Environnement

09 avril 2019 10:06; Act: 10.04.2019 08:07 Print

Australie: oui à un projet minier controversé

Le gouvernement australien a donné son feu vert à un projet de mine de charbon géante proche de la Grande barrière de corail et géré par la société Adani.

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Une manifestante est montée sur scène aux côtés du ministre australien Scott Morrison pour protester. (Photo: Keystone)

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Le très controversé projet de mine de charbon géante du conglomérat indien Adani, situé près de la Grande barrière de corail australienne, a été formellement approuvé par le gouvernement conservateur, une décision susceptible d'être remise en cause après les élections où l'opposition est donnée gagnante.

Le projet Carmichael, qui pèse plus de 20 milliards de dollars australiens (14,3 milliards de francs) est depuis son origine plombé par les problèmes judiciaires et réglementaires ainsi que par l'activisme d'organisations dénonçant sans relâche son impact environnemental. Il accuse de nombreuses années de retard.

Il doit encore obtenir l'aval des autorités locales ainsi que de l'État du Queensland (nord-est), où la mine serait creusée.

Le projet a été source de divisions jusqu'au sein de la coalition conservatrice. La population du Queensland est également partagée, entre ceux qui y défendent ses retombées économiques et ceux qui s'inquiètent des conséquences environnementales.

«Ce projet a été soumis au processus d'approbation le plus rigoureux qui ait jamais été conduit pour un projet minier en Australie», a déclaré dans un communiqué la ministre de l'Environnement Melissa Price, en annonçant la validation par le gouvernement de la partie du projet concernant les eaux souterraines. Il s'agissait de l'ultime feu vert requis des autorités fédérales.

Le directeur général d'Adani Australia Lucas Dow s'est félicité de cette décision en assurant que ce projet serait «durable sur le plan environnemental» et entraînerait la création de milliers d'emplois dans l'État.

Travaillistes tiraillés

L'approbation a été en revanche très critiquée par les organisations de défense de l'environnement, qui mettent en cause le fait qu'elle tombe quelques jours avant l'annonce de la date des élections fédérales, qui se tiendront le mois prochain.

Les écologistes font valoir que le charbon produit – 28 millions de tonnes de charbon thermique par an à destination de l'Inde – contribuera au réchauffement climatique global qui dégrade la Grande barrière. La matière première devra en outre transiter par un port proche du plus grand récif corallien au monde, accusent-ils.

«Les parlementaires de la coalition qui sont amoureux du charbon semblent avoir tordu le bras de la ministre de l'Environnement pour qu'elle accorde à Asani, à la veille de l'élection, l'accès aux précieuses nappes phréatiques du Queensland», a déploré dans un communiqué Christian Slattery, de la Coalition australienne pour la conservation. Il a précisé que des inquiétudes existaient sur la quantité d'eau souterraine que la mine utiliserait pour ses opérations.

L'opposition travailliste, qui est donnée gagnante lors du scrutin attendu en mai, est de son côté tiraillée entre les appels à soutenir l'emploi dans le Queensland et la frange écologiste de ses partisans.

Dans sa réaction au feu vert gouvernemental, le leader du parti Bill Shorten s'est d'ailleurs concentré sur les dissensions apparues au sein de l'Exécutif au sujet de la mine, se gardant bien de dire si, une fois aux affaires, il annulerait cette décision.

La Grande barrière de corail, classée au Patrimoine mondial, est déjà menacée par les ruissellements agricoles, le développement et la prolifération des acanthasters, étoiles de mer dévoreuses de coraux.

Elle vient de subir plusieurs graves épisodes consécutifs de blanchissement imputés au réchauffement climatique.

(nxp/afp)