Soudan

07 février 2011 18:21; Act: 07.02.2011 20:51 Print

Bachir entérine le résultat du référendum

Le président soudanais Omar Hassan al Bachir a officiellement reconnu lundi le résultat du référendum d'autodétermination par lequel le Sud-Soudan a opté pour l'indépendance.

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Le résultat ouvre la voie à la naissance en juillet d'un nouvel Etat en Afrique, salué par la communauté internationale.

Les résultats, affichés sur des écrans lors d'une cérémonie à Khartoum, montrent que sur les 3.837.406 votes valides, seulement 44.888, soit 1,17%, étaient en faveur du maintien de l'unité avec le Nord.

Cette annonce était une simple formalité puisque les résultats préliminaires complets publiés le 30 janvier avaient déjà indiqué que 98,83% des Sud-Soudanais avaient voté pour l'indépendance.

Le référendum, qui s'est tenu du 9 au 15 janvier et dont la communauté internationale a salué la crédibilité, était un élément clé de l'accord de paix qui avait mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile meurtrière entre le Nord, principalement musulman et arabe, et le Sud, principalement chrétien et noir.

A Juba, la principale ville du Sud-Soudan, des centaines de personnes rassemblées près du mausolée de John Garang, chef historique de la rébellion sudiste décédé en 2005, ont accueilli dans la joie l'annonce des résultats, retransmise via un écran.

Satisfaction à l'étranger

Le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué la «grande réussite» du référendum. Il a loué le gouvernement de Khartoum et celui du Sud- Soudan «pour avoir rempli leur engagement de maintenir la paix et la stabilité pendant cette période cruciale».

La cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton a elle souligné que «l'Union européenne souhaite développer un partenariat étroit et de longue durée avec le Sud-Soudan qui doit devenir un nouvel Etat» en juillet.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a indiqué que les Etats-Unis pressaient «les dirigeants sudistes et nordistes de continuer à travailler ensemble en vue d'une mise en application complète» de l'accord de paix de 2005.

Pour la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey, ce référendum constitue «un pas politique important vers l'instauration d'une paix durable». La Suisse entend continuer de soutenir, en tant que partenaire neutre, les deux parties dans leurs démarches visant à instaurer une paix durable.

Béchir accepte les résultats


Dans la matinée, le président soudanais Omar el-Béchir avait dit accepter les résultats du référendum et respecter le choix des Sud- Soudanais. «Nous nous engageons à maintenir les liens entre le Nord et le Sud» et «à maintenir de bonnes relations fondées sur la coopération», avait-il affirmé.

De son côté, le président de la région semi-autonome du Sud- Soudan, Salva Kiir, a souligné que l'indépendance du Sud n'était «pas la fin de la route, parce que nous ne pouvons pas être ennemis».

Il a promis de permettre la libre circulation des biens et personnes entre les deux pays, de coopérer sur la sécurité, de contribuer à faire annuler la dette étrangère du Soudan et à faire lever les sanctions économiques prises par les Etats-Unis contre Khartoum.

Séparation le 9 juillet

Selon les termes de l'accord, la séparation effective est attendue le 9 juillet. Les responsables nordistes et sudistes doivent d'ici là se mettre d'accord sur des dossiers sensibles, dont la délimitation des frontières, le partage des revenus du pétrole ou le statut de la région contestée d'Abyei.

Les deux parties doivent aussi s'accorder sur le statut des centaines de milliers de Sudistes vivant au Nord et des Nordistes installés au Sud.

A ces sujets sensibles s'ajoutent la démarcation de la frontière Nord-Sud, dont 20% demeure contestée, et la question d'Abyei, enclave revendiquée par la tribu sudiste Dinka Ngok et par celle, nordiste, des Misseriya.

Un référendum sur le rattachement d'Abyei au Nord ou au Sud était prévu le 9 janvier, mais il a été repoussé sine die.

(ats)