Tunisie

20 juin 2011 10:58; Act: 20.06.2011 15:18 Print

Ben Ali affirme n'avoir pas pris la fuite

L'ex-président Ben Ali doit rendre des comptes à la justice tunisienne. Son procès s'est ouvert dès lundi, à Tunis.

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L'image de l'ancien président tunisien a été brûlé. (Photo: Keystone/AP)

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Le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali a affirmé qu'il n'a pas «abandonné» son poste de président de la République ou «pris la fuite», mais a été contraint au départ «par la ruse», dans un communiqué lundi.

Son avocat libanais Akram Azouri a précisé que «cela ne veut pas dire que M. Ben Ali se considère encore comme le président de Tunisie».

L'ex-chef d'Etat, dont le procès s'est ouvert lundi à Tunis, explique dans un communiqué envoyé par son avocat à l'AFP, que le directeur général chargé de sa sécurité, Ali el Siriati, lui avait indiqué le 14 janvier qu'on voulait l'assassiner et que le palais présidentiel était encerclé. Il a évoqué «les circonstances de (son) départ forcé et par la ruse de Tunisie».

«M. Ali el Siriati a insisté pour que j'accompagne ma famille à Jeddah pour quelques heures afin que les services de sécurité puissent déjouer le complot et garantir ma sécurité», indique-t-il. «J'ai pris alors l'avion avec ma famille (...) mais après notre arrivée à Jeddah, l'avion est rentré à Tunis sans m'attendre contrairement à mes ordres clairs», ajoute l'ex-président.

«Je suis resté à Jeddah contre ma volonté. Plus tard, il a été annoncé que je me suis enfui de Tunisie», poursuit-il. M. Ben Ali, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 23 ans, doit répondre lors du procès de chefs d'accusation allant de détournement de fonds publics à détention d'armes et de stupéfiants.

Il est passible de peines allant de 5 à 20 ans de prison, selon le ministère tunisien de la justice. Lundi, sa défense a demandé le report du procès par contumace.

Confusion

Le procès de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali s'est ouvert lundi à Tunis en l'absence de l'accusé qui avait contesté par avance les accusations portées contre lui, a constaté un journaliste de l'AFP.
Une certaine confusion a précédé l'arrivée des magistrats dans la salle bondée et surchauffée de la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis. Un homme qui criait sa colère a dû être évacué.

Plusieurs journaux ont qualifié ce procès «d'historique» lundi. «Pour la première fois de notre longue histoire un président mû en dictateur, prédateur et sanguinaire sera jugé», écrivait ainsi Tunis-Hebdo.

Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées devant le palais de justice, certaines favorables au procès, d'autres déplorant que l'ex-homme fort de la Tunisie, réfugié en Arabie saoudite depuis le 14 janvier, ne soit pas sur le banc des accusés.

«Ils vont juger quoi, de l'air? Ca n'a aucun sens», a ainsi lancé Mohamed Salah Zaalouni, garçon de café depuis une vingtaine d'années près du palais de justice.

Longue série

Pour Laabidi Farid, 74 ans, il aurait fallu commencer par les affaires les plus importantes, c'est-à-dire la responsabilité de l'ex-président dans la mort de quelque 300 victimes de la répression pendant le mois qui a précédé la fuite de M. Ben Ali.

C'est la première d'une longue une série d'actions en justice intentées contre l'ancien homme fort de la Tunisie.

Dans ce premier volet des actions contre lui, M. Ben Ali et son épouse Leïla Trabelsi sont poursuivis, suite à la découverte de sommes très importantes en argent et en bijoux, ainsi que d'armes et de stupéfiants dans deux palais.

A la veille de son procès M. Ben Ali avait vigoureusement contesté, via son avocat libanais, les accusations portées contre lui.

Un des avocats tunisiens commis d'office a indiqué à l'AFP qu'il comptait demander un report pour préparer la défense du prévenu et s'entretenir avec lui, ce qui n'avait pas encore été le cas.

(afp)