Pédophilie

12 avril 2019 19:23; Act: 12.04.2019 19:25 Print

Benoît XVI fait remonter l'original du mal à Mai 68

Pour le pape émérite, les scandales de pédophilie qui éclaboussent l'Église catholique trouvent leur explication dans la révolution sexuelle des années 1960.

storybild

(Photo: Keystone/AP/Andrew Medichini)

Une faute?

«La révolution de 1968 s'est battue pour une complète liberté sexuelle, qui n'admettait plus de normes.» Dans un texte touffu de 18 pages publié jeudi dans «Klerusblatt», mensuel bavarois destiné au clergé, Benoît XVI livre son analyse sur les récents scandales qui ont ébranlé l'Église catholique. «La pédophilie a alors également été diagnostiquée comme permise et appropriée», ajoute-t-il.

Le pape émérite allemand, qui vit reclus dans un petit monastère de la Cité du Vatican, s'exprime très rarement depuis sa démission voici six ans. Et son texte qui le ramène sous les projecteurs a fait l'effet d'une petite bombe. Le théologien américain Brian Flanagan juge par exemple dans un tweet que le lien que Benoît XVI fait avec les années 60 constitue une «explication fausse et embarrassante».

Dans son texte, le prédécesseur de François décrit «l'effondrement de grande ampleur» des vocations de prêtres après la révolution sexuelle des années 60. Puisant des exemples dans son Allemagne natale, il raconte aussi comment «le radicalisme sans précédent des années 1960» a fait souffler une «modernité» dans toutes les strates de la société, y compris dans les séminaires formant des prêtres.

«Absence de Dieu»

«Des cliques homosexuelles se sont développées dans différents séminaires», sans trop se cacher, relève-t-il de manière surprenante pour illustrer son propos sur une certaine «dissolution de l'enseignement morale de l'Eglise». Un évêque avait par exemple décidé de montrer des films pornographiques aux séminaristes «avec l'idée de les rendre plus résistants à des comportements contraires à la foi», affirme-t-il.

Benoît XVI dresse en outre un constat assez amer d'une «société occidentale où Dieu a disparu de l'espace public» et où l'Église est perçue aujourd'hui comme «une sorte d'appareil politique».
«Pourquoi la pédophilie a-t-elle pris de telles proportions? Au final cela s'explique par l'absence de Dieu», devenu une «préoccupation d'ordre privé d'une minorité» de croyants, écrit-il.

(afp)