Italie

19 juin 2011 15:17; Act: 19.06.2011 15:24 Print

Bossi pose des ultimatums à Berlusconi

Le chef de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, a posé dimanche une série d'ultimatums au chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi pour continuer de le soutenir.

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Chef de la Ligue du Nord, Umberto Bossi lors du congrès de son parti à Pontida. (Photo: Reuters)

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«Le leadership de Berlusconi (sur la droite politique, ndlr) pourrait se terminer en 2013», aux prochaines législatives, a déclaré Umberto Bossi, pendant la kermesse annuelle du parti à Pontida, près de Bergame (nord). «Que Berlusconi ne considère rien comme gagné», a-t-il ajouté devant des milliers de fidèles.

«Cher Berlusconi, ta capacité» à diriger le centre-droit «est en discussion si certaines choses ne sont pas faites», a poursuivi M. Bossi. Il a toutefois exclu de rompre immédiatement l'alliance avec le Parti de la Liberté (PDL) du Cavaliere et d'aller aux élections. «C'est un moment favorable à la gauche», a-t-il expliqué.

Réduire la pression fiscale

M. Bossi a dressé une sorte de liste des mesures que le Cavaliere doit prendre à ses yeux s'il veut continuer à bénéficier du soutien indispensable de la Ligue. D'abord, «réduire la pression fiscale qui a dépassé les limites du supportable».

M. Bossi a au passage lancé un appel au ministre de l'Economie Giulio Tremonti, membre du PDL mais réputé proche de la «Lega», en estimant que «l'on peut trouver l'argent». On peut déjà trouver «un beau milliard d'euros» en «mettant fin aux missions de paix» à l'étranger (Libye, Afghanistan, Liban). «Un autre milliard» peut venir d'une baisse de la facture énergétique, a-t-il argué.

Le «Senatur» a aussi appelé à «réduire le gaspillage et les coûts de la politique», alors que les salaires des parlementaires et les financements des partis italiens sont parmi les plus élevés d'Europe. «Basta avec les voitures de fonction financées par le contribuable. Moi, la mienne, je l'ai achetée», a-t-il lancé.

Décentralisation

D'une manière générale, M. Bossi a promis à ses troupes qu'elles assisteront «cette année à un nouvel envol de l'identité padane», grâce aussi à la décentralisation des pouvoirs. Il a rappelé avoir réclamé à M. Berlusconi le transfert de Rome vers le nord d'au moins quatre ministères. Le coût de ce déménagement sera minime «car le maire de Monza met à disposition la villa royale».

Mais, face à la foule qui hurlait «sécession, sécession», une vieille revendication de la Ligue au début de son histoire il y a 22 ans, M. Bossi s'est contenté de promettre «une pression très très forte sur le centralisme».

Parti populiste et anti-immigrés, la Ligue du Nord est un allié clé de la coalition de droite au pouvoir dans la Péninsule.

(ats)