Pacifique

23 novembre 2019 04:45; Act: 23.11.2019 05:05 Print

Bougainville se prononce sur son indépendance

Les habitants de cette île du Pacifique vont devoir décider s'ils veulent quitter la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

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Des habitants de Bougainville, attendant d'aller voter, samedi 23 novembre 2019. (Photo: AFP)

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Les 207'000 électeurs de Bougainville ont commencé samedi à voter pour décider de l'avenir de leur île, très riche en cuivre, au sein de la Papouasie-Nouvelle-Guinée: indépendance ou simple autonomie renforcée, après des années de révolte sécessionniste meurtrière.

Au moins un millier de personnes se sont rassemblées à l'ouverture de cette consultation vers 08h00 locales (22h00 vendredi) à Buka, principale ville de l'île, dans une ambiance électrique, alimentée par l'espoir pour certains de devenir le plus jeune État du monde.

Les résultats de ce scrutin, qui durera deux semaines, ne sont pas attendus avant la mi-décembre. Une victoire des partisans de l'indépendance paraît prévisible, mais faute de sondages fiables, celle des partisans du maintien de l'île en Papouasie-Nouvelle-Guinée n'est pas à exclure.

Nouvel enjeu dans le Pacifique

Un vote favorable à l'indépendance devrait encore être ratifié par le parlement de Papouasie, où l'on redoute un effet de contagion dans un pays d'une très grande diversité ethnique. Ce référendum doit permettre de tourner définitivement la page d'une décennie de conflit armé, qui avait fait 20'000 morts avant le cessez-le-feu de 1998, soit la guerre la plus sanglante dans le Pacifique depuis 1945.

Le président de la région de Bougainville John Momis a appelé samedi les électeurs à faire preuve de patience, soulignant que ce référendum n'était qu'une étape d'un long processus. «Nous ne devons pas précipiter les choses, nous devons prendre notre temps pour garantir une issue favorable», a-t-il affirmé, ajoutant que cette conclusion pourrait ne pas intervenir avant «cinq ans».

Dans un signe d'apaisement, il était accompagné à son arrivée au bureau de vote par le ministre du gouvernement national en charge de Bougainville, Puka Temu. L'île, qui doit son nom au navigateur français Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811), lequel l'explora en 1768, est parmi les territoires les plus pauvres de l'hémisphère Sud. En cas d'indépendance, Bougainville pourrait alors devenir un nouvel enjeu de la lutte d'influence entre puissances régionales dans le Pacifique, dont la Chine et l'Australie.

(nxp/ats)