Etats-Unis

06 avril 2019 07:49; Act: 06.04.2019 07:52 Print

Biden: «Tout le monde sait que je préfère les enfants»

L'ancien vice-président, qui se rapproche d'une candidature à la Maison-Blanche, a choisi l’humour pour désamorcer la polémique sur ses marques d'affection jugées déplacées.

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Même s'il n'est pas encore candidat, Joe Biden est déjà en campagne. (Photo: Keystone/AP/Manuel Balce Ceneta)

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L'ancien vice-président américain Joe Biden s'est encore rapproché vendredi d'une candidature à la Maison Blanche malgré la polémique récente, qu'il a tenté de désamorcer par l'humour, sur ses marques d'affection jugées déplacées par plusieurs femmes.

«Je suis très proche de prendre la décision de me présenter devant vous», a déclaré à la presse à Washington l'ex-numéro deux de Barack Obama, après un discours devant un syndicat d'électriciens à Washington.

Agé de 76 ans, ce vétéran de la politique a multiplié ces dernières semaines les signes annonciateurs d'une candidature. Vendredi, il a expliqué avoir décidé depuis longtemps que s'il entrait dans la course, il serait «le dernier» des candidats démocrates à l'annoncer «pour ne pas faire démarrer le compte à rebours» trop tôt.

Les primaires démocrates, qui décideront du candidat officiel du parti, se concluront officiellement en juillet 2020. M. Biden devrait rejoindre une liste de prétendants déjà longue, avec 17 candidats déclarés pour affronter Donald Trump dans les urnes en novembre 2020.

Pas d'excuses

Favori des électeurs démocrates dans les sondages, même sans être candidat officiel, il fait toutefois face depuis quelques jours à une controverse sur des gestes, comme des baisers ou des accolades, jugés trop appuyés par plusieurs femmes. Son équipe a dénoncé une campagne de «calomnies et de manipulations».

Connu pour être volontiers tactile, surtout avec les femmes, il a promis d'être «plus attentif» à l'avenir, admettant que «les normes sociales ont changé» avec le mouvement #MeToo. Mais il n'a pas présenté d'excuses franches à ses accusatrices.

«Je m'excuse de n'avoir pas mieux compris», a-t-il dit. «Mais je ne m'excuse pas de mes intentions. Je ne m'excuse pas pour ce que j'ai fait. Je n'ai jamais volontairement manqué de respect, ni à un homme ni à une femme».

Il a indiqué vendredi qu'il ne serait «pas surpris» si d'autres accusations se faisaient jour. Mais, a-t-il ajouté, «j'ai été contacté par des centaines et des centaines de gens - que je ne connais pas - et qui ont dit tout le contraire». Cette affaire «va certainement changer» la façon dont il fera campagne, a-t-il admis.

Lors de son discours, devant un parterre en majorité masculin, il a ironisé sur la polémique en assurant avoir eu «la permission» du président du syndicat, Lonnie Stephenson, de lui faire l'accolade. Plus tard, il a répété cette phrase avant d'enlacer des enfants venus sur scène. «Tout le monde sait que je préfère les enfants aux adultes», a-t-il commenté.


Lucy Florès, l'une des accusatrices de M. Biden, a fustigé sur Twitter son trait d'humour. «Faire des plaisanteries sur quelque chose d'aussi sérieux que le consentement rabaisse les discussions que les femmes tentent d'ouvrir», a-t-elle dit. Une autre, Amy Lappos, a estimé au Washington Post que la plaisanterie était «une indication claire que M. Biden ne comprend pas et ne prend pas au sérieux» les allégations qui le visent.

Trump ironise

Dans son discours, Joe Biden, apprécié par l'électorat populaire blanc, a souligné les racines ouvrières de sa famille. L'Amérique «a été construite par la grande classe moyenne américaine, et ceux qui ont forgé cette classe moyenne, ce sont les syndicats», a-t-il lancé.

Mais dans un tweet diffusé dès la fin de son intervention, Donald Trump a assuré que cette stratégie était vouée à l'échec. «J'ai employé des milliers d'électriciens. Ils voteront pour moi!», a écrit sur Twitter l'ancien magnat de l'immobilier.

M. Trump, qui briguera un second mandat, avait auparavant affirmé que M. Biden n'était «pas une menace» pour sa réélection, évoquant le «mauvais bilan» de l'administration Obama. «Je ne le vois pas comme une menace, je pense qu'il n'est une menace que pour lui-même», a-t-il prédit vendredi matin. «J'aimerais que ce soit le cas, mais pour être honnête je serai content avec n'importe lequel» des candidats démocrates, a continué le président, visiblement sûr de lui.

(20 minutes/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Guynymal le 06.04.2019 08:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une tempête dans un verre d'eau

    Joe Biden était connu à l'époque pour sa "bromance" avec Obama. Les deux hommes étaient très tactile l'un envers l'autre. Il est comme ça Joe. Des photos où Joe est tactile même avec des hommes sont légions sur internet, et là pas de polémique. Donc on peut être tactile avec un homme, mais pas avec une femme ? On ne l'accuse même pas d'attouchement ou d'agression sexuelle, mais simplement d'être trop tactile envers les humains. Ça peut être gênant c'est certain, mais de là à clouer une personne au pilori pour ça...

  • Géraldine le 06.04.2019 07:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    retaite

    76 ans retraite serait mieux pour ce monsieur

  • Glou le 06.04.2019 09:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Au néo-puritain(e)s

    Tout(es) ces puritain(e)s coincé(e)s commencent à nous les hacher menu avec leur morale à deux balles et leurs manipulations. On ne pourrait même plus poser une main sur l' épaule d' un ou d' une collègue, voisin(e), ami(e) sans être désigné comme un sombre harceleur ? Non mais on est où là ? Il y a vraiment du boulot pour les psy avec ces gens là.

Les derniers commentaires

  • G Zus le 07.04.2019 07:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Apocalypse now

    un pédophile grabataire au pouvoir... les Etats-Unis en sont capable... yes they can...

  • Tom le 06.04.2019 20:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Rupture

    Purée mais il y aurait pas un jeune Kennedy qui pourrait apporter du sang neuf aux démocrates dans le coin ? Il faut maintenant une vraie rupture générationelle pour faire avancer l'Amérique

  • Insomnie le 06.04.2019 15:31 Report dénoncer ce commentaire

    Acide

    Ce qui est étonnant, c'est de voir un politicien faire de "l'humour noir", dans un pays où l'on tente de juguler tout ce qui "peut choquer" - hormis tout ce qui est armes/guerre/exécutions/punitions/etc. Bref, la phrase était plus que malheureuse, mais si on enlève ses oeillères de "I'm so shocked", on voit bien ce qu'il voulait dire. Je trouve quand même bizarre que ces affaires ne jaillissent qu'à des "moments stratégiques"... (attention, je ne me réfère pas à des accusations de viols; je comprends qu'on n'aie la force d'en parler que bien plus tard).

  • USA le 06.04.2019 14:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    EMS

    encore un vieux qui s accroche au pouvoir...

  • jack dubordu le 06.04.2019 14:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    stop au puritanisme exagéré

    Arrêtons de prendre les hommes tactiles pour des harceleurs, bon dieu. sachons garder raison pour solutionner les VRAIS problèmes