Brexit

18 août 2019 16:32; Act: 18.08.2019 17:14 Print

«Nous allons quitter l'UE le 31 octobre comme promis»

Boris Johnson se prépare à défendre sa vision du Brexit. Sa stratégie? Faire pression sur l'UE pour obtenir un nouvel accord, en agitant la menace imminente d'une rupture sans accord.

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La date prévue du Brexit a déjà été reporté deux fois. (Photo: AFP)

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Le gouvernement britannique, dont le chef Boris Johnson va voyager cette semaine pour rencontrer des dirigeants européens, a annoncé dimanche avoir ordonné pour le 31 octobre l'abrogation de la loi britannique qui a permis au Royaume-Uni d'adhérer à l'Union européenne.

Ce jour n'est pas choisi au hasard: c'est la date prévue du Brexit, qui a déjà été reporté deux fois, et celle à laquelle Boris Johnson a promis que son pays aurait quitté l'UE, qu'il ait réussi ou non à renégocier l'accord de Brexit conclu entre sa prédécesseuse et les dirigeants européens.

«C'est un signal clair aux citoyens de ce pays : nous allons quitter l'UE comme promis le 31 octobre quelles que soient les circonstances», a déclaré dans un communiqué Steve Barclay, ministre chargé du Brexit. «C'est un moment historique de reprise de contrôle sur nos lois par rapport à Bruxelles».

Pression sur l'UE

Mais la décision relève surtout de la symbolique, selon Maddy Thimont-Jack, du think-tank «Institute for government». «On savait déjà qu'on allait abroger le texte (appelé European Communities Act 1972, ndlr) mais on ne connaissait pas la date. C'est un symbole politique», a expliqué la spécialiste à l'AFP. L'ancienne Première ministre «Theresa May n'a jamais fait ça, car ça peut être fait à la dernière minute», a-t-elle souligné.

Boris Johnson veut faire pression sur l'UE pour obtenir un nouvel accord en agitant la menace, de plus en plus imminente, d'un Brexit sans accord alors que Bruxelles refuse jusqu'à présent de rouvrir les négociations.

Il doit rencontrer mercredi la chancellière Angela Merkel à Berlin puis jeudi le président français Emmanuel Macron. Puis il sera du 24 au 26 août à Biarritz pour le sommet du G7 où il s'entretiendra notamment avec le président américain Donald Trump, avec lequel il espère conclure un accord de libre-échange ambitieux après le Brexit.

«Urgence nationale»

L'annonce suit la publication dimanche d'une lettre dans laquelle plus de 100 parlementaires britanniques appellent Boris Johnson à convoquer immédiatement le Parlement, actuellement en vacances, pour qu'il siège en permanence jusqu'au 31 octobre.

«Notre pays est au bord d'une crise économique alors que nous nous dirigeons vers un Brexit sans accord», écrivent ces parlementaires qui veulent empêcher un tel scénario. «Nous sommes devant une urgence nationale, et le Parlement doit être convoqué immédiatement».

Selon Maddy Thimont-Jack, si le Parlement parvenait à «obliger le gouvernement à repousser le Brexit, le gouvernement pourrait très facilement changer la date de l'abrogation» du «European Communities Act 1972» et la fixer après le 31 octobre.

Les députés sont censés siéger de nouveau le 3 septembre. Jeremy Corbyn, chef de l'opposition travailliste compte passer une motion de censure contre Boris Johnson, dont le gouvernement ne dispose que d'une majorité d'une voix au Parlement. Si la motion aboutit, Jeremy Corbyn espère devenir chef du gouvernement par intérim, pour obtenir un nouveau report de la date du départ de l'UE afin d'éviter un Brexit sans accord, et convoquer ensuite des élections anticipées.

Pénuries «probables»

«Ce qu'il nous faut, c'est un gouvernement qui soit prêt à négocier avec l'Union européenne pour que nous n'ayons pas une sortie en catastrophe le 31» octobre, a déclaré Jeremy Corbyn samedi.

En cas de Brexit sans accord, The Sunday Times a révélé dimanche que le Royaume-Uni serait probablement confronté à une pénurie de denrées alimentaires, d'essence et de médicaments, à des blocages dans les ports ou encore à un retour d'une frontière physique entre les deux Irlande.

Le journal se fonde sur un rapport gouvernemental qui a fuité. «Les documents présentent les plus probables conséquences d'un Brexit sans accord et non les pires scénarios», a-t-il souligné.

Ce qu'a réfuté Michael Gove, bras droit du gouvernement, assurant sur Twitter que ces documents décrivaient «le pire scénario» et que «des mesures très significatives ont été prises ces trois dernières semaines pour accélérer les préparations du Brexit». clw/mr

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • TAGADA le 18.08.2019 17:27 Report dénoncer ce commentaire

    La volonté démocratique !

    Elle est dur à appliquer la volonté démocratique quand cela va à l'encontre de certain intérêts. Boris Johnson ne fait que ce pour quoi il a été désigné premier ministre et son travail est parfaitement honorable. Les représentant de l'UE qui cherchent a créer une sortie la plus dommageable possible n'ont eux pas de liens avec les électeurs. Que ceux qui le critiquent se souviennent des parlementaires Suisses qui ont trahis la volonté populaire en n'appliquant pas une initiative de 2014 !

  • Guillaume Kratz le 18.08.2019 17:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Enfin

    Très bonne nouvelle. Accord ou pas, l'important est de sortir de l'UE et finir avec leur impérialisme démagogique. Un signal clair pour Merkel, Macron et consorts. Une fois qu'un premier pays aura quitté, d'autres suivront. Le début d'un démantèlement inéluctable. Notre Suisse évité le piège de l'adhésion et s'en porte à merveille. Vas-y Boris, fonce.

  • Isabelle Küng le 18.08.2019 17:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Danslemille

    31 octobre = Halloween!

Les derniers commentaires

  • VivaDingDong le 19.08.2019 11:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Exit now!

    Et pourquoi pas sortir tout de suite ?!

  • Why not ! le 19.08.2019 10:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La Suisse un état américain

    Trump voudrait " acheter " l'Islande -- serait bien qui achète la Suisse ainsi on deviendrait américains et la UE arrêterait de nous emmerder

    • Taxons Les Inuits le 19.08.2019 10:55 Report dénoncer ce commentaire

      Faire une offre

      Et pourquoi la Suisse n'achèterai pas le Groenland ? Quel est le prix ? Il serait temps que les Euros de la BNS servent à quelque chose.

    • Pathétique le 19.08.2019 11:23 Report dénoncer ce commentaire

      @Why not !

      Personne ne devrait pouvoir acheter le Groenland

    • Nooooo, never !!! le 19.08.2019 11:29 Report dénoncer ce commentaire

      Tout sauf Américains !

      Américains ??!! Non merci !! Jamais !!!!!! Trump ne veut pas acheter l'Islande, mais le Groenland.. Quant à l'UE, vous oubliez que l'essentiel de notre économie est dépendante de l'Union.

    • Copperfield D. le 19.08.2019 11:30 Report dénoncer ce commentaire

      Heu la Sardaigne pas à vendre ?

      Perso, la Sardaigne m'irait très bien, enfin accès à la mer

    • jarod gibbs le 19.08.2019 11:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Why not !

      Et a quel moment le peuple donne son avis?? C'est finit l'époque bénie des colonies et des esclaves !

    • Alain Schweizer le 19.08.2019 11:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Why not !

      le Groenland. qui appartient au Danemark. pas l Islande.

    • Séb c'est bien le 19.08.2019 12:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Why not !

      Trump veut acheter le Groenland qui est Danois et non pas l'Islande.

  • Dubrin. le 19.08.2019 09:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    c'est parti!

    Chouette un mur entre les 2 Irlande avec des miradors et des vopos. le mur de Dubrin!

  • VivaDingDong le 19.08.2019 09:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo! Enfin!

    Le cinéma de Teresa était une tromperie au vote du peuple! Bonne réussite en dehors de cette dictature improductive...

    • Teresa le 19.08.2019 10:30 Report dénoncer ce commentaire

      @ Viva DingDong

      Vous avez déjà entendu parler de Cambridge Analytica ? Si ce n'est pas le cas, prenez un jour de congé, et bossez le sujet !

    • VivaDingDong le 20.08.2019 14:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Teresa

      Chère Teresa... bonnes vacances!

  • Labohn Bouffhe le 19.08.2019 09:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sans Orban, Salvini et cons sort définitivement

    La question n'est plus quand le fromage suisse rejoindra la soupe européenne mais quand le rosé de Sardaigne, la crème Catalane, le saucisson Corse, la piperade basque, le haggish et Whiskey d'Écosse et l'ashvar du Kosovo rejoindront la confédération: "marmitons ensemble"! Miam miam!

    • Miam le 19.08.2019 11:34 Report dénoncer ce commentaire

      L'UE sans les cons, quel rêve !

      En Ecosse, c'est du whisky. Le whiskey est produit dans les autres pays qui n'ont pas d'AOC. Quant aux marchandises en provenance de l'Union, elles sont déjà à disposition depuis longtemps.