Birmanie

29 juin 2011 08:50; Act: 29.06.2011 09:14 Print

Aung San Suu Kyi sommée d'arrêter la politique

Le régime birman a demandé à l'opposante Aung San Suu Kyi, dont le parti avait été dissous l'an dernier, d'arrêter toutes activités politiques.

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L'opposante birmane doit arrêter la politique pour se conformer à la loi. (Photo: Keystone/AP)

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Le régime birman a demandé à l'opposante Aung San Suu Kyi, dont le parti a été officiellement dissous l'an passé, de cesser ses activités politiques pour se conformer à la loi, dans une tribune du quotidien «New Light of Myanmar», considéré comme le porte-parole officiel.

Le ministre des Affaires intérieures a écrit à la Ligue nationale pour la Démocratie (LND, dissoute) de la lauréate du prix Nobel de la paix, lui indiquant qu'elle violait la loi en conservant le siège du parti ouvert et en émettant des communiqués.

«S'ils veulent vraiment accepter et pratiquer la démocratie efficacement, ils doivent cesser de tels actes qui peuvent porter atteinte à la paix, à la stabilité et à l'Etat de droit ainsi qu'à l'unité du peuple», a-t-il expliqué.

L'opposante libérée après le vote

La LND avait été dissoute l'an passé après avoir décidé de boycotter les élections législatives de novembre. Les cadres de la Ligue jugeaient que les lois électorales avaient été conçues pour en écarter l'opposante, qui n'a été libérée de résidence surveillée qu'après le vote.

Le scrutin, considéré comme une mascarade en Occident, a permis à la junte de convoquer un parlement avant de s'auto-dissoudre et de passer la main à un régime dit civil, mais qui reste contrôlé par les militaires.

Le généralissime Than Shwe a pris sa retraite du pouvoir, mais le nouveau président du régime est l'ex-général Thein Sein.

Mme Suu Kyi a récemment annoncé vouloir partir en tournée dans le pays. Le programme de ce voyage n'a pas encore été précisé. Mais l'hypothèse n'a manifestement pas été très appréciée.

Chaos et émeutes

«Nous craignons énormément que si Mme Aung San Suu Kyi effectue des voyages dans les régions du pays, cela entraîne le chaos et des émeutes, comme de précédents événements l'ont prouvé», a souligné le journal.

«Le gouvernement a dit que Mme Aung San Suu Kyi n'était qu'une personnalité publique ordinaire en accord avec la loi, mais qu'elle devait respecter l'Etat de droit».

En 2003, l'équipe de l'icone de la démocratie avait été agressée dans une embuscade semble-t-il orchestrée par la junte, alors effrayée par l'immense popularité de celle qui avait remporté haut-la-main les élections de 1990, sans jamais être autorisée à exercer le pouvoir.

Les Birmans envient le printemps arabe

Mardi, elle a estimé dans un message diffusé par la radio britannique BBC que le peuple birman «enviait» le printemps arabe.

«Envions-nous les peuples de Tunisie et d'Egypte? Oui, nous leur envions leur transition rapide et pacifique», a-t-elle déclaré.

«Mais plus que de l'envie, c'est un sens de la solidarité et de l'engagement renouvelé en faveur de notre cause, qui est la cause de toutes les femmes et de tous les hommes qui accordent de la valeur à la dignité humaine et à la liberté», a-t-elle ajouté.

Dans un message au congrès américain il y a une semaine, elle avait aussi demandé le soutien des élus à la création d'une commission d'enquête de l'ONU sur les droits de l'homme dans son pays.

(afp)