Birmanie

01 mai 2012 07:12; Act: 01.05.2012 11:25 Print

Ban Ki-moon a rencontré Aung San Suu Kyi

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui rencontrait mardi Aung San Suu Kyi pour la première fois, a salué son sens du compromis.

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Ban Ki-moon et Aung San Suu Kyi mardi à Rangoun. (Photo: AFP)

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L'opposante birmane a accepté de mettre fin à une impasse politique pour prêter son serment de députée et intégrer enfin le parlement.

«Les véritables dirigeants font preuve de flexibilité pour la cause supérieure du peuple», a estimé M. Ban lors d'une conférence de presse à l'issue de leur entretien à Rangoun. «C'est ce qu'elle a fait (...) et j'admire et respecte vraiment sa décision», a-t-il ajouté.

Lundi, la lauréate du prix Nobel de la paix avait annoncé qu'elle acceptait finalement de prêter serment, devant un Parlement dominé par les militaires et ses alliés, de «sauvegarder» la Constitution de 2008.

Le texte, qui arroge d'immenses pouvoirs à l'armée, avait été adopté par référendum une semaine après le passage du cyclone Nargis (138'000 morts ou disparus). L'opposante a fait de sa réforme une de ses priorités et a tenté d'obtenir que les nouveaux députés ne promettent que de la «respecter» et non de la «sauvegarder».

Premier choix politique majeur

Mais devant le risque d'un blocage qui menaçait le fragile équilibre politique actuel, elle devrait prêter serment mercredi dans l'hémicycle, avec ses collègues de la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Sa décision initiale, la semaine dernière, de bouder le parlement sur cette querelle de vocabulaire avait été le premier signe de discorde avec le nouveau gouvernement, depuis les élections partielles du 1er avril qui ont fait de la LND la première force d'opposition du pays.

Celle de céder restera probablement comme son premier choix politique majeur de députée, après plus de vingt ans de confrontation avec la junte alors au pouvoir, dont une majorité privée de liberté.

L'opposante invitée à l'ONU

Ban Ki-moon devait quitter la Birmanie mardi soir après avoir invité la chef de dille de l'opposition à visiter les Nations unies à New York, et être devenu la veille le premier étranger à prononcer un discours devant le Parlement birman.

A cette occasion, le secrétaire général de l'ONU avait apporté lundi un soutien appuyé au président Thein Sein. La communauté internationale «doit faire plus», avait-il déclaré, en l'appelant «à aller encore plus loin dans la levée, la suspension ou l'allégement des restrictions commerciales et autres sanctions».

Le Sud-Coréen n'a pour autant pas été entièrement suivi sur ce dossier par son interlocutrice, partisane d'une levée progressive des sanctions.

L'Union européenne a récemment suspendu pour un an toutes ses sanctions, à l'exception de l'embargo sur les armes, et la Suisse devrait suivre. Mais les Etats-Unis n'ont fait qu'alléger certaines restrictions et promis de nommer rapidement un ambassadeur, excluant pour l'instant la levée pure et simple des sanctions.

(afp)