France

06 janvier 2016 14:21; Act: 06.01.2016 14:25 Print

Aurélie Châtelain, victime «oubliée» du terrorisme

Le meurtrier présumé d'Aurélie Châtelain, en avril, préparait un attentat contre «au moins» une église à Paris. Pourtant elle ne sera pas décorée de la Légion d'honneur à titre posthume, au grand dam de sa famille.

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07.01 Aurélie Châtelain tuée le 19 avril à Villejuif (Val-de-Marne) en marge du projet dattentat de Sid Ahmed Ghlam contre une église, sera décorée à titre posthume lors de la prochaine promotion de la Légion dhonneur. 06.01.2016 Le meurtrier présumé d'Aurélie Châtelain, en avril, préparait un attentat contre «au moins» une église à Paris. Pourtant elle ne sera pas décorée de la Légion d'honneur à titre posthume, au grand dam de sa famille. 25.06 Le Sacré-Coeur et un train bondé étaient visés par Sid Ahmed Ghlam, qui projetait un attentat dans deux églises en France en avril dernier. 25.04 La mère de Sid Ahmed Ghlam, mis en examen vendredi pour un projet d'attentat et pour l'assassinat d'une femme à Villejuif (Val-de-Marne) a exprimé samedi sa confiance en son fils. 23.04 L'enquête se concentre sur la recherche de complices de l'Algérien soupçonné d'avoir projeté une attaque contre une église catholique et d'avoir tué une femme. 22.04 Un Franco-Algérien de 24 ans, accusé de préparer un attentat «imminent» contre «une ou deux églises», a été arrêté dimanche à Paris, ont révélé mercredi les autorités. Sid Ahmed Ghlam, étudiant en informatique, était connu des services de renseignement pour ses «velléités de départ en Syrie» afin d'y rejoindre les rangs jihadistes, a déclaré à la presse M. Cazeneuve, en révélant son arrestation. La police a découvert dans son véhicule et à son domicile, dans une résidence étudiante dans le sud de Paris, un «arsenal composé notamment de plusieurs armes de guerre, d'armes de poing, de munitions, de gilets pare-balle et de matériel informatique et de téléphonie», selon le ministre. «Une documentation fournie a également été découverte établissant sans ambiguïté que l'individu projetait la commission imminente d'un attentat vraisemblablement contre une ou deux églises. Dimanche matin, cet attentat a été évité», a-t-il ajouté. L'arrestation s'est faite dans des circonstances rocambolesques, un peu par hasard: selon les premiers éléments de l'enquête, les services médicaux d'urgence sont appelés peu après 06H00 GMT dimanche, soit par l'homme lui-même, se disant blessé, soit par un témoin qui constate sa blessure. Il a en effet reçu une balle dans une jambe, et évoque alors, confusément, un règlement de comptes. Les enquêteurs, qui n'excluent pas qu'il se soit blessé lui-même, remontent les traces de sang et arrivent à son véhicule, où ils découvrent une partie de son arsenal. Plusieurs perquisitions et interpellations ont depuis été réalisées dans son entourage et sa famille, selon des sources policières. Mercredi matin, les forces de l'ordre ont ainsi arrêté à Saint-Dizier (est) une femme vêtue d'une burqa, selon un correspondant de l'AFP. Il s'agit d'une femme de 25 ans de son entourage très proche, vraisemblablement convertie à l'islam, selon une source proche de l'enquête. Ce Franco-Algérien est par ailleurs soupçonné d'être impliqué dans le meurtre par balles d'une jeune femme de 32 ans, retrouvée morte dans une voiture dimanche à Villejuif, dans la banlieue est de Paris, a ajouté M. Cazeneuve Un lien a en outre été établi entre l'arme du meurtre et Sid Ahmed Ghlam, selon une source proche du dossier. Le meurtre d'Aurélie Châtelain, venue du nord de la France en banlieue parisienne pour y suivre un stage de gymnastique, avait plongé ses proches dans la stupeur et restait mystérieux pour les enquêteurs. Son corps, marqué de trois impacts de balles, avait été retrouvé dans sa voiture au petit matin. «L'enquête déterminera les raisons du crime commis contre cette jeune femme», a indiqué le ministre.

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Le père d'Aurélie Châtelain, tuée le 19 avril à Villejuif en marge du projet d'attentat de Sid Ahmed Ghlam contre une église, s'est dit «déçu» mardi que sa fille n'ait pas été décorée de la Légion d'honneur. «Je suis déçu du fait qu'elle ne soit pas décorée», a déclaré Jean-Luc Châtelain sur Europe 1. «Depuis le mois d'avril, c'est quelque chose qui a été demandé par le maire, par beaucoup de gens», a-t-il poursuivi.

«C'est peut-être un oubli, en sachant qu'elle a sauvé quand même des centaines de vies et qu'elle y a laissé la sienne», a estimé M. Châtelain, ajoutant qu'il allait envoyer un courrier à l'Élysée à ce sujet. Vingt victimes et héros des attentats de janvier 2015 à Paris et de la tentative d'attaque à bord du Thalys en août figurent dans la promotion de la Légion d'honneur du 1er janvier publiée vendredi dans le Journal officiel, dont quinze à titre posthume.

Aurélie Châtelain, 32 ans, professeure de fitness du nord de la France, a été tuée le 19 avril à Villejuif, en banlieue parisienne. Son corps sans vie a été retrouvé dans sa voiture en flammes.
Le même jour, Sid Ahmed Ghlam a été arrêté fortuitement, après avoir été blessé dans des circonstances inexpliquées et avoir lui-même alerté le Samu. Il est soupçonné d'avoir tué par balle Aurélie Châtelain et d'avoir voulu attaquer une église à Villejuif (Val-de-Marne).

Colère et rancoeur

Les policiers avaient mis la main sur un arsenal dans sa voiture et sa chambre d'étudiant à Paris, dont quatre kalachnikov. Son ADN avait été retrouvé dans la voiture d'Aurélie Châtelain et du sang de la victime avait été retrouvé sur la parka qu'il portait. Les autorités avaient alors affirmé avoir «évité» un attentat contre au moins une église.

Le procureur de Paris, François Molins, avait affirmé que Ghlam, qui avait chez lui des documents sur les «organisations terroristes Al-Qaïda et État islamique», avait évoqué les «modalités de commission d'un attentat» avec une personne «pouvant se trouver en Syrie».

Pour Guillaume Denoix de Saint Marc, directeur général de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT), «il ne peut y avoir des victimes de seconde classe et des victimes de première classe, sinon c'est odieux». «Il y a un problème de cohérence, c'est de l'amateurisme. Ça crée de la colère et de la rancoeur chez les familles», a-t-il affirmé.


(20 minutes/afp)