Procès en Italie

05 mars 2011 13:25; Act: 05.03.2011 13:39 Print

Berlusconi veut descendre dans l'arène

Silvio Berlusconi contre-attaque: il veut désormais participer aux audiences de tous ses procès à Milan, notamment pour fraude fiscale, corruption de témoin et prostitution de mineure.

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Cela faisait plusieurs années que le chef du gouvernement ne se rendait plus aux audiences de ses nombreux procès. (Photo: AFP)

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Poursuivi pour fraude fiscale, corruption de témoin, abus de pouvoir, prostitution de mineure, le chef du gouvernement italien a décidé d'assister désormais à tous ses procès à Milan, ont annoncé samedi ses avocats. «Il y a une attention toute particulière sur lui, c'est pourquoi il juge opportun de venir sur le terrain en personne pour se défendre», a affirmé Me Niccolo Ghedini. De sa part, «il y a toute la disponibilité pour que ces procès se déroulent rapidement», a-t-il ajouté.

Affaire du «Rubygate»

La participation du Cavaliere à l'ensemble des audiences, y compris celles des auditions de témoin, promet une «attention toute particulière» du public et des médias, en particulier le 6 avril, date fixée pour l'examen du «Rubygate».

Dans cette affaire, le Cavaliere, 74 ans, est accusé d'avoir payé les prestations sexuelles de la Marocaine Karima El Mahroug, alias Ruby Rubacuori («Ruby la voleuse de coeurs») alors qu'elle n'avait pas atteint ses 18 ans.

Il est aussi accusé d'abus de pouvoir pour avoir fait pression en mai dernier sur la police milanaise afin qu'elle soit relâchée après une interpellation pour vol.

Tous deux ont nié avoir eu des relations sexuelles. «J'étais la seule fille qui avais gardé ses vêtements et pour avoir quelque chose à faire j'apportais de temps en temps une boisson non alcolisée au Premier ministre», a tenu à préciser à la presse Ruby, en décrivant les scènes de «bunga-bunga», soirées «chaudes» organisées dans la luxueuse villa de M. Berlusconi à Arcore, près de Milan.

Mais les magistrats milanais ont décidé son «jugement immédiat», procédure accélérée qui se base sur l'«évidence de la preuve».

Rendez-vous nombreux avec la justice

Cela faisait plusieurs années que le chef du gouvernement ne se rendait plus aux audiences de ses nombreux procès et se faisait représenter par ses avocats.

Ses défenseurs avaient jusqu'ici déployé tout un arsenal législatif et juridique, notamment «l'empêchement légitime» lié à sa fonction ou l'immunité pénale, pour ralentir les procédures.

Cette fois-ci au contraire Me Ghedini négocie un calendrier avec les juges pour permettre au Cavaliere de faire tous les déplacements milanais en tenant compte de ses obligations de président du Conseil.

Car après une suspension de près d'un an, due à une loi d'immunité qui le protégeait mais a été partiellement annulée par la Cour Constitutionnelle, les rendez-vous de M. Berlusconi avec la justice sont nombreux.

Le 26 février, a ainsi repris l'affaire Mediaset, nom du groupe de télévisions qui lui appartient, dans laquelle il est accusé de fraude fiscale et faux en bilan.

Le 11 mars, il doit comparaître pour corruption de témoin dans le cadre du procès Mills, où il est accusé d'avoir acheté pour 600.000 dollars un faux témoignage de son ancien avocat britannique David Mills dans les années 1990.

Et ce samedi à Milan, l'audience préliminaire qui devait décider de son éventuel renvoi devant les tribunaux pour une affaire d'abus de confiance - Mediatrade - a été repoussée au 28 mars, pour défaut de procédure. Son fils, Pier Silvio Berlusconi, poursuivi, lui, pour fraude fiscale dans cette même affaire, n'avait pas reçu sa convocation.

Silvio Berlusconi a été condamné dans le passé à un total de 6 ans et 5 mois de prison ferme pour corruption, faux en bilan et financement illicite d'un parti politique. Mais il a ensuite été acquitté ou a bénéficié de prescriptions.

(afp)