donateurs étrangers. «Nous voulons nous assurer qu'eux et leurs familles sont en sécurité et leur offrir de l'aide, ainsi qu'à tous ceux qui ont des besoins humanitaires dans la région».

La Suisse a dépêché deux experts dans la région pour évaluer les besoins. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a pour sa part jugé «élevé» le risque de glissement de terrain et enregistré des informations faisant état de «perturbations sporadiques d'équipements de base, notamment l'électricité, l'eau et les télécommunications».

Le séisme est intervenu treize jours après celui qui a déclenché au Japon un tsunami destructeur, qui a fait plus de 27'000 morts et disparus. Mais Birmanie et Japon se trouvent sur des plaques tectoniques différentes et les deux séismes ne sont probablement pas liés.


(afp)