France

14 mai 2019 15:57; Act: 14.05.2019 15:57 Print

Balkany chipote sur son âge et énerve son avocat

Scène surréaliste lundi à l'issue de la première journée d'audience du procès pour fraude fiscale et blanchiment de Patrick et Isabelle Balkany.

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Plus de 13 millions d'euros dissimulés au fisc, de somptueuses villas au Maroc et dans les Caraïbes, des fonds «occultes» transitant par la Suisse, le Liechtenstein, Singapour... Le procès des époux Balkany, élus locaux de la banlieue parisienne, s'est ouvert lundi à Paris et se poursuivra bien mardi, après le rejet des demandes de renvoi.

Le tribunal a rejeté les demandes de renvoi des avocats de ce couple souvent présenté comme un symbole de la corruption et de l'avidité de certains élus. Les Balkany encourent jusqu'à 10 ans de prison et surtout des peines d'inéligibilité. Aux yeux des juges français, l'absence de Mme Balkany, 71 ans, toujours hospitalisée après avoir ingéré des médicaments début mai, n'empêche pas la tenue du procès car elle a «accepté d'être représentée par ses conseils».

Tonitruant maire Les Républicains (droite) de Levallois-Perret, une riche commune de l'ouest parisien, Patrick Balkany, 70 ans, est arrivé sans dire un mot, escorté par ses avocats sous une nuée de caméras. En l'absence de son épouse - première adjointe de la mairie - mais aussi des quatre autres prévenus, dont leur fils Alexandre, l'élu a pris place seul au premier rang d'une salle comble. Ses avocats avaient plaidé pour le renvoi de ce procès prévu pour six semaines. Patrick Balkany «a envie d'être auprès de sa femme», «c'est lui qui la découvre inanimée, qui la croit morte», a plaidé son avocat Eric Dupond-Moretti.

L'unité avocat-client semblait moins palpable à l'issue de l'audience, comme le raconte l'émission Quotidien. Me Eric Dupont-Moretti évoquait la santé d'Isabelle Balkany, toujours hospitalisée: «Madame Balkany est dans un état psychologique très fragile, c'est incontestable. Son mari, qui a 71 ans, l'a découverte inanimée et la pensait morte...» C'est alors qu'il a été interrompu par Patrick Balkany: «71 bientôt, ne me vieillissez pas. 70, ça me suffit!».

«Ouais, c'est pas bien grave», rétorque l'avocat. Mais le maire persiste: «Si, si, je le dis quand même, vous verrez quand...» Dupont-Moretti se tourne alors vers son client pour lui murmurer à l'oreille. «Allez, faites votre déclaration», conclut Balkany.

(20 minutes/afp)