France

18 juillet 2014 20:36; Act: 18.07.2014 20:50 Print

Aubry critique sévèrement Hollande

L'ancienne patronne du parti socialiste est sortie vendredi de sa réserve pour critiquer sévèrement le président français, regrettant son manque de vision et de méthode.

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«Je n'admets pas qu'on caricature nos positions, qu'on fasse du chantage à nos amis», a prévenu Mme Aubry. (Photo: AFP/Pierre Andrieu)

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C'est la réforme territoriale et le rattachement envisagé de la Picardie à sa région du Nord-Pas-de-Calais qui a fait sortir de ses gonds Martine Aubry, qui avait affronté François Hollande lors de la primaire socialiste pour la présidentielle de 2012, mettant fin à son silence au plan national.

«Il n'est pas trop tard pour réussir le quinquennat, il n'est pas trop tard pour réussir la réforme de la décentralisation et cette réforme sur les régions», a-t-elle dit sans mâcher ses mots vendredi, au cours d'une conférence de presse. «Depuis deux ans, si dans tous les domaines on avait eu une grande vision et une méthode, nous aurions eu un peu moins de problèmes», a-t-elle renchéri.

«Je pense qu'on a fait de belles choses. Je pense qu'on en a loupé d'autres. Si on revient vers une vision de la société que nous voulons pour demain, nous avons une chance de réussir ce quinquennat pour la France et pour les Français», a-t-elle poursuivi. «Je n'aime pas les pressions sur les hommes, je n'aime pas les chantages et ce qu'on vit actuellement est un peu pénible. C'est aussi pour ça que j'ai décidé de m'exprimer. Je n'admets pas qu'on caricature nos positions, qu'on fasse du chantage à nos amis», a prévenu Mme Aubry.

Le président François Hollande a lancé début juin une réforme territoriale de la France, moins ambitieuse que prévue, prévoyant notamment une réduction du nombre des régions, avec l'objectif de faire des économies. Mais les grandes lignes de la réforme, véritable serpent de mer de la vie politique depuis des années dans un pays encore très centralisé, sont loin de faire consensus y compris à gauche, alors que le président socialiste connaît déjà une impopularité abyssale.

(afp)